Vendredi 04 mai

Lafarge s’adjuge 3,14% à 30,92 euros à l’approche de la mi-journée alors que le cimentier a annoncé ce matin avant l’ouverture une hausse de son chiffre d’affaires et de son résultat opérationnel, la croissance dans les émergents permis de compenser l'atonie des marchés matures.

Lafarge a donc a réalisé sur le premier tiers de l’année un chiffre d'affaires en hausse de 5% à 3,35 milliards d'euros, déjouant ainsi légèrement le consensus de place qui tablait sur 3,3 milliards d’euros de ventes. A noter que le groupe réalise désormais 60% de ses ventes dans les nouvelles économies… Un atout qui n’est pas négligeable pour limiter l’impact de l’atonie des marchés matures.

L'EBITDA a progressé pour sa part de 8% à 516 millions d'euros tandis que le résultat d'exploitation courant s’est apprécié de 28% à 267 millions d’euros. Mais le groupe de matériaux de construction en pleine réorganisation a accusé une perte nette de 44 millions d'euros, contre -29 millions un an plus tôt, reflet de charges de restructuration correspondant notamment aux 500 suppressions d'emplois engagées à travers le monde dans le cadre de la réorganisation du groupe. En excluant ces charges, Lafarge a dégagé sur la période un bénéfice net de 18 millions d'euros.

Concernant les perspectives le management « continue d'anticiper une demande de ciment en hausse, et maintient son estimation de progression du marché comprise entre 1% et 4% en 2012 par rapport à 2011 ». Par ailleurs, Lafarge anticipe une hausse des prix sur l’année 2012 et une « l'inflation des coûts plus modérée qu'en 2011 ».

Le groupe croule sous une dette colossale, héritée en grande partie de l'acquisition du cimentier l'égyptien Orascom en 2008. Sous la pression du marché et de ses actionnaires, Bruno Laffont a donc mis les bouchés doubles pour réduire la structure de coûts tout en cédant des actifs périphériques. Dans le cadre de son désendettement, Lafarge entend ainsi limiter à 800 millions d'euros ses investissements et réduire d'au moins 400 millions d'euros ses coûts en 2012. Le groupe a également maintenu son objectif de plus d'un milliard d'euros de cessions d'actifs sur l'année, dont 71 millions d'euros ont été réalisés sur le trimestre. Si depuis 2008, le groupe a réduit sa dette de près de 5 milliards d’euros, il affiche encore un endettement de plus de 12 milliards d’euros. Une situation financière difficile pour le cimentier mais ce dernier fait tout pour réduire ce fardeau de la dette, en témoigne la dernière déclaration de la direction qui l’attend en baisse « significative » pour l’année en cours sans toutefois donner de précisions chiffrées.

Alors, depuis le début de la crise économique, Lafarge multiplie les cessions d'actifs. Le groupe a notamment vendu l’an dernier l'essentiel de sa branche plâtre, la plus petite de ses activités. D’autres seraient dans les tuyaux comme la vente de son activité plâtre en Amérique du Nord, et ciment en Afrique du Sud. Mais ces deux possibilités restent encore au stade de rumeurs.

En Bourse, le titre avait pâti d’une crise de confiance des opérateurs dans le dossier du cimentier. Il avait même touché un plus bas en septembre à 22 euros, une chute du titre qui avait traduisait la défiance du Marche envers la situation et financière de l’entreprise. C’est que le groupe fait partie des entreprises les plus endettées de la cote parisienne affichant pour l’exercice en cours un ratio dette sur EBITDA de 3,05… Et ça, le Marché n’aime pas du tout notamment en ces temps difficiles. L’action Lafarge avait tenté de combler son retard accusé en 2011 mais elle a été stoppée aux portes des 37 euros au mois de mars. C’est que Lafarge souffre encore d’un environnement économique morose en Europe et en Asie, malgré une bonne diversification géographique de ses activités. Depuis quelques semaines, le titre gravite autour des 30 euros… Le dossier capitalisant 8,6 milliards d’euros soit moins que ses fonds propres, ce qui confère au titre un bon potentiel de revalorisation à moyen terme. Le retour des opérateurs sur le titre devrait se faire au fur et à mesure que le poids de la dette de Lafarge se réduira comme peau de chagrin.

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