Depuis le début de la semaine, l'euro est sous pression. Alors qu’il se redressait mollement jusqu’en début d’après midi, en direction des 1,2850, la monnaie unique a brusquement enfoncé pour la première fois depuis janvier le seuil des 1,28 dollar, tombant à 1,2780 contre le dollar alors que les responsables politiques grecs avouaient avoir échoué à conclure un accord en vue de former un gouvernement, ce qui renforce le risque que le pays puisse sortir de l'euro. De toute façon, de nouvelles élections législatives auront lieu en juin, une perspective qui inquiète les marchés après le chaos politique semé par les résultats des législatives du 6 mai qui ont démontré une poussée des votes extrême.
Les analystes notent que les conséquences d'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro seraient plus lourdes pour des économies fragilisées comme celle de l'Espagne, où les entreprises, les banques et les autorités gouvernementales sont très dépendantes des financements étrangers.
La monnaie unique est également pénalisée par la décision de Moody's Investors Service d'abaisser les notes de crédit de 26 banques italiennes, dans un contexte d'incertitudes persistantes concernant la situation politique en Grèce. Dans son rapport, l'agence de notation estime que « les banques italiennes sont particulièrement vulnérables à des conditions opérationnelles adverses qui pourraient encore dégrader la qualité de leurs actifs, et limiter leur accès au financement. Le risque est accru par les inquiétudes des investisseurs concernant les finances publiques du pays, qui ont contribué à dégrader l'accès des banques aux liquidités ».
L’euro se négociait à 1,2785 face au dollar (-0,36%) et à 102,35 face au yen (-0,12%). Il recule également de 0,34% face au dollar australien et de 0,26% face au dollar canadien.