Incroyable mais vrai ! Madrid a signé jeudi un puissant rebond pour terminer en hausse de 3,42%. Un temps radieux qui s'est propagé sur toutes les autres places financières du Vieux Continent. Athènes s'est offert un copieux rebond de 6,22%, Milan s'est adjugé 1,69% en clôture. Derrière ses performances qui pourraient faire pâlir d'envie plus d'une place financière, se cache une sombre réalité. Les bourses du Sud de l'Europe restent encore bien attaquées depuis le début de l'année après une année 2011 qu'on souhaiterait mettre derrière soi... Pire encore, elles sont nettement à la traîne si on compare leurs performances aux places du centre ou du nord de l'euro. L'Ibex 35, l'indice phare de la bourse de Madrid, affiche un repli de près de 18,5% depuis le début de l'année là où le Dax et l'Omx l'indice de la bourse de Stockholm, progressent respectivement de 10,51% et de 3,51% sur la même période. Dans le reste des pays du Sud de l'Europe, la déprime est de mise avec un indice italien qui lâche 7,19% en l'espace de cinq mois et une cote grecque qui redonne près de 6%. De son côté, le CAC40 apparaît comme solide avec un léger repli de 0,94% affiché depuis le début du millésime.
Un grand écart qui n'est pas le fruit du hasard. Le fossé s'est vraiment creusé ces dernières semaines alors que les pays les plus fragiles de la zone euro, l'Espagne, en tête étaient la cible favorite des marchés. Et pour cause, la dette espagnole est insoutenable sur fond d'éclatement de la bulle immobilière. Et par ricochet, le secteur bancaire ibère est loin d'être en grande forme. Bankia est le symbole de la déroute de tout un pan de l'économie espagnole. La quatrième banque du pays, issue de la fusion de sept caisses d'épargne espagnoles en décembre 2010, va être sauvée par l'Espagne alors que lors que les comptes de la banque sont plombés par des prêts immobiliers à risques.
En tout cas le secteur bancaire est donc logiquement en tête des dégagements sur les places financières. Surtout à Madrid où il affiche la plus mauvaise performance. Bankia affiche une baisse de près de 43% depuis le premier janvier 2012 tandis que ses homologues Banco Popular ou Bankinter dévissent respectivement de 40% et 30%. Les autres secteurs les plus exposés à l'économie domestique en prennent également pour leur grade à l'image des services aux collectivités et les télécoms ou la consommation, en première ligne lors des phases d'austérité. Et comme si un malheur n'arrivait pas seul, ces pans de la cote représentent un poids non négligeable dans les indices des pays « periphériques » du sud de l'Europe.
L'Ibex (encore lui), compte dans ses rangs un tiers de financières alors que le Dax et le CAC pour leur part, leur présence est plus limitée. Le secteur représente 12% dans l'indice phare parisien et 17% dans l'indice vedette allemand. Pour les services aux collectivités, l'écart est plus prégnant. Ils pèsent plus de 10% de l'indice, soit plus de deux fois que l'indice tricolore. Si la situation économique ne s'améliore pas, il est évident que ces deux secteurs vont encore subir les foudres des opérateurs. Et donc, creuser encore plus cet écart déjà bien béant avec les indices les plus en forme du Vieux Continent...