Le G8 a formalisé la rupture du couple franco Allemand. Un couple sur lequel reposaient toutes les solutions adoptées jusqu'à maintenant en Europe pour tenter de sortir de la crise. Il n'y a plus d'axe Paris Berlin, et au delà de la crise Grecque, c'est un élément qui inquiète les marchés. Il va donc falloir simuler le 23 Mai que Merkel et Hollande simulent l'amour pour rassurer....
Le G8 est à peine terminé qu’on est déjà dans la préparation du sommet européen du 23 Mai
Au-delà du problème majeur de la crise Grecque, ce que le G8 a mis en lumière c’est qu’il n’existe plus de couple franco-allemand. L’Allemagne a toujours pu s’appuyer sur la France pour imposer depuis deux ans sa vision de la sortie de crise, une vision basée sur l’austérité et les réformes structurelles. Ca c’est fini. La France parle croissance même si cela signifie qu’on marque une pause sur la réduction des déficits et la dette, l’Allemagne répète qu’elle est aussi favorable à la croissance à condition qu’on continue de réduire les déficits. C’est un tournant pour l’Europe. Un tournant fondamental.
On a vu que l’Allemagne était très isolée et que beaucoup de pays sont aujourd’hui partisans de mesures de relance
L’Allemagne est seule. Avec quelques pays du front du Nord au sein de la zone euro. Mais l’Allemagne a le pouvoir de bloquer toute initiative, car c’est le seul pays ou presque qui a la confiance des investisseurs ; rappelons que son taux d’emprunt à 10 ans a baissé vendredi en dessous de 1.40%, un record historique. L’Allemagne a donc les cartes en main, mais aussi une immense responsabilité. Soit elle va au clash et on peut s’attendre au pire sur l’euro et la zone euro, soit elle tente de permettre aux partisans de la croissance de sauver la face sans rien lâcher d’essentiel. Je pense qu’elle va opter pour cette deuxième voie, pour temporiser, et il y a trois jours, trois jours seulement pour parvenir à cette solution
En quoi peut consister ce compromis ?
Il suffit qu’à l’issue du sommet du 23 Mai, l’Allemagne accepte, ce qui ne la dérange pas, qu’on utilise dix fois le mot croissance dans un communiqué, qu’elle accepte éventuellement qu’on envisage l’utilisation de certains fonds européens déjà levés pour des projets qui de toute façon ne verront pas le jour en échange d’un engagement des pays pro croissance à continuer à faire des efforts sur leur budget et sur leur dette. On va assister dans les jours qui viennent à des exercices de contorsion sémantiques sans réalité économique, mais l’important est de rassurer les marchés sur le fait que l’Allemagne et la France parlent à nouveau d’une seul voix. On sait que ce n’est plus le cas, mais les marchés sont prêts à accepter une mascarade tant ils ont envie de rebondir et d’échapper à un krach.