Je ne sais pas si c'était prémédité. Mais le gouvernement vient de réussir un coup de maître. En évoquant, simplement en évoquant, la possibilité d'un début d'alignement du régime du public sur celui du privé, il a ouvert un débat d'une telle ampleur que les autres pans de la réforme ne font presque plus débat et pourraient être adoptés sans difficulté. C'est de la chance ou du machiavélisme.
On attend cette semaine le rapport Moreau sur les retraites avant la grande conférence sociale du 21 Juin
Soyons clairs. Ce qui va se jouer dans les semaines qui viennent est crucial. Pour le gouvernement. Pour les finances du pays. Et pour la crédibilité de la France au sein de l’Europe. La réforme des retraites est inévitable. Plus personne ne le nie. Et c’est déjà une fantastique avancée. Mais son ampleur va être déterminante. Une mini réforme ne sera ni acceptable, ni acceptée. Même par les Français qui ont accepté l’idée d’un sacrifice.
Le débat porte maintenant sur l’alignement du régime du public sur celui du privé.
Il s’est passé quelque chose d’incroyable en quelques jours. En évoquant la possibilité de commencer à toucher aux privilèges du public, le gouvernement a déjà fait avaler la pilule de l’allongement de la durée de cotisation, de la désindexation partielle des retraites et de la hausse des cotisations, trois points qui étaient encore il y a peu des sources de tension majeur. Je ne sais pas s’il l'a fait volontairement mais l’ouverture du front des retraites de la fonction publique a fait diversion et ça marche.
Reste à savoir si ce n’était qu’une diversion
L’important c’est que les trois premiers pans de la réforme passent. L’alignement des régimes publics privés aura lieu. Progressivement. Dans cette réforme ou la suivante. Les sondages indiquent que 75% des Français y sont favorables. C’est donc inéluctable. Mais en focalisant, volontairement ou involontairement, l’attention sur ce débat, le gouvernement vient déjà de faire avaler le plus gros de la pilule de la réforme.