Je me suis souvent posé la même question : jusqu'à quand la France pourra-t-elle continuer à dépenser sans compter en toute impunité ?
J'avais même fini par me convaincre que nous bénéficierions toujours du statut de passager clandestin de la zone euro et de l'Allemagne.
Mais la hausse des taux a changé la donne.
Et nous sommes au pied du mur.
Certes, les taux remontent partout.
À commencer par les États-Unis où ils ont pulvérisé le seuil des 5% sur les emprunts d'État à 10 ans.
Mais les taux français remontent plus rapidement que les autres.
On le mesure par la différence de taux entre nos emprunts d'État et les emprunts d'État allemands à 10 ans.
Par le "Spread".
n'en finit pas de progresser.
Il a passé la barre symbolique des 1%.
Et se situe même ce matin au-dessus des 1,10%.
C'est un signe de défiance majeure des investisseurs.
Ils n'ont pas confiance en la France.
Ils n'ont pas confiance en notre capacité à réduire notre déficit.
Surtout s'ils lisent les programmes des principaux candidats à la présidentielle.
Cela fait des années que nous faisons n'importe quoi.
Vraiment n'importe quoi.
Après le Covid, alors que les effets du Covid avaient disparu depuis longtemps, les gouvernements successifs ont multiplié les aides et les plans de relance.
Nous sommes devenus les champions du quoi qu'il en coûte.
En étant persuadés qu'il ne nous en coûterait rien.
Il s'est produit un évènement qui a mis le feu aux poudres des taux.
La guerre en Iran.
Attention, la guerre en Iran n'est pas la cause de nos problèmes comme essaie de le faire croire notre président.
Non. La guerre en Iran est le révélateur de nos problèmes structurels.
Et le déclencheur d'une hausse des taux longs que personne, moi inclus, n'a vu venir.
Nous sommes au pied du mur.
Ce n'est pas la bise qui est venue, c'est une tempête.
Un sale temps pour les cigales.
Nous sommes au pied du mur mais personne ne réagit.
Nos irresponsables politiques veulent censurer tout projet de budget.
Et nos candidats veulent distribuer encore plus d'argent que nous n'avons pas.
Bref, c'est la crise.
Financière.
Et économique.
À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?
Les investissements aux États-Unis atteignent des montants historiques.
Tenez-vous bien, selon le WSJ, ils dépassent les investissements qui ont été faits dans les canaux, les chemins de fer et dans les réseaux électriques COMBINÉS !!!
Les chiffres sont dingues : 10 300 milliards de $ prévus entre 2025 et 2032.
Soit 3,6% de PIB par an en moyenne !
Jamais l'économie n'a dépendu d'un secteur comme elle dépend aujourd'hui de l'IA.
Rien que pour Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle, on parle d'investissements de 4 200 milliards en 4 ans.
Qu'il va falloir financer.
Nous vivons, encore, une page de l'histoire économique.
La trêve commerciale entre la Chine et les États-Unis a été prolongée de deux mois alors que Xi Jinping a été accueilli hier à son arrivée aux États-Unis par Donald Trump.
Une trêve prolongée jusqu'au 10 janvier.
Trump va dire que Xi est un "great guy", qu'ils s'entendent très bien, qu'ils ont signé des accords historiques.
Et dans quelques semaines, il va menacer la Chine de droits de douane de 100%...
Same old story.
Par Dorian Abadie, Responsable Bourse Meilleurtaux Placement.
"Ouverture dans le rouge en Europe avant le sommet Trump-Xi. Le CAC 40 cède 0,28% dans les premiers échanges. La prolongation de deux mois de la trêve commerciale entre Washington et Pékin apporte un peu de répit, mais les sujets de friction restent nombreux : IA, semi-conducteurs, terres rares, Taïwan... Les investisseurs attendent désormais du concret.
Autre pression sur les marchés : les taux. Le rendement américain à 10 ans dépasse 5,10%, au plus haut depuis 20 ans, après une série de solides indicateurs économiques. Le pétrole reste également sous tension, avec un Brent autour de 103$ le baril.
À Paris, le podium matinal est signé par Carrefour (+0,6%), Publicis (+0,5%) et Michelin (+0,4%)."
Le titre du jour dans le WSJ : l'Iran a une arme secrète dans sa guerre contre les États-Unis : l'aide de la Chine ou comment la Chine fournit des composants pour les missiles et les drones ; On connaît déjà le nom du successeur de Merz : Hendrik Wüst, le dirigeant du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (FT) ; Washington a encore laissé tomber un allié : il ne soutient pas l'Arabie saoudite face aux Houthis ; McDonald's mise tout sur le poulet pour contrer le ralentissement de ses ventes ; L'autre titre du jour en une des Échos : "Diesel : l'Europe menacée de pénurie" ; "Pour boucler les fins de mois, des foyers sont contraints de vendre bijoux ou pièces de valeur" (Le Parisien) ; Il paraît que le Covid revient, il ne manquait plus que ça ; La couverture du jour dans Challenges : "Business, réseaux, éducation : le renouveau catho" ; Suivez-moi sur X et Linkedin en cliquant sur les liens.