Media : la consolidation reprend l'antenne
Les médias ont rappelé cette semaine que dans ce secteur, la valeur se fait et se défait sur le capital plus que sur l'audience. Consolidation relancée, sortie d'actionnaire de référence, diversification hors du cœur de métier, les trois dossiers de la semaine racontent la même histoire. Face à l'érosion structurelle de la télévision linéaire et de la presse, c'est le M&A qui fixe le tempo boursier.
M6: Le serpent de mer redevient un catalyseur. Le titre a bondi de près de 8% lundi après que Le Parisien a fait état d'un nouveau projet de rachat par TF1, qui pourrait inclure le groupe CMA-CGM, quatre ans après l'échec de la première tentative de fusion. Cette fois, le dossier semble plus avancé qu'une simple rumeur. Des réunions discrètes se seraient tenues entre les dirigeants des deux groupes, RTL Group, Rothschild et CMA-CGM, autour d'une valorisation de M6 de l'ordre de 2,5 Mds€, soit environ 20€ par action, presque le double du cours. L'obstacle reste réglementaire. La loi interdit le transfert de la fréquence TNT de M6 avant mai 2028, et TF1 a indiqué qu'un rachat n'était pas d'actualité à court terme.
Vivendi : Dommage collatéral de la sortie d'Ackman. Pershing Square a lancé la cession de l'intégralité de sa participation de 4,7% dans UMG, soit environ 80,6 millions d'actions, via un placement privé représentant bien plus de 1,5 Md$. L'opération intervient une semaine après le rejet par le conseil d'UMG de l'offre de rachat d'Ackman valorisant le groupe environ 56 Mds€, jugée fondamentalement sous-évaluée. La sanction a été immédiate et s'est propagée le long de la chaîne de détention. UMG perdait plus de 6% à Amsterdam, Vivendi cédait 5,1% à Paris et Bolloré reculait de 2,3%, les deux étant actionnaires d'UMG à hauteur de 9,9% et 18,4% respectivement. UMG a partiellement amorti le choc en rachetant environ 14,2 millions de ses propres titres à 17,66€, pour près de 250 M€. Pour Vivendi, dont la thèse repose largement sur la décote de holding, la disparition de la prime spéculative sur UMG retire un soutien à la NAV à court terme.
ReWorld Media : Changement de nom, changement de modèle. Le groupe, rebaptisé Unify Group début juin, a annoncé l'acquisition d'un réseau d'établissements d'enseignement supérieur et de formation professionnelle réalisant près de 90 M€ de chiffre d'affaires annuel, qui vient renforcer Ed'Learn, son pôle dédié aux compétences. Le périmètre est substantiel. Trois écoles de commerce (Ascencia, E2SE, Euclea) totalisant environ 4 000 étudiants et plus de 10 campus, complétées par Comundi, IFOCOP et ELFE Paris sur la formation professionnelle, avec près de 20 000 apprenants accompagnés chaque année. Le message stratégique est clair. La presse thématique ne suffit plus comme moteur de croissance, et le groupe achète des relais hors médias.

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