Signe qui ne trompe pas, les coûts d'emprunt à six mois de l'Italie ont quasiment doublé lors de l'adjudication réalisée par le Trésor italien. Des taux d’intérêts qui culminent au plus haut niveau depuis février dernier, alors que les investisseurs s'attendent à un resserrement des liquidités dans les mois qui viennent, et ce malgré les propos rassurants de la banque centrale européenne qui a confirmé que "les perspectives économiques globales justifient toujours une politique accommodante".
Et pourtant, malgré les déclarations apaisantes concernant la mise en œuvre du programme « OMT », qui permet de racheter des obligations souveraines pour faire baisser les rendements, le Trésor italien a alloué pour 8 milliards d'euros d'emprunts d'Etat à 6 mois, assortis de couts d’emprunts en nette hausse. Le taux de rendement moyen s’est en effet inscrit à 1,052%, contre 0,538% seulement lors de l'adjudication du 29 mai.
Il s'agit du taux le plus élevé pour cette classe d'actifs depuis l'adjudication de février, où il culminait à 1,237%.
Une envolée des taux qui n’est pas sans lien avec un article du Financial Times qui indique s'être procuré un document issu par le Trésor italien qui mentionne l'existence de produits dérivés pour un montant de 31,7 MM€. Des montages « qui auraient permis d'abaisser artificiellement le déficit public en vue notamment de répondre aux critères de Maastricht en 1997 afin de pouvoir intégrer la zone euro l'année suivante, et de repousser des échéances de remboursement » indique le quotidien.
A cette époque Mario Draghi, l’actuel président de la BCE, était aux commandes du Trésor. Une information qui tombe d’autant plus mal alors que les obligations souveraines connaissent quelques tensions.
Pour couronner le tout, Mediobanca (MB.MI), deuxième plus grande banque Italienne révélait dans une note à ses clients qu’il était « possible que l'Italie ait besoin d'un plan de sauvetage de l'Union européenne au cours des six prochains mois car le pays s'enfonce dans la crise économique ». Le Daily Telegraph qui s’est procuré la note de Mediobanca a par ailleurs révélé que « l’indice de solvabilité de l'Italie avait déjà émis des signaux alarmants, tandis que le mouvement de vente sur les marchés obligataires mondiaux se poursuit pour la deuxième semaine consécutive, ce qui fait grimper les coût d'emprunts »
En substance, Rome doit absolument diminuer ses coûts d’emprunts si elle veut éviter de recourir à un plan de sauvetage. Sur le marché secondaire, les taux allaient dans le bon sens, reculant de 10 points de base pour se négocier à 4,74%.