La « remise à plat » de la fiscalité chère à Jean-Marc Ayrault, ne manque pas de susciter des réactions, surtout du côté de l’opposition …
Après Gilles Carrez la veille, les critiques continuent de venir de la droite. Eric Woerth, député (UMP) de l'Oise et ancien ministre du budget ajoute son petit grain de sel dans ce débat sur la fiscalité. « Le premier ministre essaie de s'en tirer en ressortant le serpent de mer du grand soir fiscal. » a-t-il lancé dans une interview accordée au journal ‘Le Monde’.
L’ancien ministre estime qu’il est temps de mettre le holà à cette surenchère fiscale : « Aujourd'hui, il faut arrêter le jeu de massacre de la fiscalité. La meilleure des choses que le gouvernement a à faire, dans l'état où il est, c'est de cesser de prendre toute décision de nature fiscale. » « Les Français sont devenus totalement épidermiques à la fiscalité. François Hollande a commis une faute attentatoire au pacte républicain : il a brisé le consentement à l'impôt. » dénonce-t-il.
Jean-François Copé, président de l'UMP, a dénoncé mardi, sur France 2, ce qu'il qualifie de «réforme technique». «La priorité, a dit le député-maire de Meaux, ce n'est pas de savoir si on remélange encore les impôts dans un sens ou dans un autre, c'est comment on les baisse. Il faut rendre de l'argent aux gens».
A gauche, le projet de Jean-Marc Ayrault au contraire, est salué, les membres de la majorité ne tarissent pas d’éloges à l’image de Claude Bartolone, président PS de l'Assemblée nationale. Il a estimé qu'il n'était «jamais trop tard» pour remettre à plat la fiscalité. «Il faut réconcilier les Français avec l'idée d'impôt, parce que l'impôt n'est pas un gros mot», et «chacun doit payer en fonction de ses moyens», a insisté le député de Seine-Saint-Denis.
Ce grand soir fiscal espéré par les Français ne sera pas pour tout de suite : « Il y a là un engagement […] qui prendra le temps nécessaire, c'est-à-dire le temps du quinquennat », a déclaré le chef de l'Etat depuis Rome, où il participait à un sommet franco-italien. Le ras-le-bol fiscal ne sera pas désamorcé de sitôt.