La crise économique risque de peser sur le marché européen de l'immobilier, en raison de l'incertitude sur les financements, selon une récente étude PwC et Urban Land Institute (ULI). « La question essentielle du financement des investissements », notamment, est posée.
Selon l’enquête, réalisée auprès de 600 acteurs de l’immobilier commercial européen, ces derniers accordent « une nette prime à la qualité́ et à la sécurité́ de leurs investissements ». En effet, au moins un acteur sur deux recherche des actifs très sécurisés. « Cette tendance n’est pas nouvelle, mais elle est particulièrement forte pour 2012, face à l’incertitude sur le marché » expliquent les auteurs du rapport.
L’incertitude reste le maître mot
« L'instabilité économique affecte les prêteurs et les investisseurs », note le président d'ULI France, Erik Sondén. « Le niveau d'exposition des banques à un défaut de paiement de la dette souveraine » va contribuer à cette incertitude. Mais pour l’instant, les marchés immobiliers restent pour le moment peu impactés, mais nous ne sommes pas à l'abri d'une récession économique » ajoute l’un des auteurs de l’étude.
Selon John Forbes, de PwC, « le financement immobilier sera probablement l'une des principales victimes des mesures bancaires prises en réponse aux pressions réglementaires et macroéconomiques »
Londres touché mais Paris reste « un marché plus diversifié »
Pour les investissements en 2012, Istanbul caracole en tête des choix d’investissement, « pour la deuxième année consécutive ». « . Une popularité principalement due à ses perspectives de croissance économique et démographique, d’où une distribution de détail à fort potentiel » explique le rapport. Munich (2ème), Varsovie (3ème), Berlin (4ème) ou Stockholm (5ème). « Une nette prime à la qualité et à la sécurité de leurs investissements », c’est ce que recherchent en premier les acteurs du marché et c’est pour cette raison pour laquelle les pays nordiques ainsi que l’Allemagne se placent en meilleure position que Paris (6ème) et Londres (10ème). La capitale britannique est « touchée par sa dépendance au secteur des services financiers, qui risque d’être impacté par les restructurations en 2012 », indique l’étude.
« Les capitaux se sont de nouveau dirigés vers Paris en 2011. Cette tendance devrait se poursuivre en 2012, notamment sur les actifs de qualité, car Paris affiche toujours un bon compromis entre liquidité, volatilité et risques », estime Geoffroy Schmitt, de PwC. Si le rapport révèle que l’investissement devrait se concentrer en France sur Paris, certains soulignent que les seules métropoles régionales françaises qui leur semblent encore attractives sont Lyon et Marseille, car présentant un marché de l’emploi important et relativement stable, ainsi qu’un niveau de « demande raisonnable ».