Les marchés : Le coût de la guerre
Le CAC 40 termine la semaine sur un nouveau recul. L’indice parisien perd 0,91% ce vendredi, à 7 912 points, portant son repli hebdomadaire à 1,03% (-7,8% depuis le début de la guerre). Les marchés restent bien sûr dominés par les tensions au Moyen-Orient. Certes, Washington tente de rassurer sur la situation dans le détroit d’Ormuz, et les États-Unis ont même accordé une nouvelle dérogation temporaire sur les achats de pétrole russe pour éviter une flambée trop brutale des prix de l’or noir. Mais sur le fond, la rhétorique entre Washington et Téhéran reste extrêmement tendue, et les investisseurs comprennent bien que le risque géopolitique est plus présent que jamais.
Les statistiques américaines du jour n’ont pas suffi à inverser le sentiment. La croissance des États-Unis au quatrième trimestre a été révisée à seulement 0,7% sur un an, contre 1,4% en première estimation, signe d’un ralentissement de l’activité. Dans le même temps, l’inflation mesurée par l’indice PCE ressort à 3,1% sur un an en janvier (hors énergie et alimentation), sans surprise majeure. Ce résultat ne reflète pas encore la récente envolée des prix de l’énergie liée au conflit. Le marché regarde déjà au-delà des données publiées, avec la crainte qu’un nouveau choc pétrolier ne vienne compliquer encore la tâche de la Réserve fédérale.
La seule note un peu plus rassurante vient du consommateur américain. Le moral des ménages s’est moins dégradé que prévu en mars, et leurs anticipations d’inflation à un an sont restées stables, alors que les économistes redoutaient une remontée. C’est mieux que prévu, mais pas de quoi changer la tendance générale. Pour l’instant, le marché reste focalisé sur une idée simple : tant que le pétrole, l’Iran et Ormuz resteront au centre du jeu, les bonnes surprises macroéconomiques pèseront peu face à la prime de risque géopolitique. Dans la suite de cette édition, on vous parle du coût de cette guerre pour ses principaux acteurs et de notre nouveau conseil de long terme. Bonne lecture !
Les valeurs : Worldline et les compagnies aériennes
Worldline
L’ancien poids lourd de la Bourse de Paris essaie de redresser une situation financière très dégradée. Pour cela, il lance une très grosse augmentation de capital afin de récupérer de l’argent, réduire son endettement et financer son plan de transformation. Hier, le groupe a acté la deuxième phase de son augmentation de capital, à hauteur de 392 millions d'euros. Le problème est que cette opération se fait à un prix très bas pour les nouvelles actions, ce qui provoque une dilution massive : les actionnaires actuels voient donc leur part dans l’entreprise fortement diminuer s’ils ne participent pas eux-mêmes à l’opération. Cette décision est très critiquée par plusieurs bureaux d’études, qui estiment que le prix proposé est tellement faible qu’il pousse pratiquement les actionnaires à remettre de l’argent pour éviter d’être lourdement pénalisés.
En parallèle, le cours de Bourse a été fortement secoué aujourd’hui, même si une partie de la baisse s’explique techniquement par le détachement des droits de souscription. L’argent levé doit permettre à Worldline de renforcer son bilan et de financer son plan stratégique “North Star 2030”, censé relancer progressivement la croissance et améliorer la rentabilité du groupe. Mais à court terme, l’entreprise reste dans une phase de transition difficile, avec encore peu de croissance attendue, des flux de trésorerie négatifs et des remboursements de dette importants à venir. En résumé, Worldline tente de se relancer, mais au prix d’un effort très lourd pour ses actionnaires actuels. Après cette opération mécanique, le titre cède 73,82% aujourd’hui, à 0,37€ (-75% en 2025 et -99% sur trois ans).
Les compagnies aériennes
Est-ce qu’elles ont trop fortement baissé en Bourse ? Vous êtes nombreux à vous poser la question. Depuis le début du conflit en Iran, les actions des compagnies aériennes ont en effet cédé beaucoup de terrain en Bourse, surtout en Europe. Les investisseurs s’inquiètent avant tout de la hausse du prix du kérosène, un coût majeur pour ces entreprises, en particulier pour celles qui opèrent beaucoup de vols long-courriers comme Air France-KLM, Lufthansa ou IAG. Le problème est que le prix du kérosène augmente plus vite que celui du pétrole brut, notamment à cause des tensions sur le raffinage. Même si les compagnies se protègent partiellement contre ces hausses et peuvent relever certains tarifs, cela ne suffit pas toujours à compenser l’augmentation de leurs dépenses.
Les bureaux d’analyse restent divisés sur la suite. Certains jugent que le marché n’a peut-être pas encore assez intégré le risque d’un carburant durablement cher, ce qui continuerait à peser sur les résultats du secteur. D’autres pensent au contraire que les prix du kérosène pourraient retomber si la situation se calme, ce qui permettrait un rebond des actions. La baisse en Bourse des compagnies aériennes semble donc cohérente face aux risques actuels, mais il est encore difficile de savoir si elle est vraiment trop forte ou pas assez importante. Tout dépendra surtout de la durée du conflit, de l’évolution du prix du kérosène et de l’impact de cette crise sur la demande de voyages. Pour le moment, il semble trop tôt pour investir sur un rebond. En tout cas, une fois le conflit terminé, ces actions devraient fortement rebondir… Depuis le début du conflit, l’action d’Air France perd 22% (-3,12% ce soir à 9,57€ et -17% depuis le début de l’année).
La recommandation du jour : Nouveau conseil de long terme !
Vous ne connaissez probablement pas encore notre nouvelle cible de long terme. Cet après-midi, nous avons adressé à la Communauté Bourse Privée un conseil boursier à horizon trois ans sur une valeur méconnue en France. Notre objectif : plus de 30%* de hausse sur cette action éligible au PEA. Défensive, recherchée lorsque les marchés deviennent plus incertains, elle a selon nous de sérieux atouts dans le contexte actuel. On ne vous en dit pas plus ! Découvrez notre conseil ici.
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Le résultat du vendredi : 13 milliards par jour ?
La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran représenterait déjà un coût colossal pour les finances américaines. L’opération militaire Epic Fury coûterait jusqu’à 4 milliards de dollars par jour à Washington. Même sur une courte période, la facture grimpe très vite à des montants gigantesques. Selon des informations rapportées par la presse américaine, la première semaine de guerre aurait coûté plus de 11 milliards de dollars aux États-Unis. Et ce coût pourrait être inférieur à la réalité, car certains frais, comme la préparation des frappes, n’auraient pas été entièrement comptabilisés.
D’autres estimations montrent aussi que les seules munitions utilisées lors des premiers jours auraient représenté plusieurs milliards de dollars. Ces dépenses ne concernent pas seulement les bombes et les missiles tirés. Elles incluent aussi le coût des opérations militaires, le remplacement des armes utilisées, la réparation des dégâts sur les infrastructures, ainsi que le renouvellement du matériel perdu au combat. Autrement dit, le prix de la guerre ne se limite pas aux combats visibles : il englobe tout l’effort militaire nécessaire pour poursuivre l’offensive.
Le coût total du conflit ne pèse pas seulement sur les États-Unis. Si l’on ajoute les dépenses d’Israël et des pays du Golfe engagés dans la guerre, la somme totale serait déjà titanesque : 172 milliards de dollars dépensés par les principaux belligérants, soit environ 13 milliards par jour ! Outre l’impact politique pour Trump, à l’approche des élections de mi-mandat, le coût de cette guerre risque de rapidement devenir insoutenable pour les finances publiques américaines…
Le monde d'après : Les Trump put !
Wall Street fait preuve d’une relative résistance depuis le déclenchement du conflit en Iran, malgré la flambée des prix du pétrole et les craintes de stagflation (voir lexique). Le baril de Brent, brièvement monté vers 120$ avant de revenir autour des 100$, reste sous surveillance alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz demeure fortement perturbé. Pourtant, Wall Street ne recule que légèrement, les investisseurs misant sur une résolution relativement rapide du conflit et sur la capacité de l’économie américaine à absorber le choc énergétique.
Cette résilience s’explique en partie par l’anticipation d’un « Trump put », c’est-à-dire l’idée que le président américain interviendra pour faire remonter les marchés, s’ils venaient à trop corriger. À l’image des précédents soutiens implicites attribués aux banques centrales, cette conviction nourrit une attitude attentiste des investisseurs américains, davantage enclins à se couvrir qu’à vendre massivement. La position des États-Unis comme premier producteur mondial de pétrole, et donc leur moindre dépendance aux importations énergétiques par rapport à l’Europe ou à l’Asie, contribue également à la résistance de Wall Street. Du moins, pour le moment…
Mais cette confiance pourrait s’avérer fragile. Si la fermeture du détroit d’Ormuz devait durer et maintenir le pétrole durablement au-dessus de 100$, la thèse d’un apaisement rapide orchestré par Washington serait remise en cause. Avec, à la clé, une baisse beaucoup plus marquée des actions, au niveau mondial. La frontière entre résilience et complaisance apparaît donc de plus en plus ténue, dans un environnement où les risques géopolitiques pourraient rapidement reprendre le dessus sur les espoirs d’intervention politique. Affaire à suivre !
Demain à la Une : C'est votre argent exceptionnel
Quelle durée pour le conflit ?
Quel impact pour l'économie et l'inflation ?
Faut-il acheter ou vendre la Bourse ?
Quelles actions acheter ou vendre ?
Quel placement privilégier ?
Vous le saurez en écoutant / regardant nos Jedi de l'économie et de la finance de guerre réunis autour de Marc Fiorentino : Lea Dauphas de Tac Economics, Pierre Schang de la Financière de l'Échiquier, Louis de Montalembert de Sunny AM et Patrice Gautry de l'Union Bancaire Privée.
À ne pas manquer !
Sur BFM Business, ce soir à 20h et en replay samedi à 9h, et dimanche à 11h et 21h.
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Le lexique : La stagflation
La stagflation est une situation économique particulièrement problématique dans laquelle l’activité ralentit ou stagne, tandis que l’inflation reste élevée. Autrement dit, l’économie crée moins de richesse et parfois moins d’emplois, alors même que les prix continuent de grimper. C’est une combinaison difficile à gérer, car elle pèse à la fois sur le pouvoir d’achat des ménages et sur la dynamique des entreprises.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.