Un pas en avant, deux pas en arrière. Rien qu’en deux jours, le candidat socialiste a réussi à faire un virage à 180 degrés sur la question de la fiscalité de l’assurance-vie. Et elle fait débat. Pour mémoire, l’assurance-vie est l’un des produits d’épargne les plus détenus par les français, avec le Livret A. François Hollande n’a donc pas eu froid aux yeux en s’attaquant à un produit détenu par 17 millions de ménages… surtout en période électorale.
Frayeurs
Et c’est Michel Sapin, en charge du programme présidentiel du candidat socialiste, qui a dégainé le premier en début de semaine, mardi pour être plus précis. Il avait déclaré qu’il envisageait de soumettre l’assurance au barème de l'impôt sur le revenu, si la gauche revenait au pouvoir.
Un passage au barème de l'impôt sur le revenu aurait signifié une taxation des intérêts du placement de 5,5% à 14%, 30% ou 41% selon les tranches d'imposition, voire de 45% ou 75% si le Parti socialiste mettait en place ces deux taux supplémentaires.
Coup de théâtre
Mais hier, coup de théâtre, Michel Sapin est revenu sur ses propos parus mardi dans le journal sur internet latribune.fr. C’est que cette proposition avait suscité un émoi et surtout de vives inquiétudes chez les assureurs. «Nous sommes un peu sous le choc, une proposition comme celle-là tuerait l'assurance-vie, tout du moins les nouveaux contrats», avait déclaré à l'AFP le directeur général d'Axa France, Nicolas Moreau. «Si jamais cette réforme passait, Axa France devrait supprimer 5.000 postes et renoncer au recrutement de 700 personnes par an, dans la partie commerciale notamment» avait-elle averti.
Alors devant cette levée de boucliers, le député de l'Indre a rebroussé chemin. Il précisé à l'AFP qu'il n'était pas question de toucher à la fiscalité de tous les contrats, mais seulement pour ceux qui seraient détenus moins de huit ans. Tentative de rattraper le coup en cours ?
L’assurance-vie reste attractive après 8 ans
«François Hollande tient beaucoup à l'application du principe de justice fiscale qui est que les revenus du capital doivent être taxés comme les revenus du travail», avait indiqué Michel Sapin. «Mais ce principe doit être adapté à la spécificité de chacun des placements et de chacun des outils d'épargne. S'agissant de l'assurance-vie, il paraît légitime lorsque cet outil d'épargne est utilisé à court terme -à moins de 8 ans- que le principe soit appliqué intégralement», a-t-il ajouté. Autrement dit, seuls les intérêts de ces placements seront soumis au barème de l'impôt sur le revenu. Cela ne concernerait que les nouveaux contrats, a précisé Michel Sapin.
«Au-delà de 8 ans, il s'agit d'une épargne longue, qui est utile à un grand nombre de Français et utile au financement de l'économie française, et compte tenu de cette spécificité, François Hollande ne propose pas de modification des modalités d'imposition», a expliqué le député de l'Indre, précisant notamment que l'abattement (4.600 euros par personne) sera conservé.
Mais certains professionnels du secteur ne l’entendent pas de cette oreille et reste sceptiques. Pour ces derniers, même si ces récentes annonces sont des avancées, le projet dans son ensemble, sera porte atteinte à l’assurance-vie.