Mercredi 26 mars

Les marchés : Barclays refroidit Wall Street

Le brouillard ne se dissipe pas. Nouvelle séance de repli à Paris, où le CAC 40 recule de 0,96% à 8 031 points, dans un climat toujours marqué par une forte incertitude géopolitique et commerciale. Concernant les droits de douane réciproques qui seront instaurés le 2 avril, Donald Trump a à nouveau déclaré que ces mesures pourraient être "indulgentes", tout en précisant qu’il n’y aurait "pas trop d’exceptions", entretenant ainsi un flou stratégique qui pèse sur la visibilité des marchés.

Sur le front des valeurs, Total tire son épingle du jeu aujourd’hui. Soutenu par un relèvement de recommandation de la part de Citi qui passe à l’achat sur le titre. Le groupe pétrolier affiche la meilleure performance du CAC ce mercredi et affiche ses ambitions en Allemagne. On en reparle dans la suite du Journal.

Par ailleurs, les anticipations de marché se tendent outre-Atlantique. Barclays a révisé à la baisse son objectif sur le S&P 500, le ramenant de 6 600 à 5 900 points, invoquant l’incertitude croissante liée aux politiques commerciales de Trump. Sur le plan géopolitique, la Russie et l’Ukraine ont annoncé un cessez-le-feu maritime en Mer du Nord, conditionné par le Kremlin à un allègement des sanctions occidentales. Ce contexte continue de soutenir les actifs refuges comme l’or qui s’installe au-dessus des 3 000$ l’once.


Les valeurs : Total, Eutelsat et Crit

Total

En tête du CAC, Total gagne 3,16% ce soir, à 60,41€ (+13% en 2025). Le géant français continue son offensive dans l’énergie verte outre-Rhin et va investir 160 millions d’euros dans six projets de stockage par batteries, afin de stabiliser l’approvisionnement en électricité renouvelable. L’Allemagne, qui a dit adieu au nucléaire et commence à lâcher le charbon, est un terrain de jeu idéal pour Total. Après l’acquisition du français VSB en décembre, qui a boosté son portefeuille renouvelable, le groupe cherche maintenant à mettre la main sur une ou deux centrales à gaz.

Une façon maligne de couvrir toute la chaîne de valeur. Le directeur général, Patrick Pouyanné, ne s’en cache pas : il vise une rentabilité de 12% sur cette activité. Entre éolien offshore, batteries et bientôt gaz, Total veut s’imposer comme un acteur clé du marché allemand de l’électricité… et bientôt européen ?


Eutelsat

Nous vous en parlions sur WhatsApp, l’Italie veut sécuriser ses communications gouvernementales et pourrait lancer un appel d’offres cette année, selon l’européen Eutelsat. Starlink d’Elon Musk est en lice, mais sa possible dépendance au milliardaire inquiète Rome, surtout après l’expérience ukrainienne. Eutelsat se positionne donc comme une alternative crédible. En Bourse, c’est l’ascenseur émotionnel : après une chute de 45% depuis son sommet atteint le 6 mars et dix séances consécutives de baisse, l’action bondit de 49,56% ce mercredi, à 5,10€, attisant la spéculation des petits porteurs.

Certains investisseurs y voient un “GameStop” à l’européenne, et un risque de short squeeze car les vendeurs à découvert représentent environ 25% du flottant de l’entreprise, on en reparle dans le lexique ci-dessous. En tout cas, l’Europe veut renforcer son autonomie militaire, et Eutelsat devrait en profiter. Bruxelles consulte déjà les acteurs du secteur, et la firme franco-britannique pourrait jouer un rôle clé dans le futur réseau satellitaire européen. Depuis le début de l’année, Eutelsat s’envole de 116%.


Crit

Le spécialiste du travail temporaire, éligible au PEA-PME, s’envole ce soir de 8,85% à 66,40€, porté par une très belle surprise. Un dividende de 6€ par action, en hausse de 5€ par rapport à 2023. Soit un rendement d’environ 10%, qui électrise les investisseurs. Le groupe affiche des résultats conformes aux attentes, avec un chiffre d’affaires en hausse de 2%, un résultat net stable à 73 M€, et une trésorerie nette de 151 M€, malgré le rachat de l’italien Openjobmetis.

Si les marges subissent une pression, la résistance du groupe dans un marché compliqué rassure. Crit ne donne pas d’objectifs chiffrés, mais affirme surperformer le marché et rester offensif. Un dossier (encore) sous les radars avec des fondamentaux robustes. Le titre gagne 11% depuis janvier.


L'évènement du mercredi : Rebond du pétrole

L’Allemagne dégaine son bazooka budgétaire et c’est un tournant historique. Le chancelier conservateur Friedrich Merz vient de réussir un véritable tour de force : faire exploser des décennies d’orthodoxie budgétaire allemande. Le Bundestag a adopté hier, Le Brent européen tutoie les 74$ aujourd’hui, le WTI américain atteint les 70$. C’est une hausse de plus d’1% pour cette seule séance et d’environ 7% en deux semaines, depuis le plus bas niveau annuel atteint début mars. En cause, des stocks américains qui baissent plus fortement que prévu et des tensions géopolitiques qui menacent l’offre mondiale. Washington durcit en effet le ton contre le Venezuela.

Trump veut taxer tous les pays qui achètent du brut à Caracas, mettant Pékin sous pression. Résultat, les exportations vénézuéliennes sont en péril, avec un manque à gagner estimé à près de 5 milliards de dollars. Dans le même temps, la Maison Blanche continue de sanctionner l’Iran avec pour objectif de réduire encore les flux pétroliers vers la Chine. De son côté, le cartel pétrolier de l’OPEP+ pourrait ouvrir les vannes pour compenser, mais rien n’est joué.

Faut-il parier sur une hausse durable ? Rien n’est moins sûr, car si les tensions soutiennent les prix aujourd’hui, le spectre du ralentissement économique plane. Entre sanctions et batailles commerciales, la demande mondiale pourrait finir par caler. Trump a par ailleurs promis de faire baisser les prix à la pompe durant sa campagne électorale, l’essence étant bien sûr l’un des principaux moteurs de l’inflation.


Demain à la Une : Croissance américaine

Demain, une nouvelle estimation de la croissance américaine sera publiée à 13h30. Elle devrait confirmer le ralentissement économique craint par Wall Street. Le consensus de marché table sur une croissance de 2,3% au quatrième trimestre, contre 3,1% au trimestre précédent. Les investisseurs américains garderont également un œil sur les inscriptions hebdomadaires au chômage US. Et comme souvent en ce moment, les actus autour des batailles commerciales de Trump seront suivies de près. D’un point de vue technique, les vendeurs devraient se concentrer sur les 8 000 et 7 925 points sur le CAC d’ici le week-end. Les acheteurs viseront à nouveau les 8 050 et 8 110. À suivre !


Le lexique : Le short squeeze

Le short squeeze est un phénomène boursier brutal où une action vendue massivement à découvert se met à flamber, forçant les vendeurs à découvert à racheter en urgence leurs positions pour limiter leurs pertes, ce qui accélère encore la hausse. L’exemple le plus emblématique est celui de GameStop en 2021. Alors que des fonds spéculatifs pariaient sur la chute du titre, une armée d’investisseurs particuliers, coordonnés sur le réseau social Reddit, a fait exploser son cours, poussant les vendeurs à découvert professionnels à se ruer sur l’achat, amplifiant ainsi le rallye haussier dans une spirale infernale.

A découvrir également

  • visuel-morning
    Placements : Prenez les rênes de votre épargne
    21/03/2025
  • visuel-morning
    La pépite de la semaine : DHH
    24/03/2025
  • visuel-morning
    Succession en famille recomposée : éviter les conflits et protéger ses proches
    07/02/2025
  • visuel-morning
    Quelle est la SCPI qui a offert le meilleur rendement en 2024 ?
    06/03/2025
Nos placements
PER Plus de retraite et moins d'impôts avec nos PER sans frais d'entrée
Assurance vie Découvrez nos contrats sans frais d'entrée
SCPI Accédez à l'immobilier professionnel dès 500 €
Defiscalisation Investissez dans l'économie réelle en réduisant votre impôt