Mercredi 29 avril

Le biométhane dans tous ses états

Par Pierre Laurent, analyste chez Euroland Corporate


Pendant que les médias scrutent les droits de douane et les coups géopolitiques, une filière, celle du biométhane, se construit tranquillement dans les champs français et commence à peser sur la cote.

La France est devenue en 2025 le premier producteur européen de biométhane.

Avec 5,4 TWh consommés et plus de 500 000 tonnes de CO2 évitées, la filière livre des chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Et 2026 marque un vrai tournant réglementaire : les Certificats de Production de Biogaz (CPB) sont entrés en vigueur au 1er janvier, obligeant les fournisseurs de gaz à justifier qu'une part croissante de leur approvisionnement est couverte par du biométhane injecté en réseau, avec une pénalité de 100 €/MWh par certificat manquant.

Le marché a répondu immédiatement. Le prix des CPB sur le marché au comptant a atteint 97,1 €/MWh en mars, et tend désormais vers le plafond des 100 €/MWh. Traduction : les fournisseurs de gaz peinent à trouver des certificats, faute de capacités disponibles.

La PPE3 en a pris acte : elle cible 44 TWh de biométhane en 2030, contre 9 TWh en 2023, un quasi-quintuplement en sept ans. La demande est là, réglementaire, obligatoire et croissante. L'offre, elle, n'est pas prête.

C'est précisément ce déséquilibre qui valorise les acteurs capables de livrer des capacités. Sur la cote française, deux profils se distinguent. Agripower d'abord, microcap en pleine mutation vers l'injection biométhane. Ancien EPC pur, le groupe devient désormais développeur-investisseur, avec déjà six prises de participation annoncées dans des unités greenfield ou brownfield (souvent des sites de cogénération transformés en injection). Le momentum commercial est réel. La Française de l'Énergie ensuite, producteur local de gaz de mine et de biométhane dans les Hauts-de-France, qui bénéficie d'un positionnement "souveraineté énergétique" que le contexte géopolitique actuel rend difficile à ignorer.

Pour les acteurs qui savent l'utiliser, ce contexte ouvre aussi une fenêtre de financement. Des CPB proches du plafond réglementaire, c'est un actif bancable : les projets de méthanisation peuvent désormais sécuriser des contrats de vente de certificats à terme, ce qui améliore mécaniquement la visibilité des cash-flows et donc les conditions d'accès au crédit.

Dans un secteur historiquement dépendant des tarifs d'achat garantis, l'émergence des CPB change la donne pour le financement de projet et pourrait accélérer la cadence de mise en service que la filière peine encore à tenir.

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