Les marchés : Oracle rassure, l'or chute (encore)
Les marchés actions retrouvent un peu d’élan ce lundi. À Paris, le CAC 40 progresse de 0,67% et clôture à 8 181 points, dans le sillage d’un regain d’intérêt pour les valeurs technologiques. Les investisseurs ont quelque peu mis de côté la chute brutale des métaux précieux, profitant notamment d’une annonce rassurante du groupe américain Oracle (+3%). Après plusieurs mois marqués par les doutes sur une éventuelle bulle autour de l’intelligence artificielle, le groupe a confirmé disposer des moyens financiers nécessaires pour répondre à la forte demande de ses clients dans le cloud et l’IA, un signal perçu comme positif pour l’ensemble du secteur. Oracle inquiétait jusqu’à présent, considéré comme le maillon faible de l’écosystème IA.
En parallèle, l’or continue de reculer (environ -4%) et l’argent perd près de 8% ce lundi, prolongeant une correction spectaculaire engagée en fin de semaine dernière. Depuis jeudi, les deux métaux ont respectivement perdu plus de 15 et 30%, effaçant une partie de la hausse accumulée ces dernières semaines. Ces actifs avaient massivement attiré les investisseurs comme protection contre les tensions géopolitiques, la faiblesse du dollar et la perspective de baisses de taux aux États-Unis.
Le changement de ton observé récemment à Washington explique en partie ce retournement. Le choix de Kevin Warsh pour prendre la tête de la Banque centrale américaine, jugé plus prévisible que d’autres candidats, a été le déclic d’une avalanche de prises de bénéfices, accentuées par les algorithmes de trading. Mais sur le moyen et le long terme, les grandes banques et principaux bureaux d’études continuent de viser de nouveaux records historiques sur les deux métaux précieux. Affaire à suivre !
Enfin, ce soir, nous vous présentons notre dossier spécial dédié à la cybersécurité ! Bonne lecture.
Les valeurs : Danone, Nestlé, Eramet, et Séché Environnement
Danone et Nestlé
Les actions de Danone (+4,74%) et de Nestlé (+2,97%) progressent fortement en Bourse après l’annonce de nouveaux seuils de sécurité européens concernant la céréulide, une toxine parfois détectée dans certains laits infantiles. Ces dernières semaines, les deux groupes avaient été pénalisés par des rappels de produits liés à des soupçons de contamination, ce qui avait inquiété les investisseurs. La céréulide est une toxine produite par une bactérie. Elle peut provoquer des nausées et des vomissements, mais ses effets sont généralement de courte durée et elle ne se développe que lorsque les bactéries sont présentes en grande quantité. Les autorités sanitaires ont donc cherché à définir un seuil plus clair pour garantir la sécurité des nourrissons.
La France a récemment abaissé son seuil de sécurité, et l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, a confirmé un niveau identique au niveau européen. Selon les calculs de plusieurs experts, ces nouveaux seuils sont plus élevés que ceux des produits déjà rappelés. Autrement dit, les laits actuellement commercialisés par Danone et Nestlé respectent les nouvelles règles. Cette clarification rassure temporairement les marchés, qui redoutaient de nouveaux rappels et un emballement médiatique nuisible à l’image des marques. Le soulagement est d’autant plus important que le lait infantile est un segment clé pour Danone, à la fois très rentable et en forte croissance. Après +18% et +5%, Danone et Nestlé perdent respectivement 10,5% et 4% depuis le début de l’année. Le groupe français signe la meilleure performance du CAC ce soir.
Eramet
Le groupe minier Eramet a provoqué une forte réaction en Bourse en annonçant le départ immédiat de son directeur général, Paulo Castellari, moins d’un an après son arrivée. Cette décision inattendue fait chuter l’action de 9,69% ce lundi, à 66,65€, signe que les investisseurs ont très mal accueilli la nouvelle. Ce type de départ surprise de dirigeants entraîne souvent de fortes variations boursières, parfois négatives comme ici, parfois positives quand le marché estime qu’un dirigeant n’était pas à la hauteur. Eramet explique cette éviction par des désaccords internes sur la manière de travailler et de prendre les décisions, sans donner plus de détails. En attendant la nomination d’un nouveau directeur général, la présidente du groupe, Christel Bories, assurera la direction par intérim.
Les bureaux d’études ont été surpris par cette annonce, car rien ne laissait présager de tels conflits. Selon Oddo BHF, Paulo Castellari était pourtant bien perçu pour ses efforts sur la réduction des coûts et l’amélioration de l’efficacité du groupe, notamment avec un plan visant à augmenter significativement les résultats d’ici 2027. Il avait aussi relancé un projet stratégique de lithium en Argentine, jusque-là en difficulté. Son départ ouvre désormais une période d’incertitude pour Eramet. Les spécialistes estiment que la mise en œuvre des économies et des améliorations opérationnelles pourrait devenir plus compliquée. Cette situation est d’autant plus sensible que le groupe a déjà connu des tensions de gouvernance, liées aux intérêts parfois opposés de ses deux principaux actionnaires, la famille Duval et l’État français. Eramet a gagné 6,5% l’an dernier en Bourse (+17,5% en 2026, malgré la chute du jour).
Séché Environnement
Le groupe Séché Environnement a annoncé de moins bons résultats que prévu, provoquant une chute de 18,47% de son action éligible au PEA-PME, à 64€. Cette réaction s’explique par une révision à la baisse de ses objectifs financiers pour 2025, après une période difficile sur le marché français depuis l’été. L’expert du traitement des déchets prévoit désormais un chiffre d’affaires légèrement inférieur à ce qui était initialement annoncé et surtout un excédent brut d’exploitation nettement plus faible. Cette dégradation est liée à la baisse de certaines activités en France, notamment dans l’économie circulaire. La valorisation énergétique souffre de la chute des prix de l’énergie, tandis que certaines activités liées à la chimie sont pénalisées par la crise du secteur en Europe.
À l’inverse, les activités à l’international continuent de bien se porter et restent conformes aux objectifs du groupe. Pour redresser la situation, Séché Environnement prépare un plan de performance pour 2026. L’objectif est d’améliorer la rentabilité, de générer plus de trésorerie et de réduire l’endettement. Cela passera par des économies, de meilleures synergies internes et un contrôle plus strict des investissements. Le groupe vise ainsi une amélioration progressive de ses résultats dès 2026, avec une croissance modérée de sa rentabilité et une réduction de son niveau de dette à partir de 2027. Côté performances, l’action a perdu 5,5% l’an dernier et cède 11% depuis le 1er janvier.
La recommandation du jour : Cybersécurité, notre dossier spécial
Les cyberattaques font la une des journaux et façonnent l’économie de demain. Derrière chaque hôpital, chaque banque, chaque entreprise connectée, une bataille silencieuse se joue en permanence pour protéger les données, les systèmes et les infrastructures critiques. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, l’intelligence artificielle et la dépendance croissante au numérique, la cybersécurité est devenue un pilier invisible mais indispensable de notre quotidien.
Ce secteur, souvent méconnu du grand public, combine une réalité implacable : l’explosion des attaques informatiques et une dynamique économique puissante, portée par des investissements massifs des États et des entreprises. Certaines sociétés cotées en Bourse bénéficient de cette tendance structurelle, mais leurs trajectoires boursières sont très contrastées, entre croissance, rentabilité et forte volatilité. C’est précisément là que se créent les opportunités… pour ceux qui savent où regarder et comment investir.
>Dans cet article réservé un ETF spécialisé pour investir de manière diversifiée dans la cybersécurité. Si vous voulez comprendre pourquoi la sécurité informatique est bien plus qu’un simple sujet technologique, et comment l’intégrer intelligemment à votre stratégie boursière, alors n’hésitez pas à nous rejoindre !
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Le monde d'après : La chute du pétrole
Le pétrole chute brutalement ce lundi après un nouveau revirement diplomatique de Trump, qui se dit désormais favorable à un accord avec l’Iran. La perspective d’une désescalade au Moyen-Orient éloigne le risque de perturbation de l’offre mondiale, provoquant un décrochage immédiat des cours. Le Brent chute de plus de 6% à 66$ le baril ce soir, signant sa plus forte baisse quotidienne en six mois. Jeudi et vendredi, il flirtait avec les 71 dollars, sur fond de tensions militaires. Mais attention, comme toujours avec Trump, le sujet est loin d’être clos…
En tout cas, la réaction sectorielle a été immédiate en Bourse ce lundi. Les majors pétrolières et parapétrolières ont mécaniquement subi quelques prises de bénéfices, TotalEnergies cède 0,7% à Paris ce soir, tandis que les entreprises consommatrices de carburant profitent du reflux des prix. Air France-KLM (+5%) signe ainsi l’une des meilleures performances de la séance, la facture énergétique étant un enjeu majeur pour les compagnies aériennes.
Cet épisode illustre une nouvelle fois l’extrême nervosité des investisseurs sur les matières premières, déjà secoués la semaine dernière par la baisse spectaculaire de l’or et de l’argent. Plus que jamais, le pétrole reste suspendu aux déclarations de Washington et aux évolutions diplomatiques au Moyen-Orient. Et clairement, la volatilité est actuellement la norme sur le marché des matières premières…
L'agenda du lundi : Beaucoup d'actus à suivre
Les semaines chargées s'enchaînent. Au programme des prochains jours : l’inflation en zone euro, la décision des banques centrales européenne et anglaise sur leurs taux (un statu quo est attendu par le marché), une nouvelle salve d’indices PMI sur l’activité économique et le très attendu rapport mensuel sur l’emploi américain (on en reparle ci-dessous). Le marché continuera en parallèle à surveiller le bras de fer entre Trump et l’Iran. Enfin, la semaine sera marquée par les résultats d’entreprises de nombreux poids lourds, dont : Alphabet (Google), Amazon, AMD, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Vinci.
Demain à la Une : Inflation et résultats d'entreprises
En dehors des possibles développements géopolitiques, la séance de demain devrait être assez légère en nouvelles actus. Sur le front économique, on attend surtout les derniers chiffres d’inflation en France. Côté entreprises, Publicis, Sartorius et Amundi publieront leurs résultats annuels. Après la clôture des marchés, ce sera au tour du géant américain des semi-conducteurs AMD de passer sur le gril.
Le lexique : Pouquoi...
… le rapport NFP est important pour la Bourse ? Le rapport mensuel sur l’emploi américain (ou “NFP”) fournit des indications clé sur la santé de l’économie américaine. Un marché du travail solide soutient la croissance des entreprises, mais peut aussi raviver l’inflation. À l’inverse, un ralentissement de l’emploi peut inquiéter sur l’activité économique. Ce rapport est surtout scruté car il influence les décisions de la Réserve fédérale sur les taux d’intérêt, ce qui explique les réactions parfois marquées des marchés lors de sa publication. Le rapport de janvier sera publié vendredi à 14h30, heure française.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.