L’Etat est en manque de ressources. Contraint de « racler les fonds de tiroirs » pour redresser les finances publiques, il se prépare à céder une fraction des 60,1% du capital qu’il détient dans Aéroports de Paris. L'Etat détient directement 54,5% du capital de l'opérateur aéroportuaire tandis que le Fonds stratégique d’investissement, le bras financier de l’Etat, pour sa part, a la main sur 5,6% du tour de table.
La cession envisagée pourrait porter sur environ 10 millions d'actions, soit 10% du capital. A l’issue de cette opération, l’Etat entend rester majoritaire au capital de l'opérateur. Mais les particuliers ne seront pas de la partie, le papier qui sera prochainement déversé sera à destination d’investisseurs institutionnels, dans le cadre d’une procédure hors marché.
Pour rappel, le groupe avait enregistré une hausse de 9% de son chiffre d'affaires du premier trimestre à 653 millions d'euros à la faveur d’une progression de toutes les activités d’Aéroports de Paris Dans le détail, les activités aéronautiques de l’opérateur aéroportuaire ont progressé de 7,9%, essentiellement portées par une hausse de 27,8% des redevances spécialisées (impact exceptionnel sur les revenus de dégivrage suite aux importants épisodes neigeux) et des tarifs des redevances aéronautiques (+3,4%). L'activité dans les commerces et services a également bien progressé sur la période. Sur le front des perspectives, Aéroports de Paris opte pour un biais plutôt conservateur avec un trafic stable et une légère croissance du chiffre d'affaires et de l'Ebitda anticipés pour 2013.
Cette frilosité a déjà été exprimée fin décembre 2012, Aéroports de Paris avait en effet averti sur ses objectifs à horizon 2015. La baisse du trafic ainsi que la dégradation des perspectives économiques constatées depuis l'été 2012, l’ont conduit à présenter des perspectives beaucoup plus conservatrices. Il avait ajusté ainsi à la baisse son hypothèse de trafic et ses objectifs 2015, tels qu'ils avaient été initialement arrêtés début 2010 au moment de la préparation du deuxième contrat de régulation économique. L'exploitant d'aéroports anticipe désormais une croissance annuelle moyenne du trafic passager comprise entre 1,9 % et 2,9 % entre 2010 et 2015, contre 3,2 % précédemment. L'Ebitda 2015 est désormais attendu en hausse de 25% à 35% par rapport à 2009 contre une hausse de 40 % précédemment. Le ROCE du périmètre régulé devrait désormais se situer entre 3,8 % et 4,3 % en 2015, contre une fourchette comprise entre 4,5 % et 5,0 % auparavant