C’est le retour du risque géopolitique sur les marchés.
Des marchés qui avaient rangé un peu trop vite le dossier iranien dans le tiroir des crises sous contrôle.
Trump vient de le rouvrir brutalement.
Au-delà du drame humain, les investisseurs semblent blasés.
Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
Au sommet de l’OTAN à Ankara, Trump a déclaré que le cessez-le-feu provisoire avec Téhéran était terminé, après une nouvelle série de frappes américaines en Iran. Et de représailles iraniennes.
Une nouvelle rupture donc. Encore une.
Pour le moment, les marchés ne paniquent pas, ils ont désormais l’habitude de ces volte-face.
Réaction immédiate mais en demi-teinte sur les marchés.
-2,2% hier sur le CAC 40, +0,8% ce matin.
Comme toujours lors des pics de stress liés à l’Iran, la réaction est plus contenue à Wall Street : -0,3% hier soir sur le S&P 500, +0,2% sur le Nasdaq. Les valeurs technologiques ont une nouvelle fois servi d’amortisseur.
Et même +1,4% au Japon et +0,6% en Corée du Sud cette nuit, deux pays pourtant très dépendants de leurs importations énergétiques.
Le pétrole.
Les marchés ne raisonnent pas seulement en termes militaires, mais en termes d’inflation, de croissance et de pouvoir d’achat.
Avec le désormais habituel risque de blocage d’Ormuz par les Iraniens, et de blocus maritime par les Américains, le Brent a bondi de 8% en deux jours, à 78$ le baril de Brent.
Mais là aussi, les investisseurs semblent lassés, en attendant de nouvelles promesses d’accord historique par Trump, d’une victoire écrasante et de négociations qui se déroulent merveilleusement bien.
On connaît la chanson, les superlatifs seront de retour dans quelques jours.
Pour l’instant, les marchés ne parient pas sur un nouvel embrasement généralisé.
Le repli des actions reste donc contenu par rapport aux récents épisodes de stress.
Mais les investisseurs vont à nouveau surveiller trois éléments : une énième fermeture du détroit d’Ormuz, des frappes touchant directement les infrastructures énergétiques iraniennes, et une réponse régionale plus large.
Sans ces déclencheurs, la nervosité peut rester forte mais maîtrisée.
Bref ! Les marchés peuvent très vite oublier, puis reconsidérer, le risque géopolitique.
Pour les épargnants, l’enjeu n’est pas de réagir à chaque déclaration ou volte-face de Trump, mais de comprendre la chaîne de transmission : tensions au Moyen-Orient, pétrole en hausse, prix plus élevés, rebond des taux, valorisations boursières sous pression.
Dans les prochains jours, le vrai sujet ne sera pas le bruit des bottes pour les marchés.
Ce sera, une fois de plus, le prix du baril.
À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?
Trump s’en prend à l’Espagne, qu’il qualifie de “partenaire terrible”.
Cette fois, il menace de couper tout commerce avec Madrid en raison de ses dépenses de défense insuffisantes.
La menace inquiète les exportateurs espagnols, 17 milliards d’euros de ventes vers les États-Unis sont en jeu.
Une véritable rupture serait toutefois très difficile à appliquer, car le commerce relève de l’Union européenne, et pourrait surtout pénaliser Washington dont les exportations vers l’Espagne atteignent 30 milliards d’euros par an.
Le gouvernement reconnaît que l’objectif de ramener le déficit public à 5% du PIB en 2026 devient de plus en plus incertain.
Ça alors ! Qui aurait pu prédire ?
Clairement, l’absence de courage ne facilite pas la tâche...
La croissance attendue a été abaissée à 0,7%, contre 0,9% auparavant, réduisant les rentrées fiscales.
Pour limiter la casse, l’exécutif annonce 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires d’ici septembre, sans préciser encore les coupes prévues. Totalement insuffisant.
Ces mesures doivent compenser la hausse des dépenses liée à la guerre en Iran, à la dette, aux dépenses militaires et aux aides face à la crise énergétique, pour un surcoût total estimé à 9 milliards d’euros depuis le début de l’année.
… en dette, pour financer ses investissements massifs dans l’IA.
L’opération a suscité une forte demande, jusqu’à 62 milliards de dollars.
Elle illustre surtout un changement important chez les géants technologiques : au lieu de financer leurs projets avec leur trésorerie, Amazon, Alphabet, Microsoft et Meta se tournent de plus en plus vers les marchés pour absorber le coût colossal des infrastructures d’IA.
Les titans américains devraient y consacrer plus de 700 milliards de dollars cette année.
La course à l’IA entre ainsi dans une phase beaucoup plus coûteuse et plus dépendante des investisseurs.
Pas sûr que les marchés apprécient longtemps.
Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement.
"Pour bien investir, l’un des meilleurs atouts est l'âge auquel on commence. Grâce aux intérêts composés, 100 € épargnés dès 25 ans avec un rendement moyen de 4 % peuvent générer environ 68 000 € à 55 ans. Commencer dix ans plus tard, c'est en perdre plus de 32 000 à effort identique.
La première étape reste la même pour tous : constituer une épargne de précaution, l'équivalent de trois à six mois de dépenses, sur un Livret A ou un LEP. Une fois ce matelas de sécurité en place, parmi les enveloppes à privilégier : le PEA et l'assurance vie. L'une pour investir en ETF avec une fiscalité avantageuse après cinq ans, l'autre pour diversifier et prendre date au plus tôt. Car c'est la date d'ouverture, pas le montant versé, qui fait courir le délai fiscal."
>> Je découvre les solutions d'investissements
"Après sa chute de 2,2% hier, la plus forte depuis mars, le CAC 40 rebondit de 0,8% ce matin, à 8 318 points. Avec la reprise des hostilités, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est quasiment à l’arrêt. Dans ce contexte, le Brent a brièvement dépassé les 80$ le baril hier, avant de refluer vers 78$ ces dernières heures. En attendant le début de la saison de publication des résultats des grands groupes pour le deuxième trimestre, les investisseurs devraient garder les yeux rivés sur l’Iran. Mais les réactions restent limitées, pour le moment.
Le secteur technologique permet de limiter la casse aux États-Unis comme en Europe. En tête du CAC 40, STMicroelectronics signe un rebond de 4,1% ce matin, tandis que Soitec gagne 6,9% au sein du SBF 120. On continuera de décrypter ce regain de tension dans le Journal de la Bourse. Inscrivez-vous ici."
On pense aux victimes des incendies dans les Pyrénées-Orientales ; La première ministre danoise a rappelé hier à Trump que le Groenland n’était pas à vendre ; Test militaire : la Chine a tiré un missile balistique intercontinental dans le Pacifique ; Mondial : premier véritable crash-test pour les Bleus ce soir, face au Maroc ; Après les États-Unis, la Chine s’apprête à durcir l’accès à ses meilleurs modèles d’IA aux étrangers. L’Europe est à la ramasse ; L’IA se rapproche de la conversation humaine : OpenAI lance GPT-Live, un modèle vocal capable d’écouter et de parler en même temps ; La Russie interdit ses exportations de diesel jusqu’au 31 juillet après des frappes ukrainiennes contre ses raffineries ; Nigel Farage démissionne de son siège de député pour provoquer une législative partielle. Il pourrait se retrouver seul, face au candidat satirique Count Binface, déguisé… en poubelle ; Le reboot de La Petite Maison dans la prairie arrive sur Netflix. Je passe mon tour ; Les Francofolies de La Rochelle reviennent du 10 au 14 juillet.