Kalray : souscrire ou ne pas souscrire ?

vendredi 25 mai
Auteur: Rédaction MeilleurPlacement
Il y a 1 an - Le 25/05/2018 à 14h05

Fondée en 2008 par essaimage du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, la société Kalray conçoit et commercialise une nouvelle génération de processeurs dits "intelligents ".

Datacenters et voitures intelligentes

Pas de répit pour les boursiers ! A peine digérés les tous derniers dossiers, voici qu'une nouvelle société se présente à la Bourse de Paris. Il s'agit de Kalray, un spécialiste des processeurs embarqués. Ces processeurs dits "intelligents" sont capables d'analyser à la volée et de manière intelligente des flux très importants d'informations, de réagir et de prendre des décisions en temps réel. Leur usage se démocratise dans des secteurs en forte croissance comme les réseaux informatiques de nouvelle génération, les véhicules autonomes, la santé ou encore les drones et robots. L'entreprise vise à ce titre, deux marchés en particulier : celui des datacenters intelligents et celui des véhicules autonomes. Et ce n'est pas un hasard. Ces deux marchés sont appelés à décoller dans les prochaines années, sur un rythme de plus de 50% par an sur les cinq prochaines années. En 2019, soit demain, dans les datacenters et à partir de 2021/2022 dans la voiture autonome. Kalray a d’ores et déjà engrangé des avancées commerciales significatives sur ces deux marchés prioritaires, représentant chacun un potentiel de plus de 1 milliard d'euros.

Une super mega puce

Le groupe se développe sur un modèle fabless (ou sans usine). Si Kalray garde la main sur la conception des puces, leur fabrication est quant à elle, sous traitée auprès du taïwanais TSMC, leader mondial du secteur. Toutefois quand l’utilisation de la puce est destinée à une application sensible comme la Défense, la fabrication du produit reste en France. Les puces développées par Kalray sont un vrai concentré de technologie. L'entreprise grenobloise parvient à miniaturiser un super calculateur sur une seule puce. La puissance de calcul de la puce Kalray Cooldige, est en effet comparable à 2 000 ordinateurs grand public et sont peu gourmands en énergie. Le processeur intelligent de Kalray a d’ores et déjà été intégré dans le concept car Symbioz4 dévoilé par Renault fin 2017, afin de gérer plusieurs algorithmes critiques liés à la conduite autonome. Et dans les datacenters, la solution de Kalray a été certifiée par un organisme indépendant en avril 2018. Trois fabricants de serveurs sont aujourd’hui en phase de qualification de leur produit intégrant la solution Kalray, pour une mise sur le marché début 2019.

Un CA de 100 millions d'euros en 2022

Le projet d’introduction en bourse a pour objectif de doter Kalray des moyens nécessaires à la mise en œuvre de sa stratégie de développement. Une cotation en Bourse offrira également une belle vitrine à Kalray en vue d'asseoir sa crédibilité vis-à-vis de ses clients, dont de très grands groupes industriels mondiaux, quant à la capacité de les approvisionner en grands volumes sur des marchés mondiaux. Avec cette notoriété ainsi renforcée, Kalray espère ainsi vendre 100 000 puces et 100 000 cartes de calcul à horizon 2022. La société se fixe ainsi un objectif de chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d'euros à cette échéance, à comparer avec un chiffre d'affaires de 875.000 euros en 2017. Dans ces 100 millions de chiffre d'affaires, la société a préféré jouer la prudence sur la montée en puissance de la voiture autonome et n’intégrer dans ses projections, que 10% des facturations issues de cette activité. La société vise en outre l'atteinte du point d'équilibre (résultat d'exploitation + crédit impôt recherche) dès 2020.

Pas encore assez mur pour la Bourse ?

Kalray se présente en Bourse accompagné de partenaires de premier plan présents à son capital. Des acteurs du capital-risque engagés aux côtés de Kalray ont été rejoints depuis 2017 par les fonds d'investissement de Safran, MBDA (joint-venture entre Airbus, BAE Systems et Leonardo), le fonds d'investissement asiatique Pengpai et, récemment, par Alliance Ventures de Renault-Nissan-Mitsubishi et le fonds Definvest, géré par Bpifrance pour le Ministère des Armées. De quoi donner un vrai coup de pouce à Kalray pour l'aider dans son développement sur les marchés prometteurs de la datacenter et de la voiture autonome. Mais on ne peut pas faire l'impasse sur les comptes de la société. Sur les deux dernières années, le groupe a été déficitaire à hauteur de 6,8 millions d'euros en 2017 et 9,5 millions en 2016. Et au bilan, la situation n'est pas des plus flatteuses. Dans le prospectus, il est mentionné que le groupe ne dispose pas "d'un fonds de roulement net suffisant pour faire face à ses obligations et à ses besoins de trésorerie pour les douze prochains mois", selon la formule consacrée. Autrement dit, l'introduction en Bourse est nécessaire à la poursuite de son exploitation. Dans ces conditions, on optera pour la prudence sur ce dossier prometteur mais encore risqué à ce stade de son développement. On attendra des signes tangibles sur une validation commerciale du modèle proposé par Kalray pour reconsidérer notre avis sur la société.

Ne pas souscrire
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