A chaque fois qu'un pays "tombe"' en demandant l'aide Européenne, on se pose deux questions. Cette aide sera-t-elle suffisante pour sauver ce pays? Le prochain pays sur la liste va-t-il être attaqué maintenant? Essayons de répondre à ces deux questions et de savoir si l'Espagne est sauvée et si l'Italie va être attaquée car elle est la prochaine sur la liste.
Après l’annonce d’un plan d’aide, on se pose toujours les deux mêmes questions : est-ce que cela va suffire ? Et est-ce que cela va arrêter la contagion ?
Est-ce qu’il suffira d’un plan d’aide de 100 ou 125 milliards d’euros aux banques Espagnoles pour régler tous les problèmes de l’Espagne. La réponse est non bien sûr. Ce que nous avons appris avec tous les plans de sauvetage c’est que les montants initiaux étaient toujours insuffisants. Les banques auront besoin de plus d’argent si la confiance ne revient pas, beaucoup plus d’argent, et le problème de l’Espagne ce n’est pas simplement les banques, mais aussi la récession et le chômage. Mais ce plan d’aide a le mérite d’exister et il prouve au marché que les Européens sont parvenus à se mettre d’accord ce qui est déjà très positif.
Est-ce que ce plan va éviter la contagion ?
On connaît le programme des festivités Européennes parce qu’il a été annoncé par tous depuis plus de deux ans. La Grèce, puis l’Irlande, puis le Portugal, puis l’Espagne, puis l’Italie et pour certains la France ensuite. Et pour l’instant ce plan se déroule de façon implacable. Une fois qu’un pays tombe dans la catégorie des pays sous perfusion après que les marchés l’aient mis hors jeu, les marchés s’attaquent systématiquement au pays suivant. Et le pays suivant c’est l’Italie. Est-ce que l’Italie va être la prochaine victime ? Rappelons tout d’abord que l’Italie a été attaquée avant l’Espagne et que ses taux étaient largement supérieurs avant que l’Espagne ne lui vole la vedette. L’Italie est fragile. Et dans les jours qui viennent, les investisseurs vont se demander si ils doivent se désengager dans l’urgence des marchés Italiens.
On entend souvent que l’Italie n’est pas l’Espagne…
On nous avait dit aussi que l’Espagne n’était pas le Portugal et que le Portugal n’était pas la Grèce et on a vu ce qu’il s’est passé. Mais il est vrai que la situation Italienne est différente. Mario Monti a déjà fait un gros travail même s’il s’essouffle aujourd’hui et qu’il perd rapidement ses soutiens politiques et populaires. Le taux de chômage en Italie est la moitié du taux Espagnol, l’Italie est en mesure de ramener son déficit budgétaire à 3% l’année prochaine et ses banques ne sont pas empêtrées dans une crise immobilière à l’Espagnole. Non. Ce qui fait un peu peur pour l’Italie, c’est la taille de sa dette. 2 000 milliards d’euros. Italie va donc être surveillée de près. Ce qu’on peut dire c’est ce que le plan Espagnol était nécessaire, mais pas suffisant et qu’il faut maintenant un vrai projet européen pour sortir de la crise, avec de l’austérité, des réformes structurelles et un plan de croissance. Ce sera le seul moyen d’éviter la contagion.