L’intelligence artificielle devait accélérer la renaissance d’IBM.
Mais elle a provoqué hier sa pire séance boursière : -25%, soit 70 milliards de dollars de capitalisation partis en fumée.
C’est plus que lors du krach d’octobre 1987 pour cette valeur technologique longtemps considérée comme l’une des plus stables de Wall Street.
Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
IBM a publié par surprise des résultats préliminaires, huit jours avant la présentation complète de ses comptes.
Son chiffre d’affaires du deuxième trimestre devrait atteindre 17,2 milliards de dollars, en hausse de seulement 1%, contre près de 17,9 milliards attendus par le marché.
L’écart paraît limité : moins de 4% sur les ventes.
Mais Wall Street a sanctionné les prévisions et la capacité de la direction à tenir ses promesses.
Face aux pénuries et aux hausses de prix attendues dans les puces, les clients d’IBM ont privilégié l’achat de serveurs, de capacités de stockage et de mémoire informatique.
Plusieurs grands contrats de logiciels n’ont donc pas été signés dans les délais prévus.
Résultat, les ventes d’infrastructures reculent de 7%, l’activité de conseil stagne et les logiciels progressent de 5%, un rythme insuffisant pour satisfaire un marché habitué à des ambitions beaucoup plus élevées.
Cette déconvenue révèle un effet rarement évoqué de la ruée vers l’intelligence artificielle.
Les milliards investis dans les puces, les centres de données, l’électricité et la cybersécurité ne sont pas nécessairement des dépenses supplémentaires.
Ils peuvent être prélevés sur les budgets consacrés aux logiciels traditionnels et au conseil informatique.
L’IA enrichit ainsi certains fournisseurs d’infrastructures tout en fragilisant des entreprises censées profiter de la même révolution.
IBM n’est pas victime d’un manque d’intérêt pour la technologie mais d’une bataille de priorités budgétaires qu’il avait anticipée, mais largement sous-estimée.
La sanction a rapidement dépassé IBM.
Salesforce, Microsoft, ServiceNow, Intuit et plusieurs autres valeurs du logiciel ont reculé pendant la séance.
Les investisseurs redoutent désormais que la mésaventure d’IBM ne soit pas un incident isolé, mais le premier signal d’un transfert durable des dépenses consacrées aux logiciels vers le matériel et la sécurité informatique.
Le rendez-vous décisif est fixé au 22 juillet, lors de la publication complète des résultats.
Le marché cherchera surtout à savoir si les contrats manqués ont simplement été reportés ou définitivement perdus, et si IBM maintient ses objectifs annuels.
En tout cas, l’alerte dépasse largement le seul cas du groupe américain. Dans la course à l’IA, afficher de grandes ambitions ne suffit plus.
Les investisseurs veulent désormais savoir qui capte réellement les dépenses, qui protège ses marges et qui transforme ses investissements en revenus.
À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?
La reprise des frappes entre les États-Unis et l’Iran fait bondir le baril de 11% cette semaine. Sans grande surprise.
Le Brent a dépassé 86$ hier avant de revenir autour de 84$.
Les marchés craignent surtout de nouvelles perturbations dans le détroit d’Ormuz, où transitait environ 20% de l’or noir mondial avant la guerre.
D’un côté, les stocks mondiaux sont assez faibles en ce moment, ce qui pourrait amplifier toute nouvelle difficulté d’approvisionnement. De l’autre, la production mondiale reste très élevée.
Pour le moment, on est encore loin du pic de 113$ atteint au plus fort de la guerre.
Les grandes banques américaines ont publié des résultats record, portés par la volatilité des marchés, l’introduction en Bourse de SpaceX et les fusions-acquisitions d’entreprises.
JPMorgan a gagné 21,2 milliards de dollars au deuxième trimestre, en hausse de 41%, tandis que Goldman Sachs a vu son bénéfice bondir de près de 80%, à 6,6 milliards.
Bank of America, Wells Fargo et Citi signent également de très bons résultats.
Mais l’inflation, les tensions géopolitiques, les déficits publics et le niveau très élevé des actions constituent les principaux risques pour les valeurs bancaires dans les mois à venir.
Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement.
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"Le bitcoin change de visage : ce que révèle le recul des nouveaux investisseurs. Après avoir attiré des milliers de particuliers lors de sa flambée de 2025, le bitcoin recrute moins de nouveaux investisseurs. Un ralentissement qui ne traduit pas forcément un désamour. Derrière cette accalmie, les plateformes spécialisées voient surtout un marché qui se transforme : les spéculateurs laissent progressivement la place à des investisseurs de long terme."
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"Les places européennes ouvrent dans le rouge ce matin. Le CAC 40 cède 0,48% pour le moment, à 8 327 points. La prudence reste de mise, en ce début de saison de publications des résultats du deuxième trimestre. Elle commence toutefois sous de bons auspices, grâce aux banques américaines. Le fabricant néerlandais de machines pour puces ASML a relevé ses prévisions annuelles et le groupe de luxe Richemont a également dépassé les attentes du marché. Dans son sillage, Kering (+2,3%), LVMH (+2,1%) et Hermès (+1,9%) forment le podium matinal à Paris. Carrefour (-2%) ferme la marche. En parallèle, les investisseurs limitent les prises de risque face à la poursuite des hostilités entre les États-Unis et l’Iran. Washington a notamment rétabli hier son blocus maritime des ports iraniens."
Fin du rêve américain pour les Bleus, battus 2-0 par l’Espagne en demi-finale du Mondial. Ils joueront la petite finale samedi ; Toujours pénalisée par la crise immobilière, la croissance chinoise ralentit à 4,3% au deuxième trimestre, au plus bas depuis fin 2022 ; À l’inverse, la Corée du Sud relève sa prévision de croissance 2026 de 2% à 3%, son meilleur rythme depuis cinq ans grâce à l’explosion de la demande de puces ; Premier essai concluant pour un taxi volant aux États-Unis. Les “eVTOL” ressemblent plus à des hélicoptères qu’aux taxis du Cinquième Élément ; La France sanctionne neuf ressortissants et quatre entités russes accusés de cyberattaques et d’espionnage ; L’incendie de Fontainebleau a déjà brûlé plus de 2 000 hectares, pour un total de 32 000 hectares ravagés cette année dans le pays, davantage que sur l’ensemble de 2025 ; New York devient le premier État américain à suspendre pendant un an les nouveaux mégacentres de données en raison de leur consommation en électricité et en eau.
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