Troisième pays de la zone euro à bénéficier d'un plan de sauvetage après la Grèce et l'Irlande, le Portugal compte sortir de l’ornière dès 2013. Misant sur une légère reprise dès l’année prochaine, le pays s'est engagé à réformer en profondeur son économie en mettant en œuvre un programme de rigueur sans précédent.
Toujours sous assistance financière, Lisbonne, a donc présenté lundi dernier sa stratégie budgétaire pour les quatre prochaines années, une vision qui s’est voulue résolument optimiste.
En effet, après une récession de 1,6% en 2011, le gouvernement prévoit une contraction d'environ 3% cette année, alors qu’il anticipait une récession de 3,3% auparavant. En 2013, la croissance devrait progresser de 0,6% du PIB, contre 0,3% du PIB précédemment, puis de 2% en 2014 avant d’accélérer à 2,8% en 2016.
Des prévisions optimistes qui tranchent toutefois avec la situation générale en Europe, menacée de basculer en récession au premier trimestre (après une contraction de 0,3% du PIB au T4 2011), et en particulier chez le principal partenaire économique du Portugal, l'Espagne, qui a confirmé officiellement lundi son retour en récession.
Quant à la trajectoire de la dette publique, Lisbonne considère qu’elle devrait atteindre un pic à 115,7% du PIB en 2013, avant de redescendre à 103,9% du PIB en 2016. Le déficit public devrait quant à lui s'établir à 3% en 2013 et être ramené à 1% du PIB en 2015 puis 0,5% en 2016.
L’assainissement budgétaire, considéré comme la clé du renforcement de la confiance des marchés, et la détermination de la part du gouvernement de maitriser les déficits, ont permis de faire reculer sensiblement les taux d'intérêt des emprunts portugais. Les craintes d'un scénario à la grecque, autrement dit d'une éventuelle restructuration de la dette portugaise se sont en conséquence apaisées.
Mais la confiance des marchés n’est jamais acquise une fois pour toute. Surtout lorsque la défiance envers les pays les plus fragiles économiquement, l’Espagne et l’Italie pour ne pas les citer, se propage de manière quasi-mécanique au Portugal. D’ailleurs les nouvelles prévisions économiques, aussi optimistes soient-elles ne convainquent pas vraiment les marchés, qui demandent à voir. En effet, le Portugal passait un test de crédibilité grandeur nature aujourd’hui en empruntant 1,5 milliard d’euros, qui s’est soldé par des taux d’intérêts en hausse. La première ligne portait sur un montant de 500 millions d’euros sur 6 mois. Le rendement s’est inscrit à 2.935%, contre 2,905% en avril dernier. En revanche, la demande des investisseurs à été très forte puisque le bid cover ratio s’établit à 5. Lisbonne a également émis une ligne obligataire de 1 milliard d’euros sur un 1 an. Le rendement s’est inscrit en nette hausse à 3,908%, contre 3,65% lors de la précédente adjudication comparable qui date de mars dernier. Sur cette maturité, la dette portugaise attire un peu plus les investisseurs qui ont sur-souscrite l‘opération à hauteur de 2,7 fois contre 2,5 auparavant.
Pour terminer, le CDS portugais à 5 ans, s’inscrit à 994 points de base alors qu’il culminait à 3600 points le 16 mars dernier, signe d’un véritable regain de confiance quant à la qualité de la signature de Lisbonne. Même constat sur les taux des emprunts portugais qui s'inscrivent à 10,56% en nette baisse par rapport aux 13.3% enregistré en mars dernier.
La dette Portugaise inspire donc plus confiance auprès des investisseurs, mais rien n’est joué. Le gouvernement doit absolument respecter ses objectifs d’assainissement, car les marchés, bien plus que des déclarations de principe, demandent à voir des résultats concrets.