La Bourse avait des horaires. Les “perps” veulent les faire sauter.
Ces contrats financiers venus de la crypto permettent d'investir sur le bitcoin, mais aussi le S&P 500, le pétrole ou certaines actions.
24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
La finance crypto commence à imposer ses codes aux marchés traditionnels.
Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
Le principe est simple… et redoutablement spéculatif.
Un “perp”, contraction de “perpetual future”, permet de parier sur la hausse ou la baisse d’un actif sans le posséder et sans date d’expiration.
Surtout, certaines plateformes proposent un effet de levier pouvant atteindre 100.
Avec 100 euros, l’exposition peut donc théoriquement grimper jusqu’à 10 000 euros.
Les gains, comme les pertes, sont amplifiés.
Le phénomène prend clairement de l’ampleur.
Sur Binance, les échanges quotidiens moyens sur ces contrats liés aux actions sont passés de 85 millions de dollars en février à 5,5 milliards en juillet.
Sur Hyperliquid, les perps sur actifs traditionnels ont représenté 25,1 milliards de dollars d’échanges en une seule semaine de juillet, soit plus de la moitié de l’activité de la plateforme.
Actions, indices, matières premières et même sociétés avant leur introduction en Bourse deviennent désormais accessibles à la spéculation permanente.
C’est pendant les fermetures des marchés traditionnels que l’intérêt apparaît le plus clairement.
Au début du conflit avec l’Iran, les marchés à terme du pétrole étaient fermés pour le week-end. Mais les perps ont continué de s’échanger.
Même les investisseurs institutionnels qui n’utilisent pas ces produits commencent à surveiller leurs prix.
Car quand Wall Street dort, quelqu’un continue de négocier.
Cette liberté supplémentaire a un prix.
Avec peu de liquidité et beaucoup de levier, une variation brutale peut déclencher des liquidations automatiques en cascade.
Fin juillet, une seule transaction sur SK Hynix, réalisée à une heure où les échanges étaient très faibles, a fait chuter de plus de 16% le prix retenu pour un perp lié au géant sud-coréen des semi-conducteurs.
Un marché ouvert en permanence offre davantage d’occasions de négocier, mais aussi davantage d’occasions de perdre. Et de perdre très vite.
Pour l’instant, les perps sur actions représentent moins de 1% des volumes échangés sur les titres concernés.
Pourtant, les acteurs institutionnels ne les regardent déjà plus comme une curiosité crypto.
Les opérateurs historiques lancent leurs propres produits, nouent des partenariats et contestent certaines autorisations devant les tribunaux.
La bataille dépasse donc largement les perps et porte sur l’évolution des marchés financiers.
Si les investisseurs peuvent tout négocier, partout et à toute heure, la cloche de Wall Street pourrait devenir un vestige du passé.
Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement
"Ce premier semestre 2026 a rebattu les cartes de l'épargne sécurisée. Tensions au Moyen-Orient, flambée des prix de l'énergie, retour de l'inflation, et une BCE qui relève ses taux pour la première fois depuis 2023 : dans ce contexte, les placements à capital garanti retrouvent de l'attractivité. Le Livret A est remonté certes à 1,7 % au 1er août, mais son rendement réel reste négatif une fois l'inflation déduite. Au-delà de la réserve de précaution, le fonds en euros de l'assurance-vie s'impose comme la solution la plus pertinente : capital garanti, épargne disponible à tout moment, et des offres boostées pouvant atteindre 5 % net de frais de gestion en 2026 et 2027 sous conditions."
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