mardi 16 octobre

Le groupe Vivendi ne manque pas de faire parler de lui depuis lundi. Dernière nouvelle en date, le conglomérat serait en passe de procéder à des changements significatifs dans son périmètre avec un rapprochement entre sa filiale télécoms SFR et le cablo-opérateur Numéricable. Un éventuel mariage qui donnerait naissance à un poids lourd du très haut débit en France.

C’est que SFR discuterait, depuis une quinzaine de jours, avec Numéricable en vue d'un rapprochement, a indiqué ce week-end, le site internet du journal 'Le Figaro'. La filiale télécoms ne peut plus se permettre de faire cavalier seul, ébranlée par l’arrivée de Free Mobile en qualité de quatrième opérateur mobile. SFR a donc été contraint de « réexaminer très attentivement tant ses offres commerciales que ses coûts » autrement dit de s’aligner sur la toute nouvelle concurrence. Quitte à rogner sur les marges…Mais cette stratégie de prix agressifs n’a pas été suffisante, la filiale mobile de Vivendi n’avait pas anticipé cette nouvelle concurrence et en paie désormais les pots cassés. Le conglomérat avait en effet reconnu qu'en moins de deux mois après l’arrivée de Free sur le marché, SFR avait perdu 200.000 abonnés mobiles et que l'excédent brut d'exploitation de la filiale chuterait de 12 % à 15 %, entraînant une baisse sur résultat net ajusté de Vivendi pouvant atteindre 15 %. L’ancienne vache à lait du groupe n’est plus…

Alors, ces fiançailles avec Numéricable semblent être une bonne porte de sortie pour Vivendi, le conglomérat réfléchissant à un retrait du secteur des télécoms. Ce désengagement est en grande partie demandé par Vincent Bolloré, l’homme d’affaires met la pression sur Vivendi alors qu’il est sur le point de devenir le premier actionnaire de Vivendi avec 5% du capital dans sa musette. L’union envisagée par la presse devrait faire tomber la participation du conglomérat sous les 50% dans le nouvel ensemble qui serait coté en Bourse. En guise de compensation, Vivendi se verrait attribuer un gros chèque 4 milliards d'euros, selon ‘Le Journal du dimanche’.

Le JDD ajoute, en reprenant les dires d'un conseiller de Vivendi, que ce rapprochement est une option parmi d'autres et pas le scénario préféré par le groupe. Le journal dominical cite deux autres pistes envisageables pour SFR. Le numéro deux mobile pourrait être revendu à Vodafone alors qu’en 2011, Vivendi avait acheté pour 7,75 millions d’euros des 44% de SFR détenus par le britannique. Avec du recul, le conglomérat estime que cette emplette avait été réalisée à des conditions plus qu’onéreuses. Autre piste envisagée mais elle ne remporte pas l’adhésion de Vivendi, SFR pourrait être introduit en Bourse à travers d’une scission. C’est le schéma identique qui a été récemment retenu par PPR pour désorbiter la Fnac de sa galaxie. Cette option impliquerait donc la cession de Maroc Telecom ou du brésilien GVT acquis en 2009 pour 2,9 milliards de dollars (2,23 milliards d’euros) raflant ainsi la mise à son concurrent Telefonica. Selon le Financial Times, Vivendi aurait pour ambition de vendre les 53% de participation qu’il détient dans Maroc Telecom pour 4 milliards d’euros. Pour l'opérateur de télécom brésilien, le groupe américain DirecTV envisage une offre d'achat. Le montant de la cession pourrait se situer entre 7 et 8,5 milliards d'euros. Parmi les autres acheteurs potentiels pour l'opérateur présent dans 120 villes brésiliennes, pourraient figurer Telefonica et Oi, tous les deux opérateurs fixes et mobiles dans le pays, ainsi que Telecom Italia via sa filiale TIM Brasil.

En tout cas, la physionomie de Vivendi va être changée alors que le scénario le plus probable semble donc un recentrage du conglomérat sur son pôle médias et ses activités en France… Cette nouvelle redistribution des cartes et l’arrivée de Bolloré dans le capital de Vivendi pourraient redonner un nouveau souffle à un titre est qui retombé sous les 13 euros en mai dernier, un niveau de cours que le titre du conglomérat n’avait plus revu depuis 2002/2003. En 5 ans, la valeur a fondu comme neige au soleil en accusant un repli de près de 50% en Bourse de Paris... Mais depuis ce « trou d’air », l’action s’adjuge plus de 27% avec un retour sur les 16 euros en août. Les ratios de valorisation sont encore attractifs, avec un PER 2012 estimé à 9,39x et un ratio VE/EBITDA de 4,26x, des ratios très inférieurs à la moyenne de ses comparables. Il donc est loin le temps où le titre se traitait à des sommets au plus fort de la bulle internet en 2000 à 141 euros…

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