Les constructeurs automobiles américains sont dans le creux de la vague. General Motors et Ford ont en effet publié une chute de leurs profits au second semestre.
General Motors tourne au ralenti. Le deuxième trimestre du géant américain s'est en effet achevé par une baisse du chiffre d'affaires de 4,5% (à 37,6 milliards de dollars) et surtout une chute de 40% de son bénéfice net pour s'inscrire à seulement 1,5 milliard de dollars. Les analystes craignaient le pire et tablaient sur un bénéfice par action de 74 cents alors qu'il est ressorti en réalité à 90 cents. Les raisons de la chute de ses profits sont multiples pour le colosse aux pieds d'argile, il évoque un taux de change du dollar défavorable mais plus grave, la morosité du marché européen. « Nos résultats en Amérique du Nord, nos opérations internationales et financières sont solides mais nous avons clairement encore du travail à faire pour faire face aux vents contraires, que nous rencontrons, notamment en Europe et en Amérique latine » explique Dan Akerson, PDG du constructeur américain.
Sur le vieux continent, les comptes de General Motors sont principalement plombés par les contre-performances de sa filiale Opel. La perte d'exploitation ajustée en Europe, ressort à -361 millions de dollars alors qu'il y a un an elle était bénéficiaire à hauteur de 102 millions de dollars. En Amérique latine, la perte est plus limitée mais elle atteint tout de même 19 millions de dollars. La situation européenne est connue du constructeur américain, la région avait déjà handicapé le constructeur au premier trimestre de l'année. Mais il n'y a pas que du mauvais dans cette publication, l'américain tient à rappeler « qu'il a enregistré 10 trimestres consécutifs de rentabilité, ce que l'entreprise n'avait pas atteint depuis plus d'une décennie ». Histoire de rassurer des investisseurs soucieux de la répercussion de la crise européenne sur les sociétés outre-Atlantique. Sur un, General Motors est loin d'être en forme en Bourse avec un titre qui perd près de 27% sur le NYSE mais depuis le début de l'année, il fait de la résistance avec un repli limité à 2,57%.
Pour son homologue Ford, ce n'est guère mieux. Le deuxième constructeur automobile américain a annoncé fin juillet dernier, un bénéfice net part du groupe divisé par plus de deux sur un an et inférieur aux attentes au deuxième trimestre, à 1,0 milliard de dollars, y compris une perte de 404 millions de dollars en Europe. Le bénéfice par action est ainsi ressorti à 26 cents par action là où les investisseurs attendaient en moyenne 28 cents.
Le groupe automobile américain « s'attend maintenant à une perte qui excède 1 milliard de dollars sur l'année entière en Europe » eu égard à la dégradation de l'environnement économique en Europe ». En Amérique du Nord, la région la plus rentable, les ventes sont restées stables mais le groupe a dégagé un bénéfice de 2,0 milliards de dollars. Toutefois, Ford estime que la situation est alarmante sur le vieux continent. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, le groupe va tenter d'enrayer l'hémorragie pour faire face à « la gravité » de la situation en Europe. La teneur des actions qui seront entreprises par le groupe ne sont pas encore connues. Le parcours boursier de Ford reflète bien, la passe difficile que le constructeur automobile américain est en train de traverser actuellement. L'action Ford cède 17% depuis le début de l'année et 24% sur an...