vendredi 15 juin

….pour tenter de renaître de leurs cendres, tels deux phénix. Pour l'heure, les deux groupes sont en très grandes difficultés, et la sortie de crise ne semble pas être imminente.

Nokia a en effet prévenu jeudi qu'il procéderait à la suppression de 10 000 postes supplémentaires au niveau mondial et a averti que la perte de son activité dans la téléphonie mobile serait plus lourde que prévu au deuxième trimestre.

Ces nouvelles réductions d'effectifs, qui comprennent la fermeture de l'unique usine de Nokia en Finlande, portent à plus de 40 000 le nombre de suppressions de postes annoncées depuis que Stephen Elop a pris les rênes groupe finlandais en septembre 2010. Nokia a également dit prévoir des charges de restructuration supplémentaires d'environ 1 milliard d'euros d'ici fin 2013. C'est que rien ne va plus pour Nokia alors que le groupe avait déjà lancé un sévère avertissement sur ses résultats en avril dernier. Comble de malchance, le même jour, le Lumnia 900, son téléphone mobile né de l'alliance avec Microsoft, est victime d'un bug majeur.

Il ainsi est loin le temps où Nokia était le fleuron de la téléphonie mobile en Europe. En 1992, la marque décolle qu'elle se concentre sur la téléphonie mobile, encore balbutiante. Le groupe avait ainsi parié sur l'explosion du mobile, qui selon le groupe devait toucher des centaines de millions de personnes à travers le monde, pour peu que son prix soit accessible à tous. En 1994, Nokia franchit une nouvelle étape en se faisant coter sur le Nasdaq, le compartiment technologique de la Bourse de New York. L'action voit son prix multiplié par 600 entre 1992 et 2000, traduisant ainsi le succès du finlandais. Au cours cette décennie bénie, le groupe avait multiplié son chiffre d'affaires par 8 et son bénéfice par 12 !

Peu avant 2000, le groupe connait son plus grand succès en télécommunications en lançant son téléphone portable Nokia 3310. Un succès qui marqua le début de la fin. Désormais, il ne reste plus que des cendres de cette époque bénie... Autrefois à la pointe de l'innovation, Nokia s'est vu être distancé par de nouveaux entrants. Et ces derniers n'ont pas fait de cadeaux au finlandais. En quelques années, Nokia a vu sa part du marché mondiale (35 %) s'éroder. Et l'écart s'est encore plus creusé à la fin des années 2000 quand Nokia a simplement loupé le virage du smartphone mais aussi plus récemment du tactile. Un gros raté qui a eu nombre de conséquences pour l'ex-colosse, qui au fil du temps a vu ses pieds se transformer en argile. Désormais, le groupe ne représente « plus que » 1,2% du PIB finlandais. Affecté par une concurrence féroce, le groupe a du assister impuissant à une érosion de ses marges particulièrement en Inde, en Moyen-Orient, en Chine mais aussi en Afrique alors que la baisse des prix des produits a été conjuguée à un repli des ventes.

Alors, bon an mal an, Nokia a crû trouver le remède miracle à son grand mal en s'alliant avec Microsoft pour sortir en octobre dernier, le Lumia 800, sous Windows 7. Puis le finlandais a souhaité transformer l'essai avec le Lumia 900 sorti le 8 avril dernier aux Etats-Unis. Le nouveau né de Nokia avait même reçu un accueil très positif de la critique, ce qui a pu faire croire que le finlandais avait peut-être trouvé son salut. Raté. La réputation de ce smartphone haut de gamme a été écornée par un bug dès ses premiers jours de commercialisation de l'autre côté de l'Atlantique.

Mais Nokia n'est pas le seul à souffrir de la concurrence des Apple ou Samsung. Le canadien Research In Motion doit également lutter âprement face à ces nouveaux colosses. Mais comme pour Nokia, le fabricant du Blackberry a totalement raté le virage du smartphone tactile, impulsé par Apple en 2007. Alors pour tenter de limiter l'hémorragie, le groupe a lancé divers produits intégrant la technologie tactile mais sans grand succès alors qu'il a souffert au cours des derniers mois du retard du lancement du BlackBerry 10. Aussi, on pourrait penser que le tactile porte malheur à Research In Motion puisque la tablette PlayBook destinée à le relancer dans la course de cette technologie a été un gros échec commercial. Les ventes ont été décevantes au point de déboucher sur des braderies massives.

Une performance peu reluisante sur le plan commercial qui a fait mal aux comptes de BlackBerry. Ce dernier ayant vu son bénéfice net annuel divisé par trois à 1,16 milliard de dollars américains, contre 3,4 milliards un an plus tôt. Et le cours de Bourse témoigne de cette crise de confiance entre un canadien à la peine et des investisseurs qui ne savent plus sur quel pied danser avec ce dossier. RIM, dont le cours a déjà perdu les trois quarts de sa valeur sur un an, flirte désormais avec ses plus bas de 2003. Fichu pour fichu, le group a engagé, fin mai dernier, les banquiers de RBC Capital Markets et JP Morgan pour évaluer des alternatives stratégiques incluant une refonte de son modèle ou des partenariats. C'est que l'heure est gave sur le trimestre clos début juin, RIM prévoit désormais une perte, sans pour autant donner de chiffres alors que les analystes tablaient sur un bénéfice par action positif de 42 cents. Alors, pour limiter la casse, le groupe prévoit de supprimer un nombre significatif d'emplois. On parlerait de 7 000 suppressions de postes sur les 16 500 actuels. Comble de l'ironie, Samsung, avait annoncé de son côté, le lancement de son nouveau smartphone Galaxy S III, qui sera disponible chez les quatre principaux opérateurs mobiles américains dans les prochains jours…

Bref, reste à savoir si les efforts consentis par Nokia et Research In Motion n'interviennent pas trop tard...Mais au vu des derniers développements, la messe est surement dite.

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