Les marchés ont tremblé la semaine dernière.
-4,6% sur le Nasdaq, l’indice technologique américain.
Au cœur de la tempête, un mécanisme financier spéculatif.
Conçu pour amplifier les gains, il a multiplié les pertes de nombreux particuliers.
Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
Les ETF à effet de levier cherchent à multiplier la performance quotidienne d’un indice boursier comme le Nasdaq ou le CAC 40.
Un ETF à levier 2 peut donc gagner deux fois plus quand le marché monte.
Mais il peut aussi perdre deux fois plus quand le marché baisse.
Le levier transforme alors une correction classique en chute beaucoup plus douloureuse.
Tout commence en Corée du Sud.
Fin mai, 16 ETF à effet de levier sur des spécialistes de l’IA ont été lancés avec 3 milliards de dollars d'actifs.
En quelques semaines, l’encours a explosé à 9,1 milliards, avec 92% de détenteurs particuliers.
Quand la tendance boursière s'est retournée, la mécanique s'est emballée.
L’indice coréen, le Kospi, a perdu 10% le 23 juin, provoquant de lourdes pertes chez les particuliers coréens : -20%, voire -30% sur certains ETF à effet de levier. En une seule séance !
Beaucoup d’épargnants achètent ces produits parce qu’ils veulent profiter plus vite d’une tendance à la mode.
IA, puces électroniques, SpaceX… Chaque tendance de marché donne naissance à une multitude de produits financiers censés permettre de gagner plus.
Mais ces ETF ne sont pas des placements classiques. Ils sont conçus pour suivre une performance quotidienne.
Sur plusieurs jours ou plusieurs semaines, leur évolution peut devenir très différente de celle de l’indice suivi, surtout quand les marchés bougent fortement.
Et bien souvent, les particuliers sont en première ligne.
Quand la Bourse monte, ces produits spéculatifs donnent l’impression que la hausse est “facile”.
Quand la Bourse baisse, ils perdent de la valeur et sont obligés de vendre des actifs en fin de séance pour rééquilibrer leur exposition.
Cette vente forcée alimente la baisse, qui force de nouvelles ventes, qui alimentent encore la chute. Bref ! Un véritable cercle vicieux.
Dans le cas de la bulle de l’IA, les investisseurs ont simplement réduit leur exposition à un marché devenu très concentré sur quelques grandes histoires. Et les ETF à effet de levier ont amplifié la baisse.
En soi, ils ne sont pas mauvais par nature. Ils n'ont pas provoqué cette baisse mais l'ont aggravée.
Ils peuvent être très utiles à des investisseurs expérimentés, sur des horizons courts et avec une stratégie précise.
Mais pour un épargnant de long terme, ils sont potentiellement dangereux. Ils donnent en effet l’illusion d’être simples, alors qu’ils fonctionnent comme des outils de trading.
La baisse des valeurs technologiques rappelle donc une règle d’or : quand l’effet de levier promet d’amplifier les gains, il amplifie aussi les pertes.
Et sur des marchés déjà très nerveux, l’effet boomerang peut être brutal…
À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?
Bilan sur l'économie, la finance et les marchés du premier semestre et les perspectives pour le deuxième semestre avec nos Jedi de l'économie et de la finance réunis autour de Marc Fiorentino : Valentine Ainouz d'Amundi Institute, Pascale Seivy de Lombard Odier, Romain Burnand de Moneta AM et Denis Ferrand de Rexecode.
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Le Parlement a approuvé la semaine dernière une hausse de 36 milliards d'euros du budget militaire sur cinq ans.
La nouvelle enveloppe permettra d'acheter des munitions, des drones et des avions de combat, mais aussi de recruter près de 10 000 soldats supplémentaires.
Le budget annuel des armées devrait ainsi passer de 50 à 76 milliards d'euros entre 2025 et 2030.
L’objectif est bien sûr de répondre à la montée des tensions géopolitiques, notamment face à la Russie.
Un effort massif et nécessaire donc, dans un contexte budgétaire extrêmement tendu pour les finances du pays…
Autre guerre, cette fois commerciale.
Trump menace à nouveau les pays européens d’une taxe de 100% sur leurs exportations vers les États-Unis s’ils appliquent des taxes sur les services numériques.
La France est particulièrement visée avec sa taxe GAFAM de 3% sur les revenus des géants comme Amazon, Meta ou Google.
Le coup de pression de Trump intervient malgré le récent accord commercial validé entre l’Union européenne et les États-Unis.
Mais ce n’est pas tout. Trump veut aussi s'attaquer aux régulations européennes sur la tech et l'environnement, qu'il juge défavorables aux exportations américaines.
Sans surprise, la guerre commerciale est loin d’être finie.
Par Sélina Seremet, Analyste Bourse, Meilleurtaux Placement.
"Le marché aborde la semaine avec un peu moins de nervosité. La suspension annoncée des attaques entre les États-Unis et l’Iran apaise temporairement le front géopolitique, même si les derniers épisodes ont rappelé la fragilité du cessez-le-feu. À Paris, le CAC 40 recule légèrement autour de 8 369 points, dans une séance prudente avant une semaine chargée. Les investisseurs auront les yeux tournés vers Sintra au Portugal, où la BCE réunit les principaux banquiers centraux mondiaux et reçoit Kevin Warsh pour sa première sortie internationale comme patron de la Fed. Jeudi, le rapport américain sur l’emploi de juin donnera un nouvel éclairage sur l’inflation, les salaires et la trajectoire des taux. Après six mois très agités, les marchés cherchent surtout à savoir si la détente géopolitique et le reflux du pétrole suffiront à desserrer l’étau monétaire."
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