Société Générale s’adjuge 2,30% à 18,445 euros alors que la banque Rouge et Noire a rendu des comptes ce matin avant l’ouverture. Une hausse qui témoigne du bon accueil réservé aux résultats de la banque même si en première lecture, ils ne sont pas fameux... C'est la capacité de Société Générale à améliorer à 9,4% son principal ratio réglementaire qui a été salué par les investisseurs.
L’établissement bancaire tricolore a dégagé un produit net bancaire de 6,311 milliards d’euros au premier trimestre 2012, en baisse de -4,7% en glissement annuel en données publiées, et de -4,9% sur une base constante. C’est légèrement mieux que les pronostics des analystes qui misaient pour leur part sur à 6,25 milliards d’euros de produit net bancaire.
En revanche, le résultat brut d'exploitation s’est contracté de 11,8% pour ressortir à 1,978 milliard d’euros, un niveau qui est en ligne avec les attentes (1,96 milliard d’euros). En revanche, du côté du bénéfice net par action, ça coince… La banque pilotée par Frédéric Oudea a fait état d’un profit net inférieur aux attentes pour le premier trimestre 2012, pénalisé notamment par les pertes liées à des cessions de portefeuille dans le contexte de crise financière. Ainsi, il ressort du coup en repli de 20,1% à 732 millions d’euros là où les analystes espéraient en moyenne 748 millions d'euros et après 916 millions d’euros au premier trimestre de l’exercice précédent.
Hors réévaluation de la dette liée au risque de crédit propre, les revenus ressortent à 6,492 milliards d’euros en baisse de -7,0% par rapport au 1er trimestre 2011. Mais ils ont connu un net rebond par rapport au 4ème trimestre 2011 en affichant une progression de 22,3%. Toujours, hors réévaluation de la dette liée au risque de crédit propre, le résultat net part du groupe s'établit à 851 millions d'euros.
La Société Générale s’est engagée depuis l'automne dans un vaste plan de restructuration de sa banque de financement et d'investissement (BFI). Il est destiné à renforcer sa solvabilité financière, et dans ce cadre, la banque explique s’être délestée de 6,4 milliards d'euros d'actifs au cours des trois premiers mois de l’année. Ces cessions intègrent pour 1,5 milliard d'euros de cessions d'actifs toxiques et pour 4,9 milliards de cessions dans ses activités de financement et de conseil. Ces dernières ont généré pour 226 millions d'euros de dépréciations sur le premier tiers de 2012.
La banque s’évertue à respecter les normes imposées par la règlementation, à savoir un ratio de fonds propres durs sur engagements de 9 % à fin juin 2012. Pour l’atteindre, Société Générale mène un travail de fond et pour remplir le contrat. Et pour ce faire, la banque rouge et noire doit trouver 3,3 milliards d’euros de capitaux. A propos, Frédéric Oudéa a indiqué que «les résultats du premier trimestre 2012 et les perspectives des deux prochaines années confirment [sa] capacité à être au rendez-vous des exigences Bâle III à horizon fin 2013 sans appel au marché. La banque confirme également être en mesure d'atteindre ses objectifs de renforcement de capital à l'horizon de fin 2013, avec un ratio de fonds propres durs compris entre 9% et 9,5%. Alors, elle a accéléré sa mue pour atténuer son profil de risque. La Société Générale s’est en effet recentrée autour de trois métiers, qui sont la banque de détail en France, la banque de détail à l’International, et la banque de financement et d’investissement. Aussi, pour satisfaire à ces exigences réglementaires, l’établissement bancaire a passé le coupon au titre de l’exercice en cours.
Sur le terrain boursier, le titre a connu l’an passé une annus horribilis. Principale victime, martyre d’un marasme boursier, l’action Société Générale avait accusé une chute de 60% sur l’été 2011. Sur les 50 euros en février 2011, le titre avait signé un plancher depuis octobre 1998 en s’enfonçant sous les 15 euros, un niveau qui n’avait pas été touché depuis….1996. Pas étonnant avec les craintes liées aux expositions du secteur bancaire aux dettes souveraines, ajoutées aux rumeurs les plus folles sur la banque qui l’avaient émaillé cet été sur les marchés…
Après avoir retrouvé un souffle nouveau sur le premier tiers de l’année 2012, bénéficiant d’un effet de rattrapage après une année 2011 difficile, le titre Société Générale connaît un nouveau trou d’air... En quelques semaines, l'action a cédé plus de 27%. Pour l’heure, tant que les craintes sur les obligations souveraines en zone euro ne seront pas dissipées, le secteur bancaire ne sera pas en odeur de sainteté. Les banques porteuses d'obligations souveraines des pays les plus fragiles de la zone euro seront contraintes un jour où l’autre de provisionner une nouvelle partie de leurs engagements…Même s’il est vrai, le plus gros de la tempête est passé… La sortie du tunnel pour le secteur passera donc d’une part par une reprise de l’activité économique en Europe et d’autre part, au moment où les établissements bancaires satisferont les nouvelles exigences réglementaires. Si la seconde condition semble être en bonne voie pour être à portée de main, la première en revanche reste tributaire des informations sur la santé des pays du sud du Vieux Continent, qui restent encore dans le viseur des marchés.