L’année 2012 s’annonce comme l’année de tous les dangers, avec de profondes incertitudes politiques et économiques a prévenu l'Union des maisons françaises (UMF), le syndicat patronal du secteur.
C’est que la baisse de 10% du nombre de ventes de maisons individuelles enregistrée en 2011 n’augure rien de bon pour la suite… D’après l’UMF, la tendance à la baisse devrait perdurer. Le syndicat table sur un repli de 10% des ventes de maisons individuelles en secteur diffus en 2012.
Toutes les régions logées à la même enseigne
En 2011, le nombre de ventes de maisons individuelles s’est inscrit en repli sur toutes les régions. Cette baisse est particulièrement forte sur les régions de l’Ouest et sur le Languedoc-Roussillon et légèrement plus favorable que la moyenne France sur les régions de l’Est, Centre-Est et de l’Ile de France.
Quatre facteurs
L’Union des maisons françaises met en avant quatre facteurs qui expliquent ce trou d’air dans le secteur. Le premier, la détérioration du contexte économique, sur fond d’aggravation de la crise des dettes souveraines. Une « récession technique » est attendue début 2012 alors que l taux de chômage à 9,7 % est anticipé en moyenne annuelle pour 2012. La hausse des taux de crédit habitat couplée des critères d’octroi plus resserrés n’incitent pas de potentiels acquéreurs à se lancer dans un achat immobilier. Une hausse de 1% des taux d'intérêt des crédits immobiliers fait perdre la vente de 17.000 maisons, estime l’UMF. La réforme brutale du PTZ+ avec des montants moindres une reconfiguration du barème de remboursement va également pénaliser les accédants à la propriété, surtout les plus modestes. Mais en plus de la nette réduction des incitations fiscales surtout dans le neuf, des prix « fortement surévalués », de l’ordre de 25 % en moyenne dans l’ancien, et de 35 % à Paris ne poussent pas les futurs acquéreurs a se lancer dans une aventure immobilière.
Par ailleurs, « l'annonce pour octobre d'une hausse de 1,6 point du taux normal de TVA ne pourra que pénaliser encore plus les ménages » signale l’organisme. Pour une maison de 100 000 euros HT, 1 600 euros s'ajouteront aux
19 600 euros actuels.
« Il est encore trop tôt pour mesurer l'attitude des entreprises vis-à-vis de cette TVA dite sociale. La baisse induite des charges patronales servira-t-elle à restaurer leur marge, ou sera-t-elle répercutée pour tout ou partie afin de faire baisser les prix de vente ? » se demande le syndicat.
Les nuages s'accumulent
Pour 2012, la situation devrait s'aggraver dans le secteur de la maison individuelle en raison des nouvelles dispositions restrictives pour accorder des prêts à taux zéro (PTZ) et des « incertitudes sur les taux d'intérêt dues à la fragilité des banques », selon l'UMF.
La demande de logement est certes attendue en repli mais il serait exagéré de parler d’ « effondrement » avertit l’UMF. « Les fondamentaux du marché restent sains et les facteurs de soutien structurels vont continuer à jouer » explique le syndicat. Ce dernier mettant en avant l’effet « valeur refuge » qui devrait jouer à plein dans un contexte de marchés boursiers et obligataires très volatils et incertains.
Le neuf en première ligne
L’Union des maisons françaises note que ce repli des ventes « est beaucoup plus marqué dans le neuf que dans l’ancien » en raison du « poids très important des investissements locatifs dans les achats de logements neufs promoteurs, de l’ordre de 50 % en général (contre 15 % dans l’ancien) et de près des deux tiers en 2009-2010 ». A l’inverse, la part des acquéreurs classiques et notamment des primo-accédants, est relativement faible (remontée du chômage, prix trop élevés, hausse des taux de crédit).
Selon les analystes des marchés immobiliers, on s’acheminerait donc vers une correction assez lente et graduelle. En 2012, les ventes de logements reculeraient de 10% (dans le neuf comme dans l’ancien) et les prix de l’ancien connaîtraient une baisse de l’ordre de 5 % en moyenne, les prix dans le neuf seraient en très faible hausse, 2% environ.