Reculer l’âge de départ à la retraite : une fausse bonne idée ?

mardi 18 octobre
Auteur: Rédaction MeilleurPlacement
Il y a 3 ans - Le 18/10/2016 à 18h10

Certains candidats à l'élection présidentielle sont favorables au relèvement de l’âge légal de départ à la retraite. Mais est-ce qu’il suffit d’allonger la durée de la vie active pour que l’impact soit positif sur l’économie ? Pas si simple… Le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) s’est donc penché sur les effets macroéconomiques qu’aurait un recul de l’âge de la retraite. Et les conclusions sont surprenantes.

Le COR a passé au crible différentes options et l’impact de ces mesures sur l’économie: Reculer l’âge de départ à la retraite, augmenter les cotisations, ou réduire le montant des pensions.

Relever l’âge de départ à la retraite


Selon l’étude du COR, chaque année de décalage de l'âge rapporterait 0,7 % de PIB en plus, mais avec un risque que le chômage augmente à court terme. En prenant l’hypothèse d‘un passage à 64 ans, le PIB augmenterait de 1,4 point, soit 30 milliards d’euros, au bout de 20 ans.

Augmenter les cotisations sociales


Les experts du COR ont aussi étudié l’impact d’une hausse des cotisations sociales pour améliorer le solde du système des retraites. Et les effets à attendre sont négatifs. Au bout de 20 ans, le PIB diminuerait de 0,4 point. « Cette charge supplémentaire qui pèserait à la fois sur les entreprises et les ménages aurait des effets récessifs, ce qui augmenterait d’ailleurs le taux de chômage de 0,3% à horizon de vingt ans ».

Baisser les pensions


Dernier levier, celui de baisser le montant des pensions. Ici, le constat est plus nuancé. En les gelant ou en diminuant le rendement des cotisations, le choc provoquerait une contraction de l'économie au bout de 10 ans avant d'avoir un impact neutre au bout de 20 ans.

Le COR en conclut que le relèvement de l'âge bénéficierait plus à l'économie que les deux autres leviers (baisser le montant des retraites ou augmenter les cotisations). En effet, la hausse de la population active permettrait en effet de relever le PIB de 0,7 point (14 milliards) et créerait près de 200 000 emplois par année de report.

Il suffirait donc de relever l’âge de la retraite pour que l’économie se porte mieux ?

Dans la réalité, c’est plus compliqué. A court terme, un relèvement de l’âge pourrait susciter un surcroît de chômage pointe l’étude du COR. Quant aux deux autres options: augmenter les cotisations sociales ou baisser le montant des pensions, le choc serait récessif. Il semblerait alors que relever l'age du départ à la retraite soit la moins pire des solutions.

Quoi qu'il en soit, les responsables politiques devront mettre en place des réformes afin de garantir la viabilité du système de retraite par répartition. Et quelque soit l'option retenue (baisse des pensions, hausse des cotisations ou allongement de la durée de vie active), ces réformes seront douloureuses pour les Français. Il est donc essentiel de se préparer le plut tôt possible pour maintenir un niveau de vie à la hauteur de son train de vie. Pour cela il existe différentes solutions.

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Le revers de la médaille


La Drees partage le constat du COR et a d’ailleurs dévoilé une étude dans laquelle elle explique que le recul de l’âge de la retraite (de 60 à 62 ans) n’a pas que des avantages… au contraire. En effet, une personne sur 3 ayant 60 ans n’étant ni à la retraite, ni en situation d’emploi, le recul de l’âge de la retrait aurait pour effet d’augmenter les dépenses liées aux minima sociaux et aux pensions d’invalidité.

Pour la Dress, reculer l’âge du départ à la retraite aurait pour effet de créer un surcoût pour les dispositifs de soutien concernés.

Une charge plus lourde pour la collectivité


Ainsi, en matière d’invalidité, le recul de 60 à 62 ans de l’âge de la retraite a deux conséquences. Il maintient plus longtemps dans le champ du dispositif les personnes qui étaient déjà couvertes. Et surtout il ouvre des droits à de nouveaux bénéficiaires, âgés de 60 à 62 ans.

Même constat pour les minimas sociaux. D’après la Drees, le nombre de bénéficiaire serait mécaniquement accru de 11.000 pour le RSA, de 42.000 pour l’allocation adulte handicapé (AAH) et de 25.000 pour l’allocation de solidarité spécifique. Au total, ces effets négatifs pourraient donc approcher des 2 milliards d’euros, voire les dépasser.

Le constat est sans appel. Il est fort probable que les responsables politiques légifèrent pour que les Français travaillent plus longtemps pour obtenir une retraite à "taux plein" . La où le bat blesse, c'est qu'une part non négligeable de seniors est exclue du marché du travail... A 60 ans, une personne sur trois n'est ni à la retraite, ni en situation d'emploi. L’État aurait beau augmenter l'âge de départ à la retraite à 65 ans, s'il n'y a pas de travail pour les séniors, ceux-ci n'auront d'autres choix que le chômage ou la baisse de leurs pensions. Alors réagissez. Ne comptez pas sur l’État pour obtenir une pension à la hauteur de vos attentes. Pour maintenir votre niveau de vie une fois à la retraite, il est tant de vous organiser en préparant votre retraite le plus tôt possible.

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