Les marchés : Séance rouge vif
Les grandes places plongent lourdement ce mardi. Le mouvement est mondial, Tokyo a perdu 3,2% ce matin, le CAC 40 cède 1,86% ce soir et revient sous le seuil symbolique des 8 000 points, à 7 968 au fixing. En dehors d’Euronext, toutes ses composantes clôturent dans le rouge. On vous en parlait ces derniers jours, l’aversion pour le risque domine désormais les marchés mondiaux, alimentée par les craintes de bulle dans la tech américaine. Aux États-Unis, le S&P 500 entame une quatrième séance dans le rouge, pour la première fois depuis septembre. Désormais, le principal indice américain cède 3,3% en novembre (-5,8% pour le Nasdaq).
Le signal le plus frappant vient du bitcoin, qui a perdu plus de 25% depuis son sommet d’octobre, ce qui reflète parfaitement ce reflux brutal de l’appétit pour le risque. Les investisseurs semblent désormais manquer de carburant pour prolonger un rallye déjà bien fourni après une solide saison de résultats. Le marché attend désespérément un nouveau catalyseur, il pourrait venir des résultats tant attendus de Nvidia, on en reparle ci-dessous.
Les valorisations, notamment sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle, commencent à inquiéter et la perspective d’une baisse de taux de la Fed en décembre s’éloigne encore un peu. La probabilité n’est plus que de 41% selon le marché, contre 43% vendredi dernier. Rien de dramatique en soi, mais c’est suffisant pour alimenter une hausse de la volatilité à très court terme et encourager les prises de bénéfices.
Comme si le climat n’était pas assez tendu, une panne majeure a paralysé une partie d’Internet ce mardi. X, ChatGPT, Facebook, Amazon Web Services, Doctissimo ou encore Marmiton ont été inaccessibles, avant que l’origine du problème ne soit attribuée à une défaillance de Cloudflare. Un épisode qui, bien que sans lien direct avec les marchés, a renforcé l’instabilité de cette séance… rouge vif. Bonne lecture !
Les valeurs : Cloudflare, Crédit Agricole et OVHcloud
Cloudflare
Ce nom ne vous dit peut-être rien mais il fait la une de nombreux médias aujourd’hui. Cloudflare est un acteur essentiel d’Internet utilisé par un quart des sites mondiaux. Ce mardi, l’entreprise américaine est à l’origine d’une panne majeure qui a mis hors service X (Twitter), ChatGPT et plusieurs plateformes très populaires pendant plusieurs heures. L’entreprise, spécialisée dans la sécurité et l’optimisation de la vitesse des sites web, a expliqué qu’un problème dans son système d’assistance avait provoqué une réaction en chaîne.
L’annonce a fait chuter son action de 7% à Wall Street, avant de se stabiliser autour de -3% lors de la rédaction de cette édition. Le titre a connu un parcours boursier spectaculaire depuis son introduction en 2019, son cours est passé de 15$ à un pic de 260$ le 3 novembre (contre 200$ environ ce soir). Cloudflare connaît une forte croissance grâce à l’essor de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle, qui dope ses revenus et attire les investisseurs, convaincus qu’elle pourrait devenir un leader de l’IA. L’entreprise a cependant déjà connu plusieurs pannes techniques au fil des années, rappelant la fragilité de son infrastructure malgré son importance stratégique.
Crédit Agricole
Parmi les rares actus françaises de la séance, on apprend que Crédit Agricole veut grandir plus vite et davantage à l’international ! Son nouveau patron, Olivier Gavalda, a présenté un plan qui court jusqu’en 2028, avec l’objectif de gagner plus de clients en Europe et d’augmenter fortement les profits. La banque veut dépasser les 8,5 milliards d’euros de bénéfices en 2028 et attirer 60 millions de clients dans le monde, en réalisant une plus grande part de ses revenus hors de France. L’Allemagne est au cœur de cette stratégie : Crédit Agricole y crée une nouvelle structure et veut y doubler son nombre de clients.
Le groupe veut aussi se renforcer en Italie, où il est ouvert à une éventuelle fusion avec Banco BPM, et s’implanter davantage en Europe de l’Est. En France, la banque veut aussi reprendre du terrain face aux néobanques et faire de sa banque en ligne Bforbank un acteur enfin profitable d’ici 2028. Elle mise également sur sa filiale LCL pour attirer des clients plus aisés et des entreprises. Crédit Agricole prévoit enfin de réduire ses coûts, d’améliorer sa rentabilité et pourrait utiliser plusieurs milliards d’euros pour racheter d’autres acteurs si des opportunités se présentent. Les actionnaires devraient aussi bénéficier d’un dividende plus généreux dans les prochaines années. De bonnes nouvelles en somme, mais le titre n’échappe pas à la baisse générale des marchés actions, en baisse de 2,10% ce soir à 15,88€ (+19% cette année).
OVHcloud
OVHcloud fait partie des rares actions françaises en hausse aujourd’hui. Elle grimpe de 4,53% à 7,61€, portée par deux annonces qui rassurent le marché. Le groupe renforce d’abord sa présence en Europe en ouvrant un nouveau site stratégique à Berlin, après Paris et Milan, afin d’offrir un service plus fiable et plus rapide à ses clients. Une étape importante dans sa volonté de peser davantage dans le cloud européen.
En parallèle, l’entreprise éligible au PEA-PME lance un programme de rachat d’actions de 10 millions d’euros, un signal envoyé aux investisseurs comme aux salariés : la société croit en son potentiel et veut partager sa croissance. Depuis le début de l’année, le titre affiche toutefois un recul de 13%.
La recommandation du jour : Bulle de l'IA
Les choix de Marc Fiorentino et son équipe
L’intelligence artificielle fascine autant qu’elle inquiète les marchés. Les valorisations atteignent des sommets, alimentant l’idée d’une bulle spéculative. Pourtant, derrière cette surchauffe, l’IA s’impose comme une révolution structurelle appelée à transformer durablement l’économie mondiale.
Pour les investisseurs capables de regarder au-delà des excès du moment, le thème reste incontournable à moyen et long terme, à condition d’adopter une approche prudente, disciplinée et diversifiée. Voici nos dernières décisions stratégiques pour votre épargne.
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Le placement du mardi : Défense européenne
Et si votre épargne jouait un rôle-clé ?
La défense européenne n’est pas seulement l’affaire des États : elle peut aussi devenir une opportunité pour votre épargne. Face à l’augmentation des besoins en équipement et en financement des forces armées, des solutions financières offrent la possibilité de contribuer à la défense de l’Europe tout en visant un rendement attractif. C’est à découvrir dans cet article en libre accès.
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Demain à la Une : Nvidia, J-1
Demain, les investisseurs suivront les chiffres d'inflation en zone euro et le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed. De quoi patienter un peu avant les résultats trimestriels très attendus de Nvidia qui seront dévoilés après la clôture des marchés. Tout le secteur de l’intelligence artificielle attend de voir si sa croissance spectaculaire est réellement solide ou si une bulle se forme.
Malgré une envolée de plus de 1 100% en trois ans, l’action a récemment cédé un peu de terrain et certains grands investisseurs ont réduit leurs positions, ce qui nourrit les inquiétudes. Pourtant, la demande pour ses puces reste très forte, notamment chez les géants du cloud comme Microsoft, et Nvidia dispose de centaines de milliards de dollars de commandes en attente. La croissance de son chiffre d’affaires demeure élevée, mais moins impressionnante qu’auparavant.
Bref ! Après une croissance exponentielle, les résultats du géant américain se normalisent un peu. Nvidia doit aussi composer avec des difficultés de production et des systèmes de plus en plus complexes qui pèsent sur ses marges, même si ses bénéfices continuent de progresser. Ses investissements massifs, notamment dans OpenAI (ChatGPT), soulèvent également des questions sur la solidité de son bilan.
Enfin, les restrictions américaines l’empêchent de vendre ses puces les plus avancées en Chine, un marché important et désormais exclu de ses prévisions. Ainsi, même si Nvidia reste l’acteur central de l’IA mondiale, ses résultats trimestriels diront si sa dynamique exceptionnelle va se poursuivre ou si le secteur risque une correction boursière. On en reparle vite !
En attendant, retrouvez ici notre objectif de long terme sur le titre.
Le lexique : Comment on estime...
… qu’une action est survalorisée ? C’est le grand sujet du moment ! Une action est jugée survalorisée lorsqu’elle se négocie au-dessus de sa valeur réelle estimée, ce qui se mesure souvent en comparant son cours à ses fondamentaux : bénéfices, flux de trésorerie, croissance future, valeur comptable ou encore ratios comme le PER par rapport à son secteur ou à son historique. Lorsque le prix reflète des attentes excessivement optimistes ou une spéculation déconnectée des résultats, on considère qu’elle est survalorisée.
En la matière, le PER est un ratio incontournable en analyse fondamentale qui compare le prix d’une action à ses bénéfices, afin d’évaluer si elle est chère ou bon marché par rapport à son potentiel de profit. Pour une valeur technologique, on considère généralement qu’un PER élevé se situe au-delà de 30 à 40 (on investit aujourd’hui 30 à 40 euros pour “acheter” 1 euro de bénéfice annuel futur de l’entreprise).