Les ventes de logements neufs ont pris du plomb dans l’aile en 2011. Sur l’ensemble de l’année écoulée, elles ont reculé de 10,5% pour s’établir à 103 300 par rapport à 2010. Une chute historique même, qui laisse entrevoir une diminution de plus de 7% sur l'ensemble de 2012… Aucun type de bien n’est épargné : les ventes reculent, qu'il s'agisse des appartements (-9,1%) ou des maisons (-21,5%).
2011 : un bilan peu reluisant
Ce recul des ventes sur 2011 aurait pu être plus important s’il n’y avait pas eu un sursaut des ventes de logements neufs sur la dernière partie de l’année. Sur le seul quatrième trimestre, elles progressent de 4,1% à 29.500 par rapport au trimestre correspondant de 2010, d'après les chiffres du ministère du développement durable. Les investisseurs se sont rués sur les programmes « Scellier » pour profiter d'un taux de réduction de 22% (étalé sur 9 ans) du prix maximum avant qu'il ne tombe à 13% en 2012.
Dans le détail, les ventes d'appartements ont progressé de 5,4% à 26.900 par rapport au quatrième trimestre 2010 grâce aux « moyennes » surfaces, deux pièces principalement (+17,5%) et trois pièces dans une moindre mesure (+3,7%). En revanche, les grands et petits volumes comme les appartements de quatre pièces et plus reculent nettement (-7,7%) comme celles des studios (-8,8%), n’ont plus la cote auprès des futurs acheteurs.
Si les ventes connaissent un coup de pompe, les prix des appartements eux, restent orientés à la hausse. Le mètre carré s'établit en moyenne nationale à 3 731 euros au quatrième trimestre contre 3 630 euros un an plus tôt.
Et les maisons ? Les ventes de maisons neuves ont pour leur part accusé un recul de 7,3% en variation annuelle. Les maisons neuves de moins de quatre pièces et de cinq pièces ont été boudées par les futurs acquéreurs comme en témoigne la baisse, à deux chiffres, accusée par ces deux produits (-16,6%) et (-15,4%). En revanche, les 6 pièces et plus, remportent un franc succès puisque leurs ventes progressent de 17,2%. « Le prix de vente moyen d'une maison neuve (240.700 euros) est supérieur de 2,2 % à celui observé au quatrième trimestre 2010 ». indique le ministère.
Pessimisme ambiant
Les promoteurs eux-mêmes sont peu optimistes pour 2012. Ainsi Marc Pigeon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), estime que les ventes de logements neufs devraient reculer de 15% à 20% en 2012, tombant entre 80 000 et 85.000 contre 103.300 cette année, très loin des années record de 2006 (126 300) et 2007 (127 300). La fédération rejoint ainsi l’avis de certains certains analystes des marchés immobiliers. En 2012, ils tablent sur un recul de 10% des ventes de logements (dans le neuf comme dans l’ancien) alors que les prix de l’ancien connaîtraient une baisse de l’ordre de 5 % en moyenne, les prix dans le neuf seraient en très faible hausse, 2% environ.
Si la majeure partie des promoteurs sont pessimistes sur l’état du marché en 2012, Spirit, en revanche, n’envisage pas un effondrement des ventes dans le neuf dans les mois à venir. Il y aura certes un ralentissement de la demande, mais les « ventes [...] vont se poursuivre cette année car si le nombre d’accédants à la propriété principale se réduit, le nombre d’acquéreurs préparant leur retraite ou opérant une réallocation d’actifs augmente », avait affirmé le Directeur Général de Spirit Promot, Philippe Tricot, dans un récent communiqué.