Les relations entre les Etats Européens et leurs banques sont incestueuses et provoquent dans chaque pays touché, une accélération de la crise. Les Etats viennent au secours de leurs banques qui ensuite achètent des emprunts de leurs Etats et c'est le cercle vicieux, la spirale. Comme en Irlande il y a quelques mois, comme l'Espagne aujourd'hui. L'Allemagne veut une union bancaire Européenne.
Les banques Européennes sont au centre des discussions des leaders européens
La crise Européenne a plusieurs causes. Mais la fragilité des banques est probablement une des causes principales. Et ce sont bien souvent les difficultés des banques qui ont entraîné les Etats dans des situations catastrophiques. C’est en voulant sauver ses banques que l’Irlande a plongé. Et c’est en essayant de venir en aide à ses banques, que l’Espagne est au bord du précipice. Il faut briser le cercle vicieux liées aux relations incestueuses entre les banques et les Etats. Les banques d’un pays sont en difficulté. Les Etats eux-mêmes en difficulté leur apportent de l’aide. Les banques utilisent l’argent prêté pour acheter des emprunts de leur propre Etat. Et le piège se referme.
Quels sont les plans évoqués pour remédier à cette situation ?
Une union bancaire européenne. Mettre les plus grosses banques nationales sous tutelle Européenne. Sous le contrôle d’une Autorité Bancaire Européenne chargée de les surveiller. Et en échange apporter au niveau de l’Europe, une aide aux banques en difficulté. L’Allemagne y est favorable, car cela va dans le sens d’un fédéralisme bancaire. Dans un schéma comme celui-ci, c’est l’Europe qui viendrait directement en aide aux banques Espagnoles en difficulté par exemple, sans passer par une aide à l’Espagne. Aujourd’hui de toute façon on n’a pas le choix. Soit on formalise cette relation fusionnelle entre les Etats et leurs banques par des nationalisations, soit on brise cette relation par une Union bancaire Européenne
On parle aussi d’une garantie des dépôts à l’échelle Européenne
C’est un des sujets discutés. Ce qu’il faut éviter à tout prix c’est le bank run, les déposants qui se précipitent dans leurs banques pour retirer leur argent comme les Espagnols l’ont fait avec Bankia. Aujourd’hui si on prend par exemple de la France, les déposants ont une garantie de 100,000 euros par personne et par établissement, mais si toutes les banques Françaises étaient en difficulté en même temps, personne ne pourrait assurer cette garantie. L’idée est donc de contre garantir les dépôts des épargnants Européens par l’Europe et non pas par les Etats. On sent que les idées commencent à germer en Europe pour tenter de sortir de la crise. On n’est pas encore sorti de l’auberge, mais au moins ça bouge, on discute, on propose, on avance. Après le silence et l’immobilisme des dernières semaines, c’est une petite lueur d’espoir.