Après cinq séances consécutives de replis, qui ont ramené l’euro d’un point haut de près de deux ans à 1,38 dollar jusqu’au contact des 1,35$, la monnaie unique se stabilise. L’euro grappille ainsi 0,19% face au billet vert de retour sur les 1,35 (1,3511$) et avance symboliquement de 0,05% face au yen, à 133,23 yens.
Pour rappel, la chute de l’euro au cours des précédentes séances était principalement liée aux anticipations d’une baisse des taux directeurs de la BCE.
En cause, les statistiques qui prennent le pouls de l’économie européenne et qui laissent augurer d’une baisse des taux directeurs de la BCE. Une baisse du taux de refinancement donnerait ainsi un coup de fouet à la reprise économique dans l’union monétaire, qui pourrait en avoir besoin au vu des derniers indicateurs à commencer par le taux de chômage qui reste à un niveau historiquement élevé, tandis que l’inflation est tombée de son coté au plus bas depuis quatre ans.
À son plus bas niveau depuis novembre 2009, le taux annuel d'inflation d'octobre, reste très largement inférieur à l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE), qui vise un taux un peu inférieur à 2%.
Or une inflation aussi faible laisse une marge de manœuvre significative à la BCE pour réduire ses taux directeurs, un des leviers privilégiés par les banques centrales lorsqu’ il s’agit de donner un coup de pouce à la reprise économique, même si cette mesure de politique monétaire a tendance justement à faire grimper les prix. Le constat selon lequel l’inflation est à un plancher de 4 ans donne une bonne occasion à la BCE d’assouplir sa politique monétaire. C’est en tout cas le pari qui a été fait.
Or, si la semaine dernière, les opérateurs à l’image de JP Morgan pariaient sur un assouplissement de la politique monétaire de la BCE via une baisse de son taux directeur, ce n’est plus l’anticipation dominante en ce début de semaine. C’est désormais le scénario d'un statu quo qui est privilégié lors de la prochaine réunion de la BCE qui se déroulera jeudi 7 novembre. Un scénario pour l'instant conforté par la publication de l'indice PMI final Markit pour l'industrie manufacturière de l'Eurozone qui signale une amélioration de la conjoncture pour le quatrième mois consécutif.
L’indice s’établit à 51,3 en octobre contre 51,1 en septembre, signe que la croissance s’accélère légèrement dans l’union monétaire. Une bonne nouvelle pour la BCE qui pourrait être tentée de garder au chaud l’une de ses dernières cartouches, à savoir la baisse des taux, afin de stimuler la reprise si la conjoncture venait à se dégrader.
D’où la stabilisation de la monnaie unique face au dollar et face au yen.