Wall Street se prépare à un événement hors norme.
SpaceX, l’entreprise fondée par Elon Musk, pourrait réaliser en juin la plus importante introduction en Bourse de l’histoire.
La valorisation évoquée donne le vertige : environ 1 750 milliards de dollars.
À ce niveau, on ne parle plus d’une simple IPO.
On parle d’un test grandeur nature pour tout le marché.
Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
SpaceX n’est pas valorisée comme un industriel classique.
Le marché ne regarde pas seulement ses fusées, ses lancements ou ses satellites.
Il valorise une promesse beaucoup plus large : dominer l’accès à l’espace, connecter la planète avec Starlink, vendre des infrastructures critiques et, demain peut-être, devenir un acteur majeur de l’IA, des données et des communications mondiales.
C’est ambitieux, c’est fascinant, mais c’est aussi très exigeant.
Les investisseurs n’attendent pas l’arrivée officielle de SpaceX en Bourse pour se positionner sur le secteur.
Plusieurs valeurs spatiales cotées ont déjà profité de cette euphorie.
Les performances de 2026 peuvent impressionner, ou laisser perplexes, c’est selon.
Quelques noms à suivre : Intuitive Machines (+182%), Eutelsat (+164%), Planet Labs (+160%), AST SpaceMobile (+83%) et Virgin Galactic (+41%).
Le raisonnement est simple : si SpaceX impose une nouvelle grille de valorisation, tout l’écosystème spatial pourrait être réévalué.
C’est un réflexe bien connu des marchés.
Avant l’arrivée en Bourse d’un champion très attendu, les investisseurs achètent les sociétés déjà cotées qui lui ressemblent, même de loin.
L’objectif est de prendre de l’avance.
De capter une partie de l’histoire avant qu’elle ne devienne évidente.
Dans le spatial, cette logique est encore plus puissante, car l’offre cotée est très limitée et les investisseurs cherchent des portes d’entrée.
D’ailleurs, les premiers ETF spatiaux émergent.
Attention toutefois à ne pas confondre enthousiasme et solidité financière.
Le spatial reste un secteur très capitalistique.
Il faut beaucoup investir, longtemps, avec peu de visibilité sur la rentabilité à court terme.
Les promesses sont immenses, mais les risques aussi.
Certaines entreprises du secteur brûlent encore beaucoup de cash.
D’autres dépendent de contrats publics, de levées de fonds irrégulières ou de technologies qui doivent encore faire leurs preuves.
Pour SpaceX, on parle donc d’une valorisation de 1 750, voire 2 000 milliards de dollars. Mais concrètement, le chiffre d’affaires 2025 ne s’est élevé qu’à 18,7 milliards de dollars.
Et le résultat net ? -4,9 milliards…
Son IPO pourrait néanmoins marquer un tournant.
Pendant longtemps, l’espace est resté un thème de niche, réservé aux ingénieurs, aux États et à quelques investisseurs spécialisés.
Aujourd’hui, il arrive dans le radar des grands marchés.
Comme l’IA, les semi-conducteurs ou la cybersécurité, il pourrait devenir un grand thème d’allocation pour les prochaines années.
Pas seulement comme une aventure technologique, mais comme un véritable sujet d’investissement.
On suivra bien sûr le dossier dans le Journal de la Bourse.
La question est donc simple : assiste-t-on au décollage durable de l’économie spatiale, ou à une nouvelle bulle spéculative ?
Probablement un peu des deux.
SpaceX peut ouvrir une nouvelle ère boursière mais à ces niveaux de valorisation, l’exécution devra être parfaite.
Dans l’espace comme en Bourse, le plus difficile n’est pas de décoller.
C’est de rester en orbite.
À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?
Bank of America et Goldman Sachs ont publié de nouvelles prévisions pour le S&P 500.
Les deux banques visent les 8 000 points en fin d’année.
Le principal indice boursier US signerait ainsi une hausse d’environ 17% en 2026.
Il progresse déjà de 10,5% et s’échange au-dessus des 7 500 points.
L'IA et la hausse des bénéfices des entreprises resteraient ses deux principaux moteurs au second semestre.
Mais la progression pourrait marquer une pause cet été : Bank of America anticipe une correction entre juin et septembre.
En attendant, Wall Street enchaîne les records depuis mi-avril, malgré la guerre en Iran et des données économiques mitigées.
Hier, Mistral a réalisé son premier grand événement. Ambiance keynote d’Apple.
Trois ans après son lancement, la start-up française veut devenir le champion européen de l’IA industrielle.
Valorisée 12 milliards (une poussière dans l’univers de l’IA), elle multiplie les partenariats avec de grands groupes comme Airbus, EDF, BMW, Siemens ou Stellantis.
Mistral va créer des outils d’IA sur mesure, directement intégrés aux besoins des industriels.
Elle mise clairement sur la souveraineté, avec ses propres modèles, ses équipes internes et ses data centers en France.
On espère surtout que Mistral va devenir une alternative de plus en plus crédible face aux géants américains.
Pour le moment, l’entreprise joue une carte différente : moins grand public, plus industrielle, plus stratégique.
Affaire à suivre !
Une émission spéciale « le monde d’après la guerre ».
On se projette. Après la guerre en Iran. Pour analyser comment vont évoluer l’économie, l’inflation, les taux d’intérêt et les marchés une fois le conflit achevé par un mauvais accord de paix ou une dernière offensive massive et un mauvais accord de paix.
Quels placements choisir pour « l’après » ?
Où va la Bourse ? Quelles actions acheter ou vendre ?
Avec nos Jedi de l’économie et de la finance réunis autour de Marc Fiorentino : Valentine Ainouz d’Amundi Institute, Stéphanie Maugey de la Financière d’Uzés, Sébastien Lalevée de Montpensier Arbevel et Jean-François Robin de Natixis CIB.
À ne pas manquer !
Sur BFM Business, ce soir à 20h et en replay samedi à 9h, et dimanche à 11h et 21h.
Et en podcasts sur toutes les grandes plateformes.
"Ouverture dans le vert ce matin pour les grands indices européens : +0,6% à Paris, +0,3% à Berlin et +0,4% pour l’Euro Stoxx 50. Surtout, Tokyo a clôturé en hausse de 2,5% cette nuit. Comme lors de presque toutes les hausses récentes, ce sont les espoirs de paix entre Washington et Téhéran qui soutiennent l’appétit pour le risque.
Des espoirs qui éclipsent à Paris les mauvaises nouvelles économiques de ce matin : le PIB français recule de 0,1% au premier trimestre. Et l’inflation accélère légèrement à 2,4% sur un an en mai.
On prend un peu de hauteur. Désormais, le CAC progresse de 1% en 2026. +2,6% pour le DAX allemand et +4,9% pour l’Euro Stoxx 50. Tokyo (+32%) et Wall Street (+10,5% pour le S&P, +15,8% pour le Nasdaq) continuent de léviter."
Dans le registre de ce Morning Zapping spatial : une méga fusée de Blue Origin (Jeff Bezos, Amazon) a explosé au lancement cette nuit. Les images sont impressionnantes ; La déclaration du jour, signée J.D. Vance : Les États-Unis et l’Iran ont fait “beaucoup de progrès” vers un accord. Trump ne l’a toutefois pas encore validé ; Le pétrole baisse de 9% cette semaine et revient sous les 100$ le baril ; Le banquier français Matthieu Pigasse va restructurer la dette du Venezuela. Qui pour restructurer celle de la France ? ; Michelin veut supprimer 1 500 postes en France d’ici trois ans ; L’AMF met en garde contre la forte hausse des arnaques financières, en progression de 27% sur un an, favorisée par l’IA et les réseaux sociaux ; Réveil un peu brusque ce matin en lisant : “Les serpents venimeux se rapprochent des villes et le nombre de morsures devrait augmenter en raison du dérèglement climatique mondial”. Y’a des matins comme ça… ; Moïse Kouamé, nouveau prodige du tennis français. Un nom à suivre ! ; Quand la météo devient tropicale, la playlist doit suivre : Mi Swing es Tropical - Quantic, Nickodemus ; Je vous souhaite un excellent week-end.