Les banques n'avaient pas besoin de cela. Depuis la crise des subprimes, l'image des banques se détériore chaque année un peu plus. Et c'est souvent mérité. Entre la crise financière, les fraudes massives, l'absence de contrôle sur la spéculation, les accusations de blanchiment et de complicité avec des organisations terroristes et le scandale du LIBOR, c'est de pire en pire.
Manipuler le LIBOR, le taux interbancaire qui sert de référence chaque jour à des milliers de milliards de dollars dans le monde, c'était la grande idée de grandes banques pour donner une meilleur image de leur situation et améliorer leur coût de financement.
Le Libor c'est la clé de voûte de tous les circuits de financement au quotidien et c'est donc tout le système bancaire qui est ébranlé par ce scandale.
Barclays a reconnu en premier sa responsabilité et a préféré négocier et virer son management plutôt que de faire face à des mois de procédure et de publicité négative.
Hier c'était 4 autres banques si se retrouvaient dans l'oeil du cyclone, HSBC, le Crédit Agricole, la Société Générale et Deutsche Banck.Et d'autres devraient suivre.
C'est un énorme scandale.
Et c'est un scandale qui va une fois de plus entacher l'image du secteur bancaire et de la finance en général.
Ce qui frappe surtout c'est l'incapacité des "autorités de contrôle" pourtant si promptes à frapper les petits établissements, proies faciles, à contrôler les grandes banques.
La Banque d'Angleterre appelle même à la rescousse les autres banques centrales pour qu'elles l'aident à réformer le processus de fixation du LIBOR. Il était temps.
La réalité c'est que personne ne contrôle les grandes banques, ni les gouvernements, ni les banques centrales, ni les autorités de contrôle dont c'est pourtant le rôle. Pourquoi ? C'est une vraie question. Mais les liens entre les pouvoirs politiques et les grandes banques dans tous les pays sont si étroits qu'on se demande si ce n'est pas la raison principale.