Lundi 03 août

Je trouve à la fois cette histoire incroyable mais aussi typique des périodes de bulles aux États-Unis.
Il s'appelle Leopold Aschenbrenner.
Il a 24 ans.
Il n'avait aucune expérience de la gestion, ni du trading.
Il avait levé 24 milliards de $ en quelques mois.
Et son fonds a explosé en vol en quelques jours, après avoir affiché des performances stratosphériques.

APPÂT DU GAIN

Fascinant de voir qu'à toutes périodes, les investisseurs, même les plus qualifiés, sont prêts à croire à un miracle qui pourrait leur faire gagner beaucoup d'argent.
À une époque où on ne parle que de contrôle du risque, de réglementation, de due diligence, la facilité avec laquelle des pros peuvent placer des milliards de $ sur une personne, en fermant les yeux sur les risques, reste surprenante.

LEOPOLD ASCHENBRENNER

est brillant.
Il a été diplômé de Columbia à 19 ans.
Il a tout de même travaillé pendant quelques mois chez FTX (le fonds de Sam Bankman-Fried) et il s'est même fait virer d'OpenAI pour avoir enfreint les règles de confidentialité.
Mais il rédige en 2024 un livre blanc sur l'IA de 165 pages.
Un document dans lequel il explique à quel point l'IA va révolutionner le monde.
Le papier s'appelle "Situational Awareness".

À PARTIR DE LÀ

tout s'emballe.
On ne parle que de son livre blanc.
Et de lui.
On le nomme "Le Nostradamus de l'IA".
Il décide, poussé par ses fans, de monter un fonds.
Il n'a pas d'expérience de gestion, quelques petits accrocs tout de même dans son CV mais qu'importe, on veut y croire.
Et de très grands noms lui confient des milliards.

ET LE MIRACLE SEMBLE SE PRODUIRE

Il investit dans des valeurs cotées et non cotées de l'IA.
Il mise sur Anthropic dont la valorisation explose.
Le voilà avec un fonds en quelques mois de 24 milliards de $, 7 gérants, 20 employés.
La performance est spectaculaire : +1 550% en 2 ans.

MAIS

car il y a toujours un mais, le jeune Leopold investit avec des effets de levier massifs.
Persuadé que les valeurs IA ne peuvent que monter, il emprunte beaucoup d'argent pour pouvoir acheter encore plus de titres.
Ce qui explique la performance.
Mais le marché se retourne.
Les valeurs de l'IA commencent à souffrir.

ET C'EST LE CERCLE VICIEUX HABITUEL

Baisse des cours.
Appels de marge.
Pour répondre aux appels de marge, il faut vendre plus de titres ce qui fait baisser encore plus les cours et provoque encore plus d'appels de marge.
Ajoutez à cela quelques malins qui commencent à sentir l'odeur du sang et vendent à découvert les valeurs que détient Leopold pour le forcer à liquider ses positions en panique.

BREF

Classique, il est coincé.
Et là, quelques grands hedge funds négocient avec lui pour lui racheter l'ensemble de son portefeuille de valeurs cotées avec une décote d'environ 10%.
C'est Citadel qui remporte la mise.
Et qui empochera instantanément une plus-value de 3 à 4 milliards car les cours remontent brutalement après l'annonce du sauvetage du fonds.

ET LEOPOLD ?

Nous sommes en Amérique.
Il écrit une gentille lettre pour dire qu'il est vraiment désolé, qu'il ne le refera plus et qu'il va apprendre de ses erreurs.
Il garde son fonds, certes beaucoup plus petit.
Il conserve son portefeuille de titres non cotés, et notamment ses titres Anthropic.
Il a empoché entre-temps quelques centaines de millions de $ de commissions de performance.
Il va devoir quand même faire profil bas quelques mois mais on pourrait très bien le revoir sur le devant de la scène avec son fonds dans quelques années.
Dingue mais ça arrive souvent aux États-Unis...

À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?

COMME D'HABITUDE

Trump a menacé de tout casser vendredi.
Comme d'habitude, il était à deux doigts d'appuyer sur le bouton rouge.
Comme d'habitude, dimanche il annonce que les Iraniens l'ont supplié de négocier. Ce que les Iraniens nient.
Ce qui est nouveau, c'est qu'il y aurait peut-être une solution pour sauver vaguement la face de Trump et ouvrir le détroit d'Ormuz. Ce serait Oman qui toucherait les droits de péage et qui en reverserait en douce une partie à l'Iran.
Trump est prêt à un très mauvais accord de paix pour faire baisser le prix de l'essence et les taux d'intérêt.
Jusqu'à vendredi prochain ?

COCORICO

Bravo aux entreprises du CAC.
Malgré l'Ukraine.
Malgré la guerre en Iran.
Malgré le contexte politique.
Comme le notent Les Échos : "les bénéfices cumulés des 38 entreprises ayant déjà publié leur premier semestre sont en hausse de 44% en un an".
Magnifique.
Bravo.

DU CÔTÉ DES PLACEMENTS

Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement.
"Le taux du Livret A est passé à 1,7 % ce 1er août, une hausse mécanique liée à la poussée de l'inflation au printemps, elle-même portée par les prix de l'énergie. Sur le papier, c'est une bonne nouvelle pour les 8 Français sur 10 qui en détiennent un. Dans les faits, l'impact est très limité : entre 15 et 46 euros supplémentaires par an selon les encours. Et le rendement réel reste négatif, l'inflation s'établissant à 2,1 % sur un an en juillet.
Le Livret A reste indispensable pour l'épargne de précaution, 3 à 6 mois de dépenses courantes, mais au-delà, d'autres solutions offrent un bien meilleur potentiel : les fonds en euros boostés des meilleurs contrats d'assurance-vie affichent par exemple une hypothèse de rendement pouvant atteindre 5 % net de frais de gestion en 2026 et 2027, sous conditions."
>> Je découvre les fonds en euros boostés

DU CÔTÉ DES MARCHÉS

Par Sélina Seremet, Analyste Bourse Meilleurtaux Placement.
"Le début de semaine s’annonce plus léger pour les marchés. Les Bourses européennes ouvrent dans le vert et le CAC 40 progresse de 1%, après avoir déjà gagné 1,6% la semaine dernière. Le principal soutien vient du pétrole, en net repli : le Brent cède plus de 6%, autour de 83$, après l’annonce par Donald Trump de nouvelles discussions avec l’Iran dès ce lundi. Moins de pression sur l’énergie, c’est aussi moins de pression potentielle sur l’inflation. Wall Street a également terminé en hausse vendredi, portée par le rebond des valeurs technologiques et par les résultats d’Amazon (+15%), qui ont entretenu l’optimisme autour de l’intelligence artificielle. Les investisseurs suivront aujourd’hui les indicateurs d’activité industrielle en Europe et aux États-Unis, qui permettent de mesurer la santé des usines et le rythme de l’économie. Après plusieurs séances nerveuses, les marchés retrouvent donc un peu d’appétit pour le risque."

ON S'EN FOUT ?

Les États-Unis et le Japon sont intervenus conjointement pour faire remonter le yen ; Le Parisien pose en une une question existentielle : "Les canicules font-elles vieillir plus vite ?" ; Excellent film de Chabrol sur Arte ce soir, sombre, très sombre : "Que la bête meure" avec un excellent Jean Yanne ; Les politologues pensent que les images de Ceuta auront un impact sur la campagne électorale, Libé dénonce d'ailleurs une "récupération", signe d'une inquiétude ; Paris Match consacre son dernier numéro aux "Héros de la France qui brûle", bravo et merci aux pompiers ; L'autre titre du jour dans Le Figaro : "665 000 euros découverts dans des sacs Lidl sur une plage sicilienne par des vacanciers", c'est mieux qu'un sac Hermès ; Madame Figaro annonce que des nouvelles accusations aux États-Unis accablent Meghan Markle : "Elle est épouvantable", quelle période ; Le budget médian pour la rentrée scolaire atteint 261 euros, en hausse de près de 10% par rapport à 2025 ; La bonne nouvelle du jour : Philippe Collin, le maître des podcasts, va faire un podcast sur De Gaulle ; Suivez-moi sur X et Linkedin en cliquant sur les liens.

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