Jeudi 22 janvier

Hallucinant.
J'ai regardé le discours de Trump à Davos.
Et si vous ne l'avez pas fait, je vous conseille de le regarder.
Car il était hallucinant. Je n'ai pas trouvé d'autre mot pour le décrire.
Sur la forme. Sur le fond.
Un discours sans filtre. Sans limite. Sans respect des règles. Avec un degré d'autosatisfaction (le mot est faible) inouï.
Il n'a pas fini de nous étonner.

QUAND IL A ANNONCÉ

qu'il allait venir à Davos, avec une délégation de poids lourds de son administration, et qu'il allait s'exprimer, il a monopolisé toute l'attention du Forum.
Et les participants ont tous oublié le thème initial, le climat et la planète.
Son discours était attendu.
Surtout sur la question du Groenland.
Et on n'a pas été déçus.
C'était du Trump version XXL.

LES RÉACTIONS

"Trump's Davos Speech marks new world order" (Bloomberg)
"Inside Trump's Head-Spinning Greenland U-Turn" (Wall Street Journal)
"Trump rules out seizing Greenland by force but demands negotiations" (FT)
"The true danger posed by Donald Trump" (The Economist)
"Fatigué et confus lors de son discours à Davos..." (Les Echos)
"Trump arrondit les angles" (Le Parisien)
"Trump renonce à la force mais pas au Groenland" (Le Figaro)
"Trump moins va-t-en-guerre et tout en ego" (Libération)
"Europe-États-Unis : la cassure qui vient" (L'Opinion).

CES RÉACTIONS M'ONT SURPRIS

Comme vous l'avez constaté, la plus grande part des réactions portait sur le Groenland. Et sur le soulagement lié au fait qu'il n'allait pas envahir le Groenland par la force, ce que nous n'avions jamais envisagé.
Bon, c'est du Trump classique. Du "The art of the deal" dans le texte : on menace d'envahir, puis on menace d'acheter pour finir avec un accord de protection privilégié et un accès privilégié négocié aux ressources.
Du classique Trump mais les commentateurs tombent toujours dans le panneau, la plupart n'ont d'ailleurs pas fait l'effort de lire son livre, pourtant court et très (trop ?) basique.

NON, CE QUE J'AI TROUVÉ HALLUCINANT

hier dans son discours n'avait rien à voir avec le Groenland.
Tout d'abord, le degré d'autosatisfaction.
Si on l'écoute, jamais un Président n'a fait ce qu'il a fait, jamais les États-Unis n'ont connu une croissance aussi forte, jamais la situation économique n'a été aussi bonne, jamais le pouvoir d'achat des Américains n'a été aussi élevé, jamais la Bourse n'a été aussi haute.
Il n'y a que sur le dernier point qu'il a objectivement raison mais il assène ses vérités avec une telle assurance que j'ai eu un doute et j'ai dû revérifier que la situation n'était pas aussi brillante qu'il la décrivait...

SUR LA FORME

Toujours les mêmes formules.
Toujours les mêmes mots avec un vocabulaire limité (nice guy, I like him, fantastic, amazing...).
Des phrases qui reviennent hors propos à intervalles réguliers (l'inflation n'a jamais été aussi basse, l'économie n'a jamais été aussi forte, nos armes sont les plus puissantes).
Les mêmes anecdotes qui reviennent en boucle (son échange avec Macron sur le prix des médicaments : "Non, non, non, je ne peux pas faire ça...").

SUR LE FOND

C'est peut-être ce qui m'a le plus frappé.
Il est transparent. Sans filtre.
Ses leitmotivs :
- Les États-Unis se sont fait arnaquer par tous les pays, notamment de l'OTAN, et il remonte à la Seconde Guerre mondiale.
- Les États-Unis ont aidé le monde entier mais le monde n'est pas reconnaissant.
- Il méprise ce qu'est devenue l'Europe et considère que nous nous enfonçons chaque jour un peu plus sans réagir.
- Il méprise le Canada qui ne pourrait pas exister sans les États-Unis mais il respecte la Chine.
- Il a une forte conscience de la puissance des États-Unis, militaire notamment, et il veut la monétiser à coup de centaines de milliards de $.

BREF

C'était hallucinant.

À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?

CONVICTIONS 2026

Comme chaque année, je vous présente nos convictions sur l'économie, les marchés et les placements pour 2026.
Spoiler : Non, l'année 2026 ne sera pas "normale" comme le prévoit le consensus unanime.
>> Je découvre les convictions 2026

LA CORÉE DU SUD

Je suis ce pays de près.
Très près même.
Pourquoi ?
Parce que c'est le nouveau laboratoire d'une économie d'un pays vieillissant et sans enfant.
Avec le taux de fécondité le plus bas du monde autour de 0,60.
Et la Corée du Sud affiche un taux de croissance pour l'année de 2%, même si la croissance s'est ralentie au dernier trimestre du fait des droits de douane.
Et la croissance pourrait accélérer en 2026 du fait de l'accord commercial avec les États-Unis.
La Corée a vu sa productivité s'envoler du fait du haut niveau de digitalisation et d'automatisation.
Et la Corée a pris le virage de l'IA.
À suivre.

LA TÉLÉ SOUS PRESSION

Selon Médiamétrie.
On ne la regarde plus que 2 heures et 45 minutes par jour, 13 minutes de moins qu'en 2024.
Alors que le temps que nous passons sur internet et les réseaux sociaux explose et dépasse largement le temps passé devant la télé.
Aux États-Unis ce sont les plateformes de streaming qui ont dépassé l'année dernière les chaînes traditionnelles de télé.
Comme le notent Les Échos, les Français ont passé 4h14 à regarder des vidéos chaque jour...
Une révolution des médias.

DU CÔTÉ DES MARCHÉS

Par Sélina Seremet, Analyste Bourse Meilleurtaux Placement.
"Les Bourses européennes ouvrent en nette hausse ce jeudi, portées par un regain d’appétit pour le risque. À l’ouverture, Paris et Francfort gagnent chacun 1,3%, prolongeant le timide rebond de la veille, alors que l’absence de représailles commerciales immédiates des États-Unis à l’encontre de l’Europe soulage les investisseurs. Si Donald Trump a réaffirmé l’intérêt stratégique du Groenland pour les États-Unis, il a exclu toute option militaire, un signal perçu comme rassurant par les marchés.
Dans ce climat d’accalmie, Wall Street s’est nettement redressée hier, avec des indices en hausse d’environ 1,2%, tirés par les valeurs technologiques. Malgré des résultats contrastés de Netflix, les investisseurs se sont repositionnés sur les titres liés à l’IA, à l’image de Nvidia (+2,9%) et AMD (+7,7%). La séance restera rythmée par la publication, en début d’après-midi, des chiffres de la croissance américaine, attendus comme le prochain test pour la poursuite du rebond."

ON S'EN FOUT ?

Le nouveau Boeing Air Force One qui sera offert par le Qatar à Trump va être livré cet été (WSJ) ; 94% de baisse pour le coin Trump qui a été lancé il y a un an, le Coin Melania est passé de 13,73$ à moins de 0,5$ ; Le titre du jour dans le FT : "The great graduate job drought" : l'effondrement des embauches des jeunes diplômés ; L'autre titre du jour dans le Parisien : "Prison : le fléau de la corruption" du fait de l'explosion du narcotrafic ; La question du jour : Que vont faire les pays qui sont bashés par Trump pour le Mondial 2026 ? ; Je n'avais jamais regardé cette série mais à l'occasion de la sortie de la saison 2, je l'ai attaquée, pas d'opinion pour l'instant : "Les Gouttes de Dieu" ; Accord entre KitKat et la Formule 1 pour sortir des voitures de course en chocolat ; Dans Les Échos : "François Hollande fait son retour au premier plan", no comment ; Suivez-moi sur X et LinkedIn en cliquant sur les liens.

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