Lundi 02 mars

Les marchés : Iran, krach boursier ?

Pour le moment, le marché plie mais ne rompt pas. Ce lundi, les investisseurs réagissent bien sûr à l’opération militaire israélo-américaine contre l’Iran. À New York comme à Paris, les marchés baissent, mais sans mouvement de panique : les investisseurs cherchent surtout à mesurer les conséquences économiques et financières de la situation. Pour la Bourse, les jours à venir seront décisifs.

Aux États-Unis, le S&P 500 et le Nasdaq limitent leurs pertes à seulement 0,44% et 0,16% dans les premières heures d’échanges. Comme dans le cas du Venezuela début janvier, les premières frappes ont été menées dans la nuit du vendredi au samedi, évitant un mouvement de panique à Wall Street. Les investisseurs s’inquiètent toutefois d’un conflit qui pourrait durer et perturber l’approvisionnement en pétrole, on en reparle dans la suite de cette édition.

En France, le CAC 40 recule de 2,17% à 8 394 points (-2,38% pour l’Euro Stoxx 50 et -1,35% à Tokyo). Les investisseurs jouent la carte de la prudence car l’issue du conflit et ses répercussions sont difficiles à prévoir à ce stade.

Clairement, le risque de krach boursier est dans tous les esprits. D’autant que les marchés étaient déjà sous tension ces dernières semaines, avec une baisse des valeurs technologiques. Et une rotation des investissements : des technos vers les valeurs défensives (santé, consommation de base, services publics). Une rotation également géographique : des actions américaines vers les actions européennes.

Pierre, l’un des membres de la Communauté Bourse Privée, nous a demandé aujourd’hui quel impact auront les attaques en cours sur les marchés, notamment sur le pétrole et le gaz. Il nous a également interrogés sur les valeurs refuges à privilégier. Découvrez ici notre réponse détaillée (sous le cadre des questions). Pas encore abonné ? Testez gratuitement Bourse Privée pendant un mois en cliquant ici.

Enfin, nous vous le disions ce matin : plus que jamais, nous sommes présents et mobilisés pour vous accompagner dans cette période agitée. Présents pour répondre à toutes vos questions. Mobilisés pour défendre vos intérêts.

Bonne lecture.


Les valeurs : Les gagnants, les perdants et Exosens

Les gagnants...

Les grands gagnants du jour sont sans surprise les valeurs pétrolières, propulsées par l’envolée du Brent, qui grimpe de plus de 7% autour des 78$ le baril, sur fond de risque de blocage du détroit d’Ormuz. À Paris, Total gagne 3,1%, tandis qu’à Londres, BP et Shell avancent respectivement de 2,5% et 2,7%, portées par l’envolée du brut. La perspective d’un baril pouvant se rapprocher des 100$, selon Barclays, soutient mécaniquement les majors dont la rentabilité est par définition liée aux cours du brut.

Autre compartiment recherché, la défense. La recrudescence des tensions géopolitiques ravive les anticipations de hausse des budgets militaires. Thales réduit toutefois son gain journalier à 0,4%, après une séance nettement plus favorable. Dassault Aviation finit à l’équilibre, tandis que BAE Systems bondit de 5,5% à Londres. À Milan, Leonardo progresse de 2,7%. Dans un marché globalement baissier, énergie et armement apparaissent ainsi comme les principaux gagnants de la séance.


... Et les perdants

Place aux grands perdants de la séance ! La flambée du pétrole pèse lourdement sur le secteur aérien. À Paris, Air France-KLM décroche de 9,4%, à la dernière place du SBF 120. À Francfort, Lufthansa abandonne 5,1%. La hausse du Brent renchérit mécaniquement la facture du carburant, premier poste de coûts des compagnies. Pour Air France-KLM, une hausse moyenne de 10$ du baril représente près de 500 millions de dollars de charges supplémentaires, même après couverture. À cela s’ajoute le risque de perturbations des vols dans la région, ce qui accentue la pression sur le secteur.

Autre victime collatérale du conflit, Accor signe la plus forte baisse du CAC 40 avec un plongeon de 8,9%. Le groupe hôtelier paie son exposition marquée au Moyen-Orient, qui représente environ 10% de son chiffre d’affaires. Dans un contexte où les investisseurs redoutent un ralentissement des flux touristiques vers les États du Golfe et des perturbations opérationnelles, ce qui constituait jusqu’ici un atout stratégique devient un facteur de risque. Le marché ajuste brutalement la prime accordée au titre, sur cette zone géographique.


Exosens

Le groupe français de technologies de vision nocturne progresse de 4,82% à 65,30€ après l’annonce d’un contrat majeur décroché par sa filiale américaine Photonis Defense. Le groupe fournira à l’armée américaine des dispositifs de vision nocturne binoculaires dans le cadre d’un contrat pouvant atteindre 352 millions de dollars d’ici 2033. Même si ce montant représente un plafond et non un engagement immédiat, cette percée ouvre à Exosens les portes du premier marché mondial des technologies de vision nocturne et marque une étape stratégique dans son expansion aux États-Unis.

Le titre éligible au PEA-PME bénéficie également de l’actuel regain d’intérêt pour les valeurs de défense. Déjà solidement implanté dans les pays de l’OTAN, ce contrat vient renforcer sa crédibilité industrielle et valider son potentiel de croissance à long terme. Grâce à la hausse de ce lundi, l’action s’envole désormais de 35% depuis le début de l’année.


La recommandation du jour : Protéger votre épargne

Un comité de gestion exceptionnel va être animé dans les prochaines heures avec Marc Fiorentino, entièrement dédié à la situation en Iran. L’objectif est de faire le point sur les marchés, d’anticiper les risques et de protéger votre épargne. Si cela s’avère nécessaire, nous réaliserons des arbitrages stratégiques pour défendre vos intérêts.

Pilot, notre gestion pilotée, se démarque par de solides performances pour un risque maîtrisé, avec un ADN constant : prudence, recherche de performance et frais au plus bas. Dans l’édition de ce week-end, nous vous résumerons nos analyses et décisions.

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Le monde d'après : La prime de risque s'envole

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient rebattent les cartes du transport maritime mondial. Après les frappes en Iran et la riposte de Téhéran, plusieurs attaques ont visé des navires dans la zone stratégique du détroit d’Ormuz. Face à l’instabilité croissante, les grands armateurs, Maersk, Hapag-Lloyd ou encore CMA CGM, ont suspendu leurs passages dans la zone et opté pour un détour par le cap de Bonne-Espérance. Une route plus longue, plus coûteuse, mais jugée plus sûre.

Ce changement d’itinéraire rallonge les trajets d’environ dix jours aller-retour, réduit mécaniquement la capacité disponible et renchérit les coûts logistiques, notamment via la hausse des primes d’assurance. Hapag-Lloyd a déjà annoncé l’application de surtaxes liées au risque de guerre. Les investisseurs anticipent donc une remontée des taux de fret, ce qui profite immédiatement aux valeurs du secteur : Maersk gagne environ 8% à Copenhague, Hapag-Lloyd près de 6% à Francfort, tandis que l’indice mondial du transport maritime progresse nettement.

Le scénario rappelle les perturbations de fin 2023 en mer Rouge, qui avaient provoqué une flambée des tarifs de 50% à 75% selon les segments. Si la crise devait s’installer, la désorganisation des flux maritimes pourrait durablement soutenir les marges des armateurs… au prix d’une pression accrue sur les chaînes d’approvisionnement et, potentiellement, sur l’inflation mondiale.


L'agenda du lundi : Le détroit d'Ormuz

Le pétrole grimpe de plus de 7% ce lundi, car de nombreux armateurs évitent le détroit d’Ormuz, une zone maritime stratégique par laquelle transite environ 20% de l’or noir mondial. Le Financial Times estime que la hausse pourrait atteindre 20% à court terme. Ce n’est pas seulement le risque d’attaque qui bloque le trafic, mais aussi l’explosion du coût des assurances, voire le refus d’assurer certains navires. Le gaz bondit également, notamment après l’annonce d’un arrêt de production de QatarEnergy à la suite d’une attaque de drones.

Le possible blocage du détroit (qu’il soit militaire ou financier), ainsi que l’extension du conflit dans la région, sont les deux grands sujets que vont surveiller les investisseurs cette semaine. Tout tourne autour de l’énergie et du transport maritime, avec des délais d’approvisionnement qui pourraient s’allonger si les routes habituelles sont évitées. Le calendrier économique est relégué au second plan. Une seule information pourrait éventuellement détourner l’attention des marchés vendredi après-midi : le rapport mensuel sur l’emploi américain.

Dans les prochains jours, comptez sur nous pour décrypter l’impact de l’opération Epic Fury sur les marchés et votre épargne.


Demain à la Une : Les niveaux à surveiller

Hasard du calendrier, Thales publiera demain ses résultats annuels, dans un contexte explosif mais porteur pour le secteur de la défense. Les derniers chiffres de l’inflation en zone euro seront également au programme, mais le dossier iranien devrait largement, et sans surprise, occuper le devant de la scène. Sur le CAC 40, les vendeurs viseront à court terme les 8 370, 8 315 et 8 265 points par extension. Et les acheteurs, les 8 440, 8 500 et 8 530.


Le lexique : Krach boursier

Un krach boursier est une chute brutale et rapide des prix sur les marchés financiers (actions, indices, etc.), en général d’au moins 15% à 20% en quelques jours. Il survient lorsque de nombreux investisseurs vendent en même temps, par peur ou perte de confiance, ce qui amplifie la baisse et peut entraîner des répercussions sur l’économie (entreprises, emploi, crédit, consommation). Clairement, nous en sommes encore loin, mais les prochaines séances seront déterminantes !


* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.

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