Essilor a déçu les investisseurs. Et ça faisait longtemps que le groupe n’avait pas douché les Marchés… Il faut remonter deux ans en arrière pour voir le groupe publier des revenus inférieurs aux attentes.
Au troisième trimestre 2013, le chiffre d'affaires du fabricant de verres correcteurs et d'instruments d'optique est ressorti à 1,24 milliard d'euros, manquant de peu le consensus logé à 1,26 milliard. Le groupe a été pénalisé par les effets de change négatifs (-6,4%). Ils sont liés à la forte dépréciation de la plupart des monnaies contre l’euro, au premier rang desquelles le real brésilien, le dollar américain et le yen. Aussi, le groupe évoque des décalages dans la finalisation de certaines acquisitions et d'une reprise moins rapide que prévue de la croissance en Amérique du Nord.
Sur neuf mois, le chiffre d'affaires ressort à 3 ,813 milliards d'euros, en progression de 1,4% à données publiées et de 1,8% sur une base homogène. Au quatrième trimestre, Essilor International compte sur le lancement de Crizal Prevencia et le déploiement de nouveaux produits dans le milieu de gamme pour faire repartir les ventes.
Ces différentes initiatives ainsi que la poursuite des acquisitions contribueront à une nouvelle amélioration de la croissance au quatrième trimestre, et à inscrire Essilor sur une trajectoire plus soutenue pour l'année 2014. Le groupe estime que la croissance du chiffre d'affaires en croissance organique pour 2013 ne sera que de l'ordre de 6%. Cette révision à la baisse des prétentions annuelles de la société est liée au décalage dans la finalisation de certaines acquisitions et d'une reprise moins rapide que prévue de la croissance du groupe en Amérique du Nord.
Fin août, Essilor avait déjà revu son objectif, indiquant que la croissance devrait être "proche" de 7% cette année alors qu'il avait annoncé auparavant qu'elle dépasserait 7% après 8% en 2012. Sur le front des marges, le groupe confirme son objectif de maintien de la marge de contribution à un niveau élevé.
Pour rappel, le fabricant de verres correcteurs et d'instruments d'optique avait fait main basse en juillet dernier sur 51% du capital de Transitions Optical détenus par le chimiste américain PPG Industries (PPG). A l'issue de la transaction, le français détiendra 100% de la société cible. L'opération qui devrait être finalisée au premier semestre 2014 aura un effet « relutif » sur le bénéfice par action (BPA) dès la première année d'intégration. Au cours des années suivantes, cet effet positif devrait être « d'au moins 5 % par an ». Par ailleurs, cette emplette devrait également avoir un impact positif d'environ 0,5 point sur la croissance organique du groupe à partir de la troisième année d'intégration, et devrait permettre une augmentation du taux de marge de contribution du groupe à 19,5% à partir de la deuxième année d'intégration.
Chercher les profits là où il y en a tel est le credo d’Essilor International. La stratégie du spécialiste de l’optique est en effet basée sur l’identification des leaders locaux afin de négocier une prise de participation majoritaire à leur capital. Et ça paye ! La tendance reste supérieure au rythme de croissance, en volume, du marché mondial de l’optique, qui devrait avoisiner désormais les 4 % avec le boom des pays émergents. Aussi, sur 4,2 milliards de personnes nécessitant une correction dans le monde, 2,5 milliards ne sont pas équipés de lunettes. Entre 2012 et 2020, il y aura 600 millions de nouveaux myopes et 475 millions de nouveaux presbytes. Un marché adressé qui est colossal et Essilor International aura surement le bon coup d’œil pour dénicher une potentielle cible. Avec une force de frappe financière d’environ 2 milliards d’euros, Essilor peut aisément se le permettre.