Jeudi 10 mai

En queue de SBF 120, JCDecaux plonge de 8,60% à 19,20 euros en matinée à la Bourse de Paris, les opérateurs ont été douchés par les perspectives évoquées par le groupe. Le spécialiste de la communication extérieure a prévenu le Marché qu’il anticipait une baisse de cadence de son activité au second trimestre, dans un contexte de conjoncture dégradée en Europe et de ralentissement du « moteur » chinois…

Le groupe français a ainsi publié au premier trimestre un chiffre d'affaires de 569 millions d'euros, en croissance de 6,3%, légèrement au-dessus des 566,6 millions d'euros attendus en moyenne par le marché. En organique, la croissance du spécialiste de la communication extérieure a atteint 3,3%, une progression qui est ressortie supérieure à ses objectifs. En mars dernier, JCDecaux tablait encore sur une croissance organique d'environ 3% pour les trois premiers mois de l'année.

Au premier trimestre, JCDecaux a limité l'impact sur ses ventes des difficultés de la conjoncture en Europe grâce au dynamisme de sa division transport, très présente dans les pays émergents, en particulier en Chine.

L’activité du groupe tricolore a en effet été tirée principalement par la division Transport qui enregistre à nouveau une progression à deux chiffres de ses ventes, à 10,2% dans la plupart de ses zones géographiques et surtout en Asie. Le mobilier urbain, première division en termes de chiffre d'affaires, affiche une timide progression de 0,5%, à la faveur d'une activité soutenue aux Etats-Unis et de la résistance des marchés français et allemand. En revanche, rien ne va plus pour le pôle affichage dont les ventes ont reculé de 2,2% après une baisse de 4,4% sur les trois derniers mois de 2011. L'affichage, qui souffre de son exposition aux pays du sud de l'Europe, signe ainsi un sixième trimestre consécutif de baisse.

Pour le deuxième trimestre, JCDecaux table sur une croissance de son chiffre d'affaires organique autour de 1%. « Ce chiffre reflète un ralentissement de plusieurs pays européens dont la France, ainsi qu'une croissance moins forte en Chine », a précisé le groupe. La semaine dernière déjà, son homologue américain Clear Channel Outdoor avait mis les opérateurs au parfum en prévenant que la conjoncture dégradée en Europe mettrait à mal ses revenus au deuxième trimestre… Mais le groupe français ne s’avoue pas vaincu, ce coup de mou n’est que temporaire puisqu’il compte sur les Jeux olympiques de Londres cet été pour donner un grand coup de fouet à sa croissance…

Si ce point d’activité a fait office de douche froide pour le Marché, les analystes ne s’attendaient pas à une telle déconvenue. C’est le cas de Barclays, qui est passé de « surpondérer » à « pondération en ligne » ou bien de JP Morgan, passé de « surpondérer » à « neutre ». Et pourtant, il y a quelques jours UBS est passé acheteur du dossier avec un objectif de cours passe de 20,30 euros à 28 euros. Le bureau d'études avait justifié son changement d’opinion par les catalyseurs positifs à court terme et sa croissance structurelle. Parmi les premiers, il cite les Jeux olympiques et les gains de nouveaux contrats qui devraient au moins compenser toute nouvelle faiblesse des revenus en Europe.

D’un point de vue fondamental, depuis 2005, le titre ne fait que stagner dans la zone des 22/25 euros si l’on exclut le sommet à 29 euros touché en novembre 2007 et le gros trou d’air de 2009 avec un point bas touché à….7,59 euros en mars 2009. Pourquoi une telle défiance des investisseurs sur ce dossier alors que les ratios de valorisation sont cependant élevés avec une « VE/CA » de 1,79 pour l’exercice en cours un PER de 19x pour 2012 ? Le groupe doit composer avec des frais fixes plus qu’importants compris entre 75 et 80% des ventes et toute baisse peu ou prou prononcée du chiffre d’affaires ramène vite le résultat d’exploitation au tapis. Aussi, la crise est passée par là, et les annonceurs sont moins enclins à communiquer. Conjugué à cette baisse des budgets publicitaires, certaine villes sont parties en croisade contre l’affichage urbain de grande taille. De quoi inquiéter JCDecaux… Sur le terrain purement financier, JCDecaux n’a pas récompensé ses actionnaires sur les trois dernières années. Ils ont été mis à la diète de coupon entre 2007 et 2010. Preuve que ces dernières années ne sont pas évidentes pour le groupe, l’année a été la « la plus difficile que JCDecaux ait eu à affronter depuis la création de la société en 1964.» Puis pour l’exercice écoulé, tel un miracle, le leader mondial de la communication extérieure prévoit de verser un dividende de 0,44 euro par action au titre de son exercice 2011 d'une très bonne facture.

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