Lundi 23 mars

4ème semaine de guerre.
Une extrême confusion quant à la situation sur le terrain.
Une forte nervosité des investisseurs.
Un biais négatif sur les actions et très négatif sur les taux d'intérêt.
Bref, une atmosphère anxiogène.
Il est temps de faire le point.

1. LA SITUATION SUR LE TERRAIN

- En Iran, la plupart des cibles prédéfinies avant le début de la guerre ont été atteintes : Israël évoque encore 2 semaines et demie pour "finir le travail".
- Le pouvoir iranien est décapité : la grande majorité de ses dirigeants a été éliminée. Mais aucune opposition n'a encore émergé.
- L'Iran conserve une forte capacité de nuisance et de rétorsion comme on l'a vu ce week-end avec cette campagne de missiles sur Israël, et des attaques sur les pays du Golfe : il y a donc encore des dirigeants capables de prendre des décisions.
- L'Iran conserve le contrôle d'un détroit d'Ormuz bloqué : malgré les déclarations de bonnes intentions de certains pays, personne ne s'est mouillé pour assurer le passage.

2. TRUMP

Confusion aussi sur les déclarations contradictoires de Trump.
- Il a déclaré ce week-end qu'il allait commencer à réduire ses attaques sur l'Iran.
- Il a lancé un ultimatum sur le détroit d'Ormuz, menaçant de frapper les installations énergétiques iraniennes, les Iraniens ont répondu qu'ils riposteraient en visant les installations pétrolières des pays du Golfe et toutes les installations américaines dans la région.
- Il a une pression croissante à l'intérieur, de la part des Démocrates bien sûr, d'une partie des Républicains et de l'électorat américain qui commence à subir la hausse de l'essence et la hausse du pétrole.

3. LES AUTRES PAYS

- Les pays du Golfe sont attaqués mais ne répliquent pas.
- Les pays de l'OTAN et en particulier les pays d'Europe sont sollicités par Trump, notamment pour sécuriser le passage dans le détroit d'Ormuz, mais ils ne bougent pas encore. 22 pays se sont néanmoins déclarés prêts à "contribuer aux efforts appropriés pour sécuriser le passage", pas très convaincante comme déclaration.
- La Russie continue ouvertement à fournir des informations sensibles à l'Iran et bénéficie à la fois de la hausse des cours du pétrole et du fait que moins d'attention soit portée sur l'Ukraine.
- La Chine ne soutient pas ouvertement le régime mais tente d'acheter une partie de la production de l'Iran.

4. SUR LES MARCHÉS

C'est la grande nervosité.
Et un biais extrêmement négatif.
Les investisseurs sont positionnés sur un enlisement, une escalade, et donc des prix du pétrole qui vont rester élevés et provoquer un choc d'inflation durable.
Si les indices boursiers américains résistent finalement assez bien, en Asie la baisse est marquée, en Europe aussi. Le marché qui réagit le plus nerveusement est le marché des taux d'intérêt.
Les taux à long terme se tendent.
Sur les taux à 10 ans :
- Les taux américains viennent de dépasser les 4,40%. Ils étaient sous les 4% avant la guerre.
- Les taux allemands ont dépassé les 3%, soit une hausse de 0,50% depuis le début de la guerre, et les taux français ont dépassé les 3,75%.
Rappelons que les marchés anticipent maintenant 3 hausses des taux en Europe en 2026 alors qu'ils anticipaient un statu quo il y a un mois.

NOS ANTICIPATIONS

Dans ce vacarme assourdissant et dans ce climat anxiogène, ce n'est pas simple de garder un cap.
Et pourtant, nous n'avons pas changé de convictions.
1. Nous pensons que Trump va arrêter la guerre d'ici 3 à 4 semaines. Quelle que soit la situation, il trouvera le moyen de revendiquer la victoire. Et Israël suivra, pas le choix. Trump ne peut pas se permettre de laisser le prix de l'essence et les taux plomber le pouvoir d'achat des électeurs américains avant les midterms.
2. Une partie des objectifs de la guerre sont en passe d'être atteints : la capacité nucléaire a été réduite, la capacité balistique a été réduite, la marine et l'aviation ont été détruites, le pouvoir est décimé. Reste le renversement du régime. Il se fera sur le terrain. Ou pas. Mais ce n'est plus une condition sine qua non pour que la guerre s'arrête.
3. Si la guerre s'arrête dans 3 ou 4 semaines, la hausse des prix n'aura été que temporaire et l'inflation ne sera pas affectée durablement et les taux devraient donc rebaisser.
4. En revanche, même si la guerre s'arrête dans 3 ou 4 semaines, elle va coûter 0,2 à 0,4% de croissance, dans un contexte de croissance qui était déjà molle.
Ce qui nous ferait changer d'avis sur les marchés et sur nos allocations : si la guerre durait plus longtemps que 6 à 8 semaines. Et on vous tiendra évidemment au courant.

À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?

LES MUNICIPALES

Je préfère ne pas commenter.
Les électeurs de ce pays n'en finiront pas de m'étonner.
Comme les instituts de sondage d'ailleurs.

L'OR

Étonnant.
L'or, valeur refuge par excellence.
Et pourtant il baisse de 3% ce matin.
Une baisse de 12% depuis le début de la guerre.
J'ai demandé la raison à mes invités de C'est Votre Argent, ils ont cité trois raisons :
1. Il était à des niveaux records avant la guerre donc peu de place pour une nouvelle hausse.
2. Certaines banques centrales, compte tenu des tensions, notamment dans le transport, ont momentanément stoppé leurs achats d'or.
3. Des investisseurs sous pression et cherchant de la liquidité vendent ce sur quoi ils ont gagné de l'argent, et ils ont gagné de l'argent sur l'or.
C'est assez convaincant.
Pour voir le replay de l'émission : cliquez ici.

20 ANS

Le Figaro célèbre les 20 ans de Twitter.
21 mars 2006.
Créé par Jack Dorsey, Biz Stone, Evan Williams et Noah Glass.
Une révolution.
Twitter racheté pour 44 milliards de dollars en octobre 2022.
50% des 7 500 salariés licenciés.
Puis X racheté par xAI en mars 2025 et l'ensemble absorbé par SpaceX en février 2026.
En attendant, Elon Musk vient d'être condamné pour fraude sur Twitter...

VOTRE ÉPARGNE

Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement
"Investir peut sembler complexe face aux marchés imprévisibles et aux performances variables des secteurs. Pourtant, un principe simple permet de limiter les risques tout en visant une performance attractive : la diversification.
En répartissant vos investissements sur différentes classes d’actifs (actions, obligations, SCPI, fonds en euros, actifs alternatifs), secteurs et zones géographiques, vous limitez les risques et maximisez vos chances de rendement.
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DU CÔTÉ DES MARCHÉS

Par Dorian Abadie, Responsable Bourse, Meilleurtaux Placement.
“Les marchés européens débutent la semaine en forte baisse, avec un CAC 40 en recul de 1,66%, à 7 538 points. L’indice français revient sur un niveau critique, au plus bas depuis un an, et abandonne désormais 12% depuis le début de la guerre. Les investisseurs redoutent une aggravation du conflit en Iran. La tension est montée d’un cran après l’ultimatum lancé par Trump à Téhéran, exigeant la réouverture du détroit d’Ormuz.
Les marchés asiatiques ont également fortement chuté, avec un repli de 3,5% à Tokyo et de 6,5% à Séoul. L’or recule lui aussi et perd désormais 20% depuis le début des frappes. De son côté, le baril évolue autour de 113$ ce matin, à proximité de son récent pic.”

ON S'EN FOUT ?

Dans La Tribune Dimanche, mon édito : Il est urgent d’attendre ; Le titre du jour dans le Figaro : "Les requins aussi se font des amis" avec des "affinités" qui poussent certains, même les plus féroces, à nager en parallèle ; La série "Young Sherlock" sur Amazon Prime, sur la jeunesse de Sherlock Holmes n'est pas un chef-d'œuvre mais elle est détendante, ce qui est appréciable en ce moment ; Le film "Peaky Blinders" sur Netflix : pas du niveau de la série mais plaisant de se replonger dans l'ambiance, le scénario est faible mais on passe un bon moment, la photo et la musique sont toujours aussi excellentes ; Ce soir, nouvel épisode de "Un Prophète" et de "DTF Saint Louis" ; L'autre titre du jour dans le Parisien : "L'intelligence artificielle est-elle en train de devenir consciente ?", bigre... ; Zidane bientôt nommé comme successeur de Didier Deschamps à la tête des Bleus ? ; On va avoir froid jeudi, ressortez un pull ; C'est parti, déjà, pour les présidentielles. Elle va être longue cette campagne, très longue... ; Suivez-moi sur X et Linkedin en cliquant sur les liens.

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