En février, j'avais écrit un édito titré: le 7 Mai la France sera attaquée. C'était une figure de style, une provocation imagée, dans laquelle j'expliquais ce qui pourrait se passer en cas de victoire de François Hollande. Mais nous sommes le 7 Mai. Et la victoire du président normal, couplé au séisme électoral en Grèce, est un tournant. La France est déjà attaquée depuis des semaines....
J'avais annoncé que la France serait attaquée le 7 Mai en cas de victoire de François Hollande .
C’était il y a trois mois. Et à l’époque j’avais voulu, sur un ton provocateur, développer un scénario. Un scénario possible. En cas de victoire de François Hollande. Je me basais sur deux éléments : le défi qu’avait lancé François Hollande en désignant la finance comme son principal ennemi, avant le chômage ou la récession, et la rupture qu’entrainerait l’élection du président normal entre la France et l’Allemagne. Nous sommes le 7 Mai. François Hollande est élu. C’est le choix respectable des Français. Heureusement Londres est fermé. Mais la France a déjà été attaquée avec une chute du CAC violente en Avril, une différence de 10% entre le CAC et l’indice allemand. Et la France va continuer à être sous pression.
On va entendre, surtout à gauche, que ce n'est pas la France qui est attaquée, mais toute l'Europe
C’est partiellement vrai. L’élément nouveau c’est que l’élection en France, couplée à une élection dramatique en Grèce, va déclencher la coupure de la zone euro en deux. D’un côté l’Allemagne et ses alliés économiquement vertueux, de l’autre la France de François Hollande, la Grèce de l’extrême gauche et de l’extrême droite, qui pensent ou veulent faire croire qu’on peut sortir de la crise en arrêtant l’austérité, en ne faisant pas de réductions de dépenses publiques, en évitant les réformes structurelles et en lançant juste un grand programme de travaux et de ponts, et Dieu sait si les ponts sont ce mois-ci une spécialité Française. Je me suis trompé. Ce n’est pas seulement la France qui est attaquée, c’est la zone Euro qui entière est en danger d’implosion après l’élection de François Hollande.
Est-ce que c’est le point de vue ce matin des marchés et des investisseurs internationaux?
SI vous êtiez investisseur. Si vous aviez le choix entre investir en Allemagne, au Canada, en Australie, en Suisse, en Norvège, est ce que vous prendriez vraiment le risque d’investir en France ? Maintenant. Non. La prudence poussera les marchés à attendre. Attendre de voir ce que Hollande va céder à ses alliés d’extrême gauche avec alliances pour les législatives, attendre de voir comment la première rencontre avec Merkel va se passer et elle se passera mal malgré les sourires d’apparence. La France veut proposer une alternative au modèle Allemand en Europe, le problème c’est qu’elle n’en a pas les moyens. Nous sommes le 7 Mai. Nous sommes déjà depuis trois semaines entrés dans une zone de turbulence.