Fresenius a dévoilé le 26 avril une offre d'achat de 3,1 milliards d'euros en numéraire pour Rhön-Klinikum en vue de fusionner l'entreprise avec sa division Helios et ainsi créer le premier opérateur d'hôpitaux privés d'Allemagne, avec un objectif de chiffre d'affaires de 6 milliards d'euros. Cette offre publique amicale relance les opérations de concentration dans le secteur, un événement qui nous amène à revenir sur Orpea, le groupe français spécialisé dans la prise en charge des personnes dépendantes.
Orpea, le numéro européen des maisons de retraite a publié la semaine dernière un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 15 % à 336,5 millions d'euros, dont notamment une hausse de près de 19% à l'international. La croissance organique s'est accélérée par rapport au quatrième trimestre 2011, pour s'établir en hausse de 8,7%.
A noter que trois nouveaux établissements (deux EHPAD et unr clinique psychiatrique) ont ouvert au cours de ce trimestre, et près d'une dizaine devraient ouvrir sur le deuxième trimestre Alors, la direction avait confirmé son objectif pour 2012 d'un chiffre d'affaires de 1,42 milliard d'euros (en progression de 15,5 %). Il qui pourrait être dépassé compte tenu de l'ouverture de la dizaine de nouveaux établissements au deuxième trimestre.
Par ailleurs, Orpea espère toujours que cette « dynamique s'accompagnera d'une progression de la rentabilité et des cash flows, et d'un développement modéré ». Pour mémoire, le groupe français avait fait appel au marché en novembre 2011. Cette augmentation de capital avait pour objectif d’accroître la flexibilité financière du groupe dans le cadre de ses développements, et plus particulièrement de renforcer ses fonds propres en vue de procéder à des acquisitions dans les pays où il est actuellement présent (France, Belgique, Espagne, Italie et Suisse). La dernière augmentation de capital a permis au groupe d’améliorer sa situation financière avec un leverage (Dette / Ebitda) qui passe de 7.41x en 2011 à 6.06x en 2012. Elle devrait encore s’assainir au cours du temps, puisque pour 2014, le ratio devrait de 4,32x.
Aussi, pour récompenser ses actionnaires qui accompagnent Orpéa « dans sa dynamique d’expansion », le Conseil d'administration se montre plus généreux dans sa politique de distribution avec un coupon qui passe de 0,23 euro à 0.50 euro. Le taux de distribution du résultat net ressort du coup à 33%. Pas mal pour une société qui n’a commencé à verser des dividendes que depuis 3 ans. Orpéa avait avant tout privilégié une politique de croissance et de développement.
Bien que le ratio « valeur entreprise/ chiffre d’affaires » demeure élevé à 2.06x pour 2012, valeur défensive oblige, le PER pour ce nouvel exercice est faible par rapport à ses principaux concurrents puisque qu’Orpea se paye seulement 13 fois ses bénéfices attendus pour 2012 et 10 fois pour 2013. Aussi, sur la base d'un multiple de valeur d'entreprise rapporté à la marge opérationnelle de 11 fois, la société paraît aussi faiblement valorisée par rapport au ratio de 17 fois qui ressort de l'OPA amicale lancée récemment par l'allemand Fresenius sur le groupe de cliniques privées Rhön-Klinikum. Ce qui laisse augurer une opération de ce type avec pour cible Orpea… D’autant plus que le flottant du groupe ressort à 54%. La famille Marian fondatrice du groupe, ne possède à ce jour que 23,10% du capital d’Orpea. Pour le groupe qui désire jeter son dévolu sur Orpea, la société constitue une cible de qualité. Le groupe reste profitable et son statut de leader n’a pas été écorné par la conjoncture économique, tant le marché dans lequel opère le groupe est imperméable à toute dégradation de la santé économique.