Sequana progresse de 5,54% à 3,73 euros alors que le papetier a publié ce matin un chiffre d’affaire trimestriel supérieur aux attentes des analystes de la place. Des ventes surprises qui n’occultent en rien le repli de la demande en papiers d’impression et d’écriture.
Ainsi, le chiffre d’affaires de Sequana est ressorti à 984 millions d'euros pour un résultat d’exploitation situé à 40 millions d'euros représentant 4% des ventes du papetier. Le groupe a indique avoir bénéficié de l’impact positif de la baisse du coût des matières premières et de la poursuite de la réduction des coûts fixes. Le résultat opérationnel courant affiche quant à lui une diminution de 8,9% à 23 millions d’euros.
En revanche, le résultat net pâtit des coûts de restructuration et fond ainsi à 3 millions d’euros contre 24 millions d’euros à la même période de l’exercice 2011. Il faut relativiser cette chute des profits puisqu’en 2011, un résultat exceptionnel de 17 millions d'euros, lié à une plus-value de cession des activités de Fournitures de bureau d’Antalis était venu gonfler « artificiellement » les profits de Sequana.
Sur le front des perspectives, le papetier indique que la demande en papiers d’impression de d’écriture devrait rester atone dans les prochains mois. Mais, Sequana est loin de s’avouer vaincu et mise tout sur le dynamisme de ses activités dans les domaines de l’emballage et de la communication visuelle, ainsi sur la hausse des prix prévue dans le segment des papiers d’impression et d’écriture. Alors, la direction confirme d’ailleurs ses anticipations de 2012, à savoir une croissance de plus de 20% du résultat opérationnel grâce à l’effet d’une hausse des prix et en parallèle un repli des coûts de matières premières. Mais le groupe devra composer avec un environnement économique qui offre peu de visibilité sur les volumes. Alors, les hausses de prix attendues dès le deuxième trimestre pourraient être limitées voire totalement être passées à la trappe.
Aussi, le groupe doit encore se débattre avec une dette plus que significative. Elle s’élève tout à 609 millions d'euros, face à des capitaux propres de 670 millions d’euros…. Pour assurer le financement de son activité, Sequana a négocié avec ses banques et trouvé un accord sur les conditions du renouvellement de ses lignes de financement jusqu'au 30 juin 2014. Un fardeau qui est un héritage de plusieurs années déficitaires… Dont l’année écoulée, qui a été difficile pour le papetier. Le titre en Bourse a connu un gros trou d’air, pénalisé par la hausse du coût des matières premières et de l'énergie. Et pourtant le dossier avait retrouvé les faveurs des investisseurs entre 2009 et 2011 pour toucher des niveaux plus retrouvés depuis l’été 2008 sur les 14 euros en janvier 2011. Puis le divorce a été consommé après le retour des craintes sur l’état de santé de l’économie mondiale plombant le dossier jusqu’à ce qu’il touche les 3 euros récemment. Ainsi, le titre Sequana a perdu près de 80% de sa valeur en l’espace d’un an. Et par ricochet, la défiance des opérateurs envers le dossier s’en ressent dans les valorisations de cette valeur très cyclique. La société est valorisée 6,90 fois ses bénéfices pour estimés pour 2012 et seulement 3,71 fois ses profits estimés pour 2013. Signe que la valeur est vraiment délaissée des opérateurs, Sequana se paie 0,20 fois son chiffre d’affaires anticipé pour 2012…