Lafarge devrait terminer la séance dans le vert, soutenu par une note de Kepler Cheuvreux qui réitère son opinion Achat et son objectif de cours de 63 euros.
Le broker estime que le groupe de matériaux de construction devrait profiter au deuxième semestre d'une base de comparaison plus réduite et d'une amélioration des conditions climatiques. Il considère par ailleurs que les cessions de certaines activités, comme Lafarge Cementos au Honduras cette semaine, sont douloureuses à cours terme, mais bénéfiques à longue échéance.
La veille, le cimentier avait en effet annoncé la cession de ses activités de ciment au Honduras. Il vend ainsi pour 232 millions d'euros sa participation de 53,3% dans sa filiale Lafarge Cementos à son concurrent local Cementos Argos. Lafarge Cementos, détenu à 44% par le fonds de pension de l'armée hondurienne IPM, est ainsi valorisé à 435 millions d'euros. Lafarge, grâce à cette opération, comble une très faible partie de sa dette.
La cession de Lafarge Cementos, qui doit encore recevoir l'approbation des autorités compétentes, concerne une cimenterie d'une capacité d'1million de tonnes et une station de broyage d'une capacité de 0,3 million de tonnes, selon le communiqué du groupe.
Le groupe de matériaux de construction s'est fixé pour objectif de faire refluer sa dette nette sous la barre des 10 milliards d’euros. Pour rappel, la dette nette du groupe a atteint un pic à 16,8 milliards d'euros en 2008 après le rachat de l'égyptien Orascom. L’endettement de Lafarge est ainsi devenu l’un des points noirs du dossier. Avec la mise en place du programme de cession d’actifs, la perspective d'un relèvement des notes de crédit de Lafarge qui permettrait à sa dette de ne plus être jugée spéculative prend consistance
« Avec cette opération, il franchit une étape significative de son plan de redressement à l'horizon 2015 » selon les analystes qui suivent de près le dossier.
Or, les cessions d'actifs devraient désormais se faire plus rares car le groupe s’est déjà séparé de pans entiers de son activité, dont pratiquement la totalité de ses activités dans le plâtre pour près de 2 milliards d'euros. Il va donc devenir de plus en plus difficile de réduire son périmètre sans prendre le risque de se priver de futurs relais de croissance alors que le groupe reste confronté à un contexte macroéconomique particulièrement morose en Europe.
Pour réduire son endettement, le groupe doit avant tout compter sur la réduction des couts et atteindre son objectif visant à générer 1,75 milliard d'euros d'excédent brut d'exploitation supplémentaire grâce à ses mesures d'économies dès 2014.