Le dollar et l’euro réduisent leurs pertes face au yen après une séance épique la veille sur le front des devises. Après son envolée jeudi soir qui l’a propulsé au niveau des 95 yens, le billet vert a accusé un repli vertigineux pendant la nuit, alors que la nervosité du marché quant à la vigueur de la reprise de l'économie américaine est palpable.
Une volatilité qui témoigne de la fébrilité des marchés avant le rapport sur l'emploi non agricole aux Etats-Unis qui finalement ne réserve pas de grandes surprises. Au final, les chiffres de l'emploi de mai ne sont ni bons ni mauvais.
Ils font apparaitre 175 000 créations de postes en mai, un chiffre légèrement supérieur aux attentes, le consensus tablant sur 169 000 créations de postes. Le taux de chômage américain du mois de mai est quant à lui ressorti à 7,6%, alors qu'il était attendu stable à 7,5% et au plus bas de quatre ans.
Pour avril, le nombre de créations de postes qui avait été estimé initialement à 165 000 a été révisé en baisse à 149 000.
L’euro qui était stable face au dollar, et se négociait 1,3256 dollar avant la publication du rapport redonne désormais 0,32% à 1,3203 $.
En revanche la devise européenne poursuit son plongeon face au yen et recule de 1% à 127,52 yens contre 126,87 yens avant la statistique.
La devise de l ‘oncle Sam de son coté reprend de la hauteur. Après avoir enfoncé son point bas de 95,55 yens, le billet vert remonte la pente face à la devise japonaise et limite son repli à -0,97% (contre -1,5% avant la publication du rapport) pour revenir à 96,52 yens.
De fait, les investisseurs sont confrontés à un dilemme. Car si l'économie américaine se rétablit, si l'emploi s'améliore, la banque Centrale Américaine va devoir arrêter d'arroser le monde de liquidités. Et la crainte du "manque" fait paniquer. Les investisseurs en sont presque à souhaiter que le chômage de Mai soit très mauvais pour que la FED continue à leur fournir de la dope monétaire.
Les chiffres qui viennent d’être dévoilés ne sont ni assez bon ni assez mauvais pour anticiper l’évolution de la politique monétaire.