Le titre Michelin (ML.FR) accuse la plus forte baisse du CAC, accusant un repli de 4,13%, à 76,45 euros après la publication par le groupe de pneumatiques de son chiffre d'affaires au troisième trimestre qui l’a conduit à réviser ses objectifs pour 2013. Le groupe a fait état d'une baisse de 5,8% de ses ventes nettes sur la période, la hausse de 2% des volumes n'ayant pas suffi à compenser un effet prix-mix défavorable (-2,4%) ni l'impact négatif des taux de change (-5,3%).
Au troisième trimestre, les ventes nettes du fabricant de pneus sont ressorties à 5,12 milliards d'euros, contre 5,43 milliards d'euros un an plus tôt et 5,32 milliards d'euros attendu par le consensus.
Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes nettes sont ressorties à 15,28 milliards d'euros, en retrait de 5,3% par rapport à la même période de 2012. Dans la branche tourisme camionnette, les ventes se sont repliées de 3,3% à 8,02 milliard d'euros, tandis que dans la division poids lourds, elles ont accusé un retrait de 5,2% à 4,78 milliards d'euros.
Pour 2013, l'industriel a prévenu que "face à un environnement de parités monétaires qui s'est détérioré depuis l'été", il devrait constater un effet de change négatif plus important que celui attendu en début d'année.
Le groupe a toutefois indiqué qu'il visait un résultat opérationnel "avant éléments non récurrents, hors effet de change, qui pourrait être supérieur à celui de 2012 de l'ordre de 150 millions d'euros". Jusqu'ici, le groupe visait un résultat opérationnel avant éléments non récurrents stable.
Dans un environnement de marchés "en reprise mais encore faibles dans les pays matures et en croissance dans les nouveaux marchés", le fabricant de pneumatiques a toutefois confirmé plusieurs de ses objectifs pour 2013: des volumes stables, un cash flow libre en ligne avec l'objectif structurel de 500 millions d'euros et une rentabilité des capitaux employés supérieure à 10%.
Pour rappel, Michelin a détaillé une série d'ambitions, parmi lesquelles deux objectifs financiers. Il vise ainsi un cash flow libre structurel d'un employés supérieur ou égal à 15% à horizon 2020.
Michelin s'attend à ce que le marché des pneus dans les pays matures connaisse une légère reprise en 2013, tandis que sa croissance devrait se poursuivre dans les nouveaux marchés. Le groupe clermontois est très attentif à l'évolution de la demande européenne alors qu'il a déjà procédé à plusieurs ajustements de sa production en France et en Europe.
Dans une note, les analystes de Bank of America-Merrill Lynch soulignent que les revenus du groupe sont inférieurs de 4% à 5% à ses prévisions, bien que les volumes soient ressortis en ligne avec les attentes. Citant le directeur financier de Michelin, les analystes indiquent que le résultat opérationnel du groupe est désormais attendu en repli de 100 millions d'euros en 2013, contre une stabilité attendue auparavant, sous le coup d'un impact plus fort que prévu des effets de change. Ces derniers devraient affecter à hauteur de 250 millions d'euros le résultat opérationnel pour l'exercice, contre une précédente prévision de 100 à 150 millions. L'intermédiaire réitère néanmoins sa recommandation à "achat" avec un objectif de cours de 89 euros. De leur côté, les analystes d'Oddo ont abaissé leur estimation de résultat pour 2013 et 2014 et ont dégradé leur conseil à "neutre" contre "achat". L'objectif de cours est revu de 90 euros à 85 euros