Les journées boursières s’enchainent et se ressemblent pour Peugeot. Le titre décroche de plus de 7% en ce début d’après-midi alors que les incertitudes planent sur le devenir capitalistique du groupe.
Dimanche, Zhu Fushou, le directeur général de Dongfeng, a indiqué que son groupe n'avait pas encore décidé d'investir ou non dans PSA, avec lequel il forme une coentreprise. Par ailleurs, l’Etat français ne veut pas laisser tomber le constructeur automobile, en proie à une situation financière des plus difficiles. Dans un entretien au journal ‘Les Echos’ publié lundi, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a expliqué que « l'Etat était fortement impliqué » dans le dossier PSA, ajoutant qu'il "ne se désintéressera pas de l'avenir » du constructeur, qui « doit rester une entreprise française ».
Mais pour UBS, l’avenir de Peugeot ne sera en solitaire. La banque helvète avance que le constructeur sochalien sera contraint de s’adosser à un industriel pour renforcer une situation financière bien affaiblie. UBS estime que le chiffre de 3 milliards d'euros avancé par la presse, début octobre, en cas d'augmentation de capital « ne tient pas la route » et que le montant maximum qui pourrait être levé serait de 1,8 milliard d'euros pour une participation de 50%, ou 700 millions d'euros sans droits, selon les statuts du groupe.
L’hésitation du chinois et l’implication des pouvoirs publics dans le dossier Peugeot ainsi que l’augmentation de capital qui accompagnerait l’arrivée de ces deux protagonistes dans le tour de table ravivent les inquiétudes de la communauté financière. Le spectre d’une forte dilution n’est pas du tout apprécié des opérateurs.
Mais pas que… Les performances commerciales du groupe font peine à voir. Les dernières immatriculations du groupe font en effet état d’une chute de 10,9% dans l’Europe des 30. La part de marché du groupe en Europe s’est contractée à 11,9% sur les trois premiers trimestres de 2013 contre 12,7% un an plus tôt sous la pression continue des marques premium et low cost, dont les parts de marchés augmentent régulièrement depuis 2007. En Russie, Peugeot voit ses ventes se replier de 7,8% au troisième trimestre 2013 et dévisser de 23,1% sur 9 mois. Même constat au Bresil, les ventes patinent. Elles ont chuté de 30% rien que sur le troisième trimestre…
Dans ce contexte des plus adverses, le constructeur s'attend à un marché automobile en baisse de l'ordre de 4% en Europe, à une croissance de l'ordre de 14% du marché chinois, de l'ordre de 2% en Amérique Latine et à une baisse de l'ordre de 7% du marché russe. Il confirme malgré tout confirme son objectif de réduire au moins par deux sa consommation de free cash flow opérationnel en 2013 ainsi que « la tendance annoncée d'une réduction très significative en 2014. »