Le CAC 40 retrouve des couleurs ce mercredi ! L’indice parisien progresse de 1,06% à 7 922 points, porté par une nouvelle salve de résultats d’entreprises. EssilorLuxottica s’envole de 15,48%, après avoir dévoilé une activité supérieure aux attentes au troisième trimestre. Mais toutes les publications ne sont pas aussi bien accueillies ! Carrefour plonge de 13,80% après avoir abaissé ses objectifs annuels, pénalisé notamment par les violences survenues en France ce week-end. Michelin recule également de 7,16%, après des ventes et des volumes décevants.
Et les inquiétudes sur la dette française restent bien présentes. Le rendement de l’emprunt français à dix ans a atteint 5% ce mercredi, une première depuis 2002. L’écart avec son équivalent allemand grimpe autour de 157 points de base, signe d’une défiance persistante envers les finances publiques françaises.
À Wall Street, les publications donnent également le ton. SpaceX rassure avec son premier bénéfice trimestriel depuis son introduction en Bourse, tandis que Netflix recule de 4,91% après des perspectives décevantes. Le Nasdaq gagne 1,2% et le S&P 500 avance de 0,50%, avant les résultats très attendus de Meta et Tesla ce soir.
Dans la suite de cette édition, nous revenons également sur le cap symbolique des 5% franchi par la dette française à dix ans. Bonne lecture à tous !
EURO STOXX 50
6 205 pts
+1,35%
DAX
25 647 pts
+1,35%
NASDAQ
26 717 pts
+1,21%
OAT 10 ANS
5,013%
+0,38%
NIKKEI
64 621 pts
+0,85%
BITCOIN
84 504 $
+1,85%
LES VALEURS
ESSILORLUXOTTICA
Un rebond spectaculaire. Le géant franco-italien de l'optique s'envole de 15,48% à 173,80€ et prend la tête du CAC 40, après une publication trimestrielle supérieure aux attentes. Son chiffre d'affaires atteint 7,49 milliards d'euros, en hausse de 7,2%, contre 6,1% attendu par les bureaux d’analyse. Les activités historiques, qui représentent l'essentiel des ventes, progressent de plus de 6%, tandis que les lunettes connectées et autres produits portables affichent une croissance supérieure à 20%. De quoi rassurer sur la solidité du groupe.
Cette publication intervient après plusieurs mois de dégringolade boursière, sur fond d'inquiétudes autour de la concurrence d'Apple et Google dans les lunettes connectées. Malgré le succès des Ray-Ban Meta, les investisseurs redoutent une perte de leadership face aux géants technologiques. La vigueur des activités traditionnelles et les perspectives des lunettes intelligentes apportent un peu de répit au titre. Malgré son rebond de ce mercredi, l'action accuse encore une chute de 35% depuis le début de l'année.
CARREFOUR
Séance noire pour Carrefour. Le géant français de la distribution s'effondre de 13,80% à 14,05€, après avoir brutalement abaissé ses objectifs annuels. Les violences survenues en France les 17 et 18 octobre ont lourdement perturbé son activité, avec une cinquantaine de magasins touchés par des pillages et des dégradations. Entre les fermetures temporaires, les dépenses de sécurité et la baisse de fréquentation, le groupe estime l'impact sur son résultat opérationnel entre 80 et 200 millions d'euros. Un coup dur qui survient à l'approche des fêtes de fin d'année, période cruciale pour sa rentabilité.
Carrefour anticipe désormais une stabilité ou une légère hausse de son bénéfice par action en 2026, contre une progression de 7% à 9% précédemment. La situation est d'autant plus préoccupante que la consommation française ralentissait déjà depuis septembre, sur fond de hausse des prix de l'énergie et d'incertitudes politiques. Malgré des ventes trimestrielles en hausse de 2,3%, les perspectives se dégradent nettement. Le titre, qui avait déjà perdu du terrain ces dernières séances, efface ses gains annuels et cède désormais 1% depuis janvier.
Palmarès SBF 120
PLUS FORTES HAUSSES
ESSILORLUXOTTICA
173,80€
+15,48%
ATOS
26,00€
+13,84%
NANOBIOTIX
24,06€
+13,49%
PLUS FORTES BAISSES
CARREFOUR
14,05€
-13,80%
EDENRED
26,46€
-9,45%
MICHELIN
30,86€
-7,16%
LE COIN DES SMALLS
VUSION
Un rebond finalement limité. Le spécialiste français des étiquettes électroniques clôture en hausse de 3,89% à 125€, après avoir gagné jusqu’à 15% en séance, porté par des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Son chiffre d’affaires progresse de 25% à 445 millions d’euros, grâce à une activité solide en Amérique du Nord et en Europe. Les revenus issus de ses logiciels et services bondissent de 45%, tandis que les commandes progressent de 10%. Le groupe confirme ses objectifs annuels, avec une croissance des ventes visée entre 15% et 20%.
Cette publication rassure surtout sur l’après-Walmart, dont la fin du déploiement actuel aux États-Unis faisait craindre un ralentissement. Vusion multiplie les nouveaux contrats, dont un avec Walmart au Canada, et ses revenus récurrents bondissent de 77% sur neuf mois. Le groupe dévoilera ses nouvelles ambitions le 18 novembre. Malgré ce rebond, l’action perd encore environ 38% depuis janvier.
LE TOP/FLOP DE LA SEMAINE
Le Top de la semaine : GL Events (+33%). Le chiffre d’affaires du T3 dévoilé mercredi soir a pulvérisé les attentes : 415,9 M€, en hausse de 44,3% (+43,1% à changes constants), portant le cumul à fin septembre à 1 382,2 M€ (+17,4%, +19,4% tcc), avec un pôle Venues dopé par la prise en main du Stade de France (434,8 M€ sur neuf mois, +23,9%). Le groupe relève dans la foulée ses objectifs annuels : croissance désormais attendue au-delà de 10% à périmètre et changes constants, progression du résultat opérationnel et capex d’environ 80 M€.
Et si l’un des grands enjeux économiques des prochaines décennies était l’eau ? Croissance démographique, changement climatique, vieillissement des réseaux, besoins industriels… La demande ne cesse de progresser, alors que les infrastructures nécessitent des investissements colossaux. Selon la Banque mondiale, 4 milliards de personnes subissent déjà des pénuries d’eau au moins un mois par an. Une tendance de fond qui ouvre des perspectives intéressantes pour les entreprises du secteur.
Pour en profiter, l’ETF Amundi MSCI Water (ISIN : FR0010527275) permet d’investir dans une quarantaine d’entreprises internationales spécialisées dans la distribution, le traitement et les équipements liés à l’eau. Une solution pour miser sur cette thématique de long terme sans dépendre d’une seule entreprise.
Les versements programmés permettent de se positionner progressivement et de lisser son prix d’achat.
Du jamais-vu depuis 24 ans ! Ce mercredi, le taux d’emprunt de la France à dix ans a franchi le seuil symbolique des 5%, une première depuis juillet 2002. Fin juillet, il dépassait à peine les 4%. Cette envolée traduit la défiance croissante des investisseurs envers les finances publiques françaises. Les violences du week-end dernier ont accentué les inquiétudes, sur fond d’incertitudes politiques et budgétaires.
La dette française atteint désormais 3 595 milliards d’euros, soit 119% du PIB. Et l’État prévoit d’emprunter un montant record de 340 milliards d’euros en 2027, notamment pour refinancer sa dette arrivant à échéance. Des taux durablement élevés risquent donc d’alourdir progressivement la charge des intérêts, au détriment d’autres dépenses publiques.
Autre signal inquiétant, l’écart entre les taux français et allemands atteint environ 1,5 point de pourcentage. Les investisseurs exigent une rémunération nettement supérieure pour prêter à la France. Cette défiance pourrait également renchérir le financement des entreprises françaises. Avec un budget 2027 incertain et l’élection présidentielle qui approche, le gouvernement dispose de peu de marge de manœuvre pour restaurer la confiance des marchés.
LE MONDE D'APRÈS
TESLA ET SPACEX : LA MÉGAFUSION ?
Elon Musk prépare une opération hors normes. Le milliardaire envisage de fusionner Tesla et SpaceX pour créer un géant valorisé autour de 3 600 milliards de dollars, qui deviendrait l’une des cinq plus grandes entreprises cotées au monde. Le projet réunirait les fusées, les satellites Starlink, les voitures électriques, les robots humanoïdes et l’intelligence artificielle. Les deux groupes auraient déjà constitué des comités indépendants pour étudier les conditions de cette fusion historique.
L’objectif est de renforcer les synergies entre les deux entreprises, notamment dans l’intelligence artificielle. Musk souhaite tirer parti des capacités industrielles de Tesla et des infrastructures spatiales de SpaceX pour accélérer ses projets, notamment les centres de données dans l’espace. L’ensemble représenterait plus de 155 000 salariés et près de 153 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. De quoi donner naissance à un véritable empire technologique !
Mais plusieurs obstacles se dressent sur sa route. Les actionnaires de Tesla pourraient notamment craindre de devoir financer les investissements colossaux de SpaceX. Les autorités américaines et chinoises pourraient également examiner le rapprochement. À 3 600 milliards de dollars, cette mégafusion serait l’une des plus importantes de l’histoire, mais aussi un pari financier et industriel considérable pour Elon Musk.
DEMAIN À LA UNE
LE CAC 40 PASSE SUR LE GRIL
Les résultats d’entreprises seront au cœur de la séance de demain, avec une avalanche de publications à Paris. Hermès ouvrira le bal dès 8h avec ses ventes trimestrielles, un rendez-vous important pour mesurer la résistance du luxe, notamment en Chine. Thales dévoilera également son activité et ses prises de commandes, particulièrement attendues dans la défense. Rexel et Valeo seront aussi au programme, avant L’Oréal et Kering, qui publieront leurs ventes après la clôture. De quoi donner de précieuses indications sur la santé de plusieurs secteurs majeurs du CAC 40.
Sur le front économique, le calendrier sera plus léger. À 16h, la confiance des consommateurs européens permettra de mesurer le moral des ménages, dans un contexte toujours marqué par les tensions inflationnistes et les prix élevés de l’énergie. Enfin, Nokia dévoilera ses résultats trimestriels, avec une attention particulière portée à la demande en équipements de réseaux et aux investissements dans les infrastructures numériques.
LE LEXIQUE
LE SPREAD OAT-BUND
Le spread OAT-Bund mesure l’écart entre les taux auxquels la France et l’Allemagne empruntent à dix ans. Le Bund allemand servant de référence en zone euro, cet écart représente en quelque sorte la prime de risque exigée par les investisseurs pour prêter à la France. Plus le spread grimpe, plus leur confiance se dégrade.
Concrètement, les investisseurs réclament une rémunération plus élevée pour financer la France. Si cette défiance persiste, elle renchérit progressivement le coût de la dette publique, réduit les marges de manœuvre budgétaires et peut peser sur les banques, les entreprises françaises et leurs conditions de financement. Le spread est donc bien plus qu’un indicateur obligataire : c’est un véritable thermomètre de la confiance des marchés dans les finances françaises.
* Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances décrites ci-dessus ne sont que des exemples et ne peuvent être considérées comme une garantie de résultats. Elles résultent des observations et d’un calcul réalisé par Meilleurtaux Placement en comparant le prix lors de l’émission du conseil d’achat au prix lors de l’émission du conseil de vente. Nous attirons par ailleurs votre attention sur le risque de perte totale d’un investissement en actions ou en produits dérivés. Le lecteur reconnaît par conséquent que toute opération, d’achat ou de vente de produits financiers, reste sous son entière responsabilité.