Un krach sur les actions, on connaît.
On a l'habitude.
C'est visible.
Une baisse des indices boursiers de 15 à 20% ça fait même la une des JT.
Mais un krach sur les taux, c'est moins visible, cela fait moins l'actualité et pourtant c'est tout aussi, voire plus important.
Et nous sommes en plein krach sur les taux, en particulier en France, avec des taux au plus haut depuis 2002.
Il n'y a pas d'autre mot pour décrire ce qui se passe sur le marché des taux.
Des taux à long terme.
Des taux qui ne sont pas fixés, contrairement aux taux courts, par les banques centrales, mais par les marchés.
Des taux d'équilibre entre les prêteurs et les emprunteurs.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : une hausse de plus de 110 points de base sur le taux à 10 ans français au troisième trimestre. Du jamais-vu en un trimestre depuis... 1987.
Et rien qu'en septembre : plus de 0,60%, soit la pire hausse mensuelle depuis fin 2022.
Avec des pertes bien réelles : une OAT à 10 ans achetée en janvier a perdu environ 10% de sa valeur.
veulent un rendement de plus en plus élevé.
Sur tous les emprunts d'État.
Et en particulier sur les emprunts d'État américains et français.
Les taux s'envolent à une vitesse étonnante.
Et hier, on a connu une accélération majeure.
sont les taux d'emprunt à 10 ans.
Aux États-Unis, il atteint 5,25%.
En Allemagne : 3,52%.
Et en France, nous voilà autour des 5%, 4,95% exactement ce matin, alors que nous étions à peine au-dessus des 3% en début d'année. Et que nous empruntions à taux négatifs entre 2019 et 2021 !
Aucun doute donc, c'est un krach.
Parce que des pays comme les États-Unis et la France ont des déficits massifs.
Et qu'ils ont donc besoin d'emprunter de plus en plus.
La France va devoir emprunter un montant record l'année prochaine. 340 milliards...
Et la charge d'intérêts va exploser, elle dépasse déjà le budget de l'éducation.
Parce que des taux d'intérêt élevés plombent la croissance.
Ils plombent le pouvoir d'achat des ménages, et donc la consommation.
Ils plombent l'investissement des entreprises.
Et la capacité de l'État à investir ou soutenir l'économie.
Il y a des facteurs exogènes et internationaux : pétrole bien sûr, confiance dans la dette américaine, perspectives d'inflation.
Et des facteurs propres à la France : le budget 2027, et surtout les programmes des partis pour la présidentielle.
Le titre du Wall Street Journal : la France est le "Ground Zero" de la crise des taux.
Bref, on n'est pas encore sortis de l'auberge.
MAIS, j'ai bon espoir sur la durée, à moyen terme... car malheureusement la hausse des taux flingue la croissance et sans croissance, les taux baissent.
Pour ne pas ruminer seul tout le week-end, je vous ai fait une vidéo pour vous dire tout le bien que je pense de la situation actuelle...
>> Je découvre la vidéo
À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?
Lecornu a présenté son projet de budget 2027.
L'"effort" sera de 43 milliards d'euros au lieu des 54 initialement annoncés.
Pour essayer, je dis bien essayer, de rester autour des 5% de déficit.
Mais même avec 43 milliards d'euros, nous ne serons pas à 5% de déficit car les prévisions de croissance sont trop optimistes et la croissance va être plombée par la hausse des taux.
Ce qui m'étonne, c'est qu'il y ait "débat" sur ce budget : nous sommes au bord du gouffre mais on "débat".
Et certains (ir)responsables politiques évoquent la censure sans se poser la moindre question.
On n'a plus le luxe de se demander si ce budget est bon ou mauvais.
Le navire coule, il faut écoper.
Trump a abandonné l'idée de faire baisser le cours du pétrole et les taux avant les midterms.
Il s'est rendu compte qu'il n'y arriverait pas.
Il se fait même à l'idée que les midterms puissent être une déroute pour les républicains, il dira que ce sont les républicains qui ont été sanctionnés, pas lui.
Mais il semble se diriger vers une offensive massive contre l'Iran après les élections.
De nombreux navires de guerre ont rejoint la région et notamment le porte-avions USS Theodore Roosevelt.
Il a déclaré qu'il était "possible" qu'il frappe à nouveau l'Iran.
Mais les États de la région tentent toujours de relancer les négociations.
À suivre donc.
De très près.
Spéciale crise des taux d'intérêt.
Pourquoi ? Comment ? Jusqu'où ?
Quelles solutions ?
Que va faire la Bourse ?
Quels placements privilégier ?
Quelles actions acheter... ou vendre ?
Avec nos Jedi de l'économie et de la finance : Isabelle Job-Bazille de Crédit Agricole SA, Céline Piquemal-Prade de Piquemal Houghton Investments, Jean-François Robin de Natixis CIB et Pierre Schang de la Financière de l'Échiquier.
À ne pas manquer !
Sur BFM Business, ce soir à 20h et en replay samedi à 9h, et dimanche à 11h et 21h.
Et en podcasts sur toutes les grandes plateformes.
Par Dorian Abadie, Responsable Bourse Meilleurtaux Placement.
"Léger rebond ce matin en Europe. Le CAC 40 reprend 0,5% à 7 875 points, mais le bilan reste lourd : -2,5% sur la semaine et désormais -3,4% en 2026. Les marchés ne sanctionnent pas seulement la France sur ses taux, mais aussi sur ses actions. Stellantis (+4,2%), Danone (+3%) et Legrand (+2,9%) forment le podium matinal, tandis que Sanofi (-4,4%) ferme la marche.
Cet après-midi, tous les regards se tourneront vers le rapport mensuel sur l’emploi américain. Les économistes attendent 90 000 créations d’emplois en septembre, contre 162 000 en août, avec un chômage stable à 4,1%. Un marché du travail trop solide pourrait raviver les craintes de nouvelles hausses de taux. À l’inverse, un chiffre plus faible pourrait détendre les rendements obligataires et redonner de l’air aux actions.À suivre dans le Journal de la Bourse ce soir."
Zéro: l'Iran n'a pas pu charger de pétrole dans un seul tanker en septembre ; Et les tankers iraniens qui sont vides en mer ne peuvent pas retourner en Iran, ils errent selon Bloomberg avec des réserves de nourriture et d'essence au plus bas ; Gérard Larcher réélu pour la sixième fois à la tête du Sénat ; Violences dans les lycées, no comment ; Amusant, dans Les Échos : "Léon XIV et Elon Musk, les deux figures du siècle" ; Silence d'Emmanuel Macron sur la crise financière, sur la violence dans les lycées, ambiance de chaos de fin de règne ; 400 lycées fermés aujourd'hui faute de pouvoir assurer la sécurité, no comment ; Rien ne va plus pour Nike qui annonce des licenciements et un chiffre d'affaires en baisse pour l'année prochaine, coup de pompe (oui je sais, c'est facile) ; Le titre du jour dans Le Parisien : "Cristiano (Ronaldo) brise le cœur des Portugais" ; Je vous souhaite quand même un excellent week-end ; Suivez-moi sur X et LinkedIn en cliquant sur les liens.